Lors de la conférence de presse consacrée à la présentation de la 16e édition du Festival du film documentaire Europe-Vietnam tenue ce matin à Hanoï. Photo : XD.
Lors de la conférence de presse consacrée à la présentation de la 16e édition du Festival du film documentaire Europe-Vietnam tenue ce matin à Hanoï. Photo : XD.

16e Festival du film documentaire Europe-Vietnam : quand le cinéma crée des passerelles entre les cultures

À travers cette 16e édition, le Festival du film documentaire Europe-Vietnam réaffirme le rôle du cinéma comme passerelle entre les cultures, tout en offrant une tribune aux jeunes cinéastes vietnamiens pour exprimer leurs nouvelles perspectives.

Des dizaines de documentaires venus du Vietnam et de différents pays européens invitent le public à découvrir des récits authentiques et profondément ancrés dans la réalité, où se croisent destins humains, cultures et enjeux de société contemporaine.

À travers cette 16e édition, le Festival du film documentaire Europe-Vietnam réaffirme le rôle du cinéma comme passerelle entre les cultures, tout en offrant une tribune aux jeunes cinéastes vietnamiens pour exprimer leurs nouvelles perspectives.

Des récits du quotidien au dialogue entre les cultures

Après quinze éditions, le Festival du film documentaire Europe-Vietnam est devenu un rendez-vous important pour les amateurs de cinéma documentaire. Des centaines de films venus du Vietnam et de différents pays européens ont été présentés au public, plusieurs d’entre eux ayant été distingués dans des festivals de renom, au Vietnam comme à l’international.

Lors de la conférence de presse consacrée à la présentation de la 16e édition du Festival du film documentaire Europe-Vietnam tenue ce matin à Hanoï, Trinh Quang Tung, directeur général adjoint du Studio central des films documentaires et scientifiques du Vietnam, a indiqué qu’au fil des quinze éditions, le Festival avait suscité un intérêt croissant auprès du public, notamment des jeunes générations.

Selon lui, les enquêtes menées auprès du public montrent que nombre de spectateurs se tournent vers le documentaire pour découvrir des récits proches de leur quotidien, authentiques et ancrés dans la réalité. Un constat encourageant pour les professionnels du secteur, alors que le documentaire est traditionnellement considéré comme un genre cinématographique qui peine à toucher un large public.

Le changement des goûts et des modes de réception du public fait également émerger de nouvelles exigences pour les cinéastes.

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Trinh Quang Tung (debout), directeur général adjoint du Studio central des films documentaires et scientifiques du Vietnam, prend la parole lors de la conférence de presse. Photo : XD.

Au fil des échanges et des rencontres avec leurs homologues étrangers, les réalisateurs vietnamiens renouvellent progressivement leurs approches et leurs modes de narration, se rapprochant ainsi des tendances contemporaines du cinéma documentaire à l’échelle internationale.

À cet égard, le Festival du film documentaire Europe-Vietnam ne se réduit pas à un lieu de projection. Il constitue également un espace de dialogue entre différentes cinématographies et différentes cultures.

Mis en regard sur l’écran, des récits singuliers peuvent faire naître une meilleure compréhension des individus, des sociétés et des enjeux qui préoccupent les communautés, au-delà de leurs différences.

« À travers le cinéma, nous pouvons mieux comprendre et appréhender la culture ainsi que les peuples des autres pays », a souligné M. Tung.

Une diversité de regards sur la vie et le monde contemporain

La 16e édition du Festival du film documentaire Europe-Vietnam, qui se tiendra du 18 au 26 septembre, réunit vingt œuvres dans sa programmation principale : onze films internationaux venus de neuf pays et de la délégation européenne, Royaume-Uni, Finlande, Autriche, Italie, Norvège, Suède, Espagne, France et Belgique - Wallonie-Bruxelles, auxquels s’ajoutent neuf films vietnamiens produits par le Studio central des films documentaires et scientifiques du Vietnam.

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"Giáo sư Hoàng Xuân Sính" dresse le portrait de la première femme professeure de mathématiques du Vietnam, également première femme étrangère à avoir soutenu avec succès à Paris une thèse de doctorat d’État en mathématiques. Photo : DSF.

Ces œuvres offrent au public un aperçu de récits, de personnages et de contextes variés, abordant des sujets d'importance historique et culturelle, ainsi que des thèmes liés à l'environnement et à la vie sociale contemporaine.

Parmi elles, Giáo sư Hoàng Xuân Sính dresse le portrait de la première femme professeure de mathématiques du Vietnam, également première femme étrangère à avoir soutenu avec succès à Paris une thèse de doctorat d’État en mathématiques.

Le récit consacré à l’écrivaine suédoise Sara Lidman offre, quant à lui, un autre éclairage sur la littérature et les destins humains.

