Avec environ 85 % de sa production destinée à l’exportation, le secteur vietnamien du café est confronté à des exigences de plus en plus nombreuses de la part des marchés internationaux. Parmi celles-ci, le règlement de l’Union européenne sur la lutte contre la déforestation (EUDR) impose des exigences accrues en matière de traçabilité et de transparence des produits.
Lors du séminaire « Accroître la valeur, garantir la conformité et promouvoir la croissance verte dans les secteurs du café et du cacao », organisé le 17 septembre à Ho Chi Minh-Ville par l’organisation internationale 4C en collaboration avec l’Association du café et du cacao du Vietnam (VICOFA), des experts, des représentants d’associations et des entreprises ont estimé que cette réglementation constituait une occasion de normaliser la chaîne d’approvisionnement du secteur du café.
L’EUDR favorise la transparence
M. Cyril Loisel, Premier secrétaire de la Délégation de l’Union européenne au Vietnam, a indiqué que l’EUDR visait à réduire le risque que des produits liés à la déforestation et à la dégradation des forêts soient mis sur le marché de l’UE, tout en favorisant les produits d’origine légale et exempts de déforestation.
Selon ce règlement, les entreprises doivent démontrer que leurs produits répondent aux exigences en matière de traçabilité, de légalité et d’absence de lien avec la déforestation. L’EUDR devrait s’appliquer à partir du 30 décembre 2026 aux grandes et moyennes entreprises, puis à partir du 30 juin 2027 aux microentreprises et aux petites entreprises.
M. Bach Thanh Tuan, vice-président de la VICOFA, a indiqué que les exportations vietnamiennes de café avaient atteint environ 9 milliards de dollars en 2025. Le respect des nouvelles normes des marchés internationaux revêt donc une importance croissante pour la compétitivité du secteur.
Selon Mme Nguyen Viet Ha, responsable principale du développement durable à l’organisation internationale 4C, les exigences en matière de traçabilité et de production durable constituent également un moteur incitant les entreprises et les agriculteurs à normaliser la chaîne d’approvisionnement.
Se préparer dès les zones de production
Dans ce contexte, les entreprises ayant investi suffisamment tôt dans les zones de production et les systèmes de traçabilité disposent, selon les professionnels du secteur, de davantage d’atouts pour s’adapter à l’EUDR.
M. Pham Phu Ngoc, directeur de l’agriculture de Nestlé Vietnam et représentant en chef de Nestlé dans les Hauts Plateaux du Centre, chargé du programme NESCAFÉ Plan, a indiqué que l’initiative NESCAFÉ Plan était mise en œuvre par l’entreprise au Vietnam depuis 2011 afin de promouvoir le développement durable du secteur du café.
À ce jour, le programme a établi des liens avec plus de 23 000 foyers d’agriculteurs dans les principales zones de production afin de mettre en œuvre des activités de formation aux techniques culturales, d’accompagner le renouvellement des caféiers vieillissants et d’encourager une utilisation efficace des ressources dans la production.
Par ailleurs, le programme encourage l’adoption de pratiques d’agriculture régénératrice et de normes de production durable. Ces actions contribuent ainsi à améliorer la productivité, la qualité des grains de café et les capacités de production des agriculteurs. Les efforts déployés directement dans les zones de production permettent d’améliorer la qualité des matières premières avant leur transformation dans les usines.
Selon M. Ngoc, il s’agit d’un programme à long terme qui permet à Nestlé de gérer la chaîne de valeur, depuis les agriculteurs, les agents et les collecteurs jusqu’aux négociants et aux usines. Il a également indiqué que, dans le cadre de la mise en œuvre du NESCAFÉ Plan, l’entreprise et ses partenaires soutenaient financièrement la transition des agriculteurs afin qu’ils puissent répondre aux exigences en matière de traçabilité et de certification, notamment à travers le relevé des coordonnées géographiques, le développement de logiciels, ainsi que les évaluations et la délivrance de certifications.
Parallèlement au relèvement des normes, le programme associe également ces démarches à des recommandations en matière de pratiques culturales afin d’améliorer l’efficacité économique pour les agriculteurs.
Les agriculteurs participant au programme sont formés à l’utilisation de l’eau et des engrais en fonction des besoins des plants, à la réduction de l’usage des produits phytosanitaires et au renforcement des méthodes biologiques. L’association du café avec d’autres cultures, telles que le poivre et le macadamia, est également pratiquée afin de diversifier la production et de créer des sources de revenus supplémentaires.
Selon M. Ngoc, l’agriculture régénératrice devient une orientation importante du programme, axée sur la santé des sols, la protection des ressources en eau et la biodiversité.
Accroître la valeur du café vietnamien grâce à la transformation
En plus de 30 ans d’investissement au Vietnam, Nestlé a progressivement construit une chaîne de valeur du café, allant des zones de production et de l’accompagnement des pratiques culturales à la transformation et à l’exportation.
Outre ses investissements dans les zones de production, Nestlé a investi ces dernières années près de 580 millions de dollars dans des usines de transformation de café de haute qualité, afin d’accroître la valeur des grains de café vietnamiens et d’exporter des produits de café haut de gamme vers près de 40 marchés à travers le monde.
En août dernier, l’usine a mis en service une ligne de conditionnement du café soluble en bocaux en verre (Jar Line), d’une capacité de 350 000 bocaux par jour. Les produits issus de cette ligne sont exportés vers 11 pays.
La mise en service officielle de la Jar Line, destinée à approvisionner simultanément plusieurs marchés, impose des exigences élevées en matière de volume de production, de contrôle de la qualité et de flexibilité des formats de produits afin de répondre aux besoins de nombreux marchés internationaux.