Hô Chi Minh-Ville : préserver la lumière du village artisanal de lanternes Phu Binh

À l’approche de la Fête de la Mi-Automne, le village artisanal de lanternes Phu Binh, dans le quartier de Hoa Binh à Hô Chi Minh-Ville, se pare de mille couleurs. Derrière ces lanternes traditionnelles se cache toutefois une préoccupation grandissante, moins de foyers perpétuant ce métier transmis de génération en génération.

Des couleurs éclatantes au village artisanal de lanternes Phu Binh à l’approche de la Fête de la Mi-Automne. Photo : Quandoinhandan.
Des couleurs éclatantes au village artisanal de lanternes Phu Binh à l’approche de la Fête de la Mi-Automne. Photo : Quandoinhandan.

Originaires du village artisanal de Bac Co, dans la province de Ninh Binh, au Nord du Vietnam, des artisans fabricants de lanternes ont migré vers le sud, emportant leur savoir-faire traditionnel qu’ils ont transmis au fil des générations, donnant progressivement naissance au village artisanal de lanternes Phu Binh. Autrefois pratiqué par une centaine de foyers, ce métier ne compte aujourd’hui plus qu’une dizaine de foyers.

Ces jours-ci, devant plusieurs boutiques de la rue Lac Long Quan, à Hô Chi Minh-Ville, au Sud du Vietnam, des lanternes traditionnelles sont suspendues les unes à côté des autres et occupent tout l’espace devant les magasins. Étoiles, poissons, lapins, papillons… elles se balancent doucement au gré du vent. Les couleurs rouge, jaune, vert et rose du papier cellophane se mêlent sous le soleil. L’odeur du bambou et du papier, au milieu des échanges entre vendeurs et clients, compose l’atmosphère particulière du « village artisanal » à l’approche de la Fête de la Mi-Automne.

Pour fabriquer une lanterne, les artisans utilisent des matériaux familiers tels que le bambou, le fil de fer et le papier cellophane, selon plusieurs étapes réalisées à la main. Plus simples que les lanternes industrielles dotées de sons, de lumières électroniques et de nombreux effets, les lanternes traditionnelles portent chacune l’empreinte des mains qui les ont façonnées.

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Des lanternes traditionnelles sont exposées devant les boutiques de la rue Lac Long Quan, à Hô Chi Minh-Ville, à l’approche de la Fête de la Mi-Automne. Photo : Quandoinhandan.

Après plus de 20 ans consacrés à la vente de lanternes traditionnelles, Mme Nguyen Thi Tuoi partage : « Ces dernières années, les lanternes traditionnelles se vendent moins facilement qu’auparavant. La demande dépend beaucoup de la période de la Fête de la Mi-Automne, alors que les consommateurs disposent de nombreuses autres options, entre les produits industriels et ceux vendus sur les plateformes en ligne. Pour moi, fabriquer des lanternes ne représente pas seulement un moyen de subsistance, mais aussi une part des souvenirs de ma famille. »

Également attachée à ce métier, Mme Anh Loan explique que la fabrication des lanternes exige de la minutie, du choix du bambou à la confection de l’armature, en passant par le collage du papier et le dessin des motifs. Autrefois éclairées à la bougie, les lanternes sont désormais équipées de petites lampes, plus sûres pour les enfants. Les artisans de Phu Binh restent toutefois préoccupés par les débouchés et la pérennité du métier. À l’approche de la Fête de la Mi-Automne, la hausse de la demande montre que les lanternes artisanales de Phu Binh conservent leur place sur le marché.

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Une artisane apporte un soin minutieux à chaque étape de la fabrication d’une lanterne traditionnelle. Photo : Quandoinhandan.

Pour s’adapter au marché, de nombreux foyers fabriquent désormais des lanternes sur commande, afin de limiter les invendus après la Fête de la Mi-Automne et de poursuivre leur activité malgré une production de plus en plus réduite.

Venue acheter des lanternes à Phu Binh, Phung Le, du quartier de Hoa Binh à Hô Chi Minh-Ville, confie : « Les lanternes traditionnelles ont une beauté simple que les jouets modernes ne peuvent guère remplacer. Je souhaite que mon enfant garde des souvenirs d’enfance liés aux lanternes traditionnelles. »

Au fil des générations, les lanternes de Phu Binh sont devenues bien plus que des jouets de la Fête de la Mi-Automne, elles perpétuent la mémoire d’un métier artisanal. Une dizaine de foyers continuent aujourd’hui à exercer ce métier, mais sa pérennité dépendra de la demande du marché et de sa transmission aux générations suivantes.

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