Parmi les œuvres internationales, Notre-Dame brûle replonge le spectateur au cœur de la lutte contre l’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris. Les enjeux liés à la préservation du patrimoine et à la protection de l’environnement sont également abordés dans Chuyện bên sông Hoài phố, qui raconte les efforts déployés pour préserver le patrimoine de Hoi An, ainsi que dans Giữ mãi màu xanh, consacré à la renaissance des mangroves de Can Gio.

Les valeurs du patrimoine culturel traditionnel sont également explorées dans Giấy dó : Cuộc hành trình trở về, consacré au savoir-faire artisanal de fabrication du papier dó. De son côté, Trở về quê nội raconte le désir de retrouver la terre natale et les racines des soldats-ouvriers indochinois.

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Nguyen Ngoc Quang Toan, représentant de l’Institut français du Vietnam, présente le film « Notre-Dame brûle ». Photo : XD.

Cette diversité des sujets témoigne de la force singulière du cinéma documentaire : à partir d’un personnage, d’un savoir-faire traditionnel ou d’un endroit, une œuvre peut élargir son propos et faire émerger une réflexion plus vaste sur la mémoire, l’identité, l’environnement, l’histoire et les transformations de la société.

Offrir des opportunités aux nouvelles perspectives

L’un des points forts de cette édition réside dans l’espace consacré aux jeunes cinéastes indépendants vietnamiens.

Cette initiative vise à encourager l’émergence de regards nouveaux, de démarches créatives et d’expérimentations qui traversent le cinéma contemporain.

Cinq productions indépendantes ont été retenues : Phòng thu bí mật, qui raconte le rêve musical de deux frères jumeaux malvoyants ; Những thiên thần trắng ở bên chúng ta, consacré à la force et à la détermination de la communauté des personnes atteintes d’albinisme ; Người cất mả, qui explore les pratiques liées à l’exhumation et à la réinhumation des défunts ; Mạc Hậu, qui emmène le public dans les coulisses du théâtre traditionnel Tuồng ; et Nhà yêu nước Phó Đức Chính, qui revient sur le parcours d’une figure historique.

En consacrant un espace spécifique aux jeunes réalisateurs indépendants, le festival ne leur offre pas seulement une occasion supplémentaire de faire connaître leurs œuvres au public : il contribue également à élargir le paysage du documentaire vietnamien.

Des récits plus intimes, des personnages rarement présents à l’écran ou des approches singulières peuvent ainsi trouver leur place et rencontrer leur public.

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Trois élèves du lycée Viet Duc de Hanoï, réalisatrices du film documentaire « Mạc Hậu », présentent leur œuvre. Photo : DSF.

Lors de ces festivals, l'évolution des techniques narratives des cinéastes vietnamiens est devenue plus manifeste.

Les frontières entre documentaire et fiction, entre fiction et non-fiction, sont abordées avec une plus grande souplesse. L'important n'est pas seulement le genre de l'œuvre, mais la manière dont l'histoire est racontée et le message que l'auteur souhaite transmettre au public.

Le cinéma, pont de la diplomatie culturelle

À l’heure où les échanges culturels occupent une place croissante dans les relations internationales, les initiatives cinématographiques telles que le Festival du film documentaire Europe-Vietnam revêtent une portée qui dépasse largement la simple projection d’œuvres.

Chaque film constitue un fragment de la vie, mais aussi une manière, pour une culture, de raconter sa propre histoire. Lorsque ces récits sont mis en regard, le public ne découvre pas seulement de nouveaux territoires et de nouvelles figures humaines : il peut également percevoir des préoccupations communes qui transcendent les frontières géographiques.

Des enjeux environnementaux à la préservation du patrimoine, de la mémoire historique aux aspirations et à la détermination des individus, le documentaire fait émerger un langage commun qui favorise la rencontre et le dialogue entre les cultures.

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La 16e édition du Festival du film documentaire Europe-Vietnam devrait ainsi continuer à s’affirmer comme un espace de rencontre entre le cinéma vietnamien et les cinématographies internationales, de partage d’expériences entre les cinéastes et de découverte pour le public.

Elle est également appelée à offrir aux jeunes générations, en particulier, la possibilité de retrouver dans les récits portés à l’écran des questions et des réalités qui font écho à leur propre vie.

À Hanoï, les projections se tiendront au Studio central des films documentaires et scientifiques du Vietnam (465 rue Hoang Hoa Tham, quartier de Ngoc Ha). Entrée libre.

À Hô Chi Minh-Ville, les œuvres seront projetées au cinéma DCINE Ben Thanh (6 rue Mac Dinh Chi, quartier de Sai Gon). Entrée libre.

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