L'agriculture intelligente rapproche le Vietnam et la Malaisie

Le Vietnam et la Malaisie disposent d’un fort potentiel de coopération dans l’agriculture intelligente, en combinant leurs expertises et leurs atouts technologiques pour développer des solutions plus durables.

Le professeur Tan Jian Ping, directeur du Centre de recherche sur l’agriculture durable STARGAZE de l’Université Xiamen de Malaisie (XMUM). Photo: VNA
Le professeur Tan Jian Ping, directeur du Centre de recherche sur l’agriculture durable STARGAZE de l’Université Xiamen de Malaisie (XMUM). Photo: VNA

La Malaisie accélère la transformation de son secteur agricole, passant d’une agriculture traditionnelle à forte intensité de main-d’œuvre à une agriculture de haute technologie dans le cadre de sa Politique nationale agroalimentaire 2.0 (NAP 2.0).

Le professeur Tan Jian Ping, directeur du Centre de recherche sur l’agriculture durable STARGAZE de l’Université Xiamen de Malaisie (XMUM), a indiqué que la NAP 2.0 mettait l’accent sur les technologies de l’Industrie 4.0, notamment l’Internet des objets (IoT), les drones, l’intelligence artificielle (IA), l’automatisation et la biotechnologie.

Cette transformation vise non seulement à accroître la productivité, mais aussi à réduire la forte dépendance du secteur à l’égard de la main-d’œuvre étrangère et à renforcer la sécurité alimentaire nationale. Les secteurs prioritaires comprennent notamment l’huile de palme, le caoutchouc et les fruits à haute valeur ajoutée comme le durian, ainsi que l’agriculture en intérieur et l’aquaculture.

Concernant la production de riz, Tan Jian Ping a souligné que le Vietