Le 18 septembre au soir, à Hanoï, le 16e Festival du film documentaire Europe-Vietnam a été officiellement inauguré, poursuivant sa vocation de faire découvrir au public la diversité des regards du cinéma documentaire vietnamien et européen.
Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture, Ta Quang Dong, vice-ministre vietnamien de la Culture, des Sports et du Tourisme, a souligné qu’au fil des années, le Vietnam était devenu un véritable carrefour pour de nombreux festivals cinématographiques internationaux, contribuant ainsi à façonner un paysage cinématographique à la fois pluriel et propice aux échanges.
Le Festival du film documentaire Europe-Vietnam s’est progressivement imposé dans la vie cinématographique vietnamienne, en rapprochant du public des œuvres documentaires venues du Vietnam et d’Europe, tout en élargissant les possibilités de dialogue et de coopération entre les professionnels du septième art.
Selon le vice-ministre Ta Quang Dong, la portée du Festival ne réside pas uniquement dans l’expérience artistique qu’il propose, mais également dans sa capacité à stimuler le développement du cinéma, secteur majeur des industries culturelles.
En présentant des œuvres, en mettant en relation des talents et en encourageant la créativité, le Festival contribue à dynamiser le cinéma vietnamien et à l'orienter vers un développement plus professionnel, créatif et intégré.
Trinh Quang Tung, directeur général adjoint du Studio central des films documentaires et scientifiques du Vietnam, a, pour sa part, affirmé que le Festival du film documentaire Europe-Vietnam constituait un rendez-vous culturel et cinématographique annuel de référence.
L’événement est organisé conjointement par le Réseau des instituts culturels nationaux de l'Union européennee (European Union National Institutes for Culture - EUNIC) et son partenaire vietnamien - le Studio national de production de films documentaires et scientifiques (NSF).
À travers cette manifestation, le public peut mieux connaître, explorer et approfondir sa compréhension réciproque des cultures, des peuples et des modes de vie, mais aussi des enjeux d’envergure mondiale tels que l’environnement et le développement durable propres à chaque pays.
Dans cette dynamique, le documentaire devient une véritable « passerelle culturelle », rapprochant les personnes de différentes régions du monde.
Plus qu'un simple lieu de projection, le Festival crée un espace de dialogue, contribuant ainsi à promouvoir la coopération culturelle et à renforcer la coopération multiforme entre le Vietnam et les pays européens.
Du point de vue des partenaires internationaux, la vitalité du Festival repose avant tout sur la force des récits.
James Shipton, directeur national du British Council au Vietnam et vice-président d'EUNIC au Vietnam, estime que, d’une initiative de dialogue culturel encore modeste entre le Vietnam et ses partenaires européens, le Festival s’est progressivement mué en l’un des rendez-vous cinématographiques les plus attendus à Hanoï et à Hô Chi Minh-Ville.
Selon lui, les œuvres sélectionnées cette année entraînent les spectateurs dans des univers façonnés par la mémoire, les traditions, la résilience et les transformations du monde.
Elles mettent en lumière des artistes et des militants, des communautés qui s'efforcent de préserver des valeurs essentielles et des individus à la recherche de nouvelles voies dans un monde en perpétuelle transformation.
Bien que portés par des cultures et des contextes sociaux différents, ces récits trouvent néanmoins un écho dans des préoccupations profondément universelles.
C’est précisément ce qui confère aux films documentaires leur capacité particulière à créer du lien : franchir les distances géographiques pour donner à voir d’autres réalités, tout en invitant le spectateur à porter un regard renouvelé sur la sienne.
Selon James Shipton, les échanges culturels ne se résument pas à une occasion d’apprendre à mieux se connaître.
C'est aussi un processus d'apprentissage qui consiste à observer plus attentivement, à écouter plus largement et à reconnaître les valeurs humaines partagées par les peuples de différents pays.
À l’issue de la cérémonie d’ouverture, le public a pu découvrir les deux œuvres inaugurales du Festival : « Giáo sư Hoàng Xuân Sính », réalisé par la réalisatrice vietnamienne Do Thi Huyen Trang, et « SARA with all her being », de la réalisatrice suédoise Gunilla Bresky.
À partir de récits singuliers, ancrés dans l’existence des individus et dans la réalité quotidienne, ces deux œuvres inaugurales, comme l’ensemble des films présentés dans le cadre du Festival, continuent d’inscrire le cinéma dans le rôle d’une passerelle : non pas une passerelle destinée à effacer les différences entre les cultures, mais un espace permettant à ces différences d’être vues, entendues et mises en dialogue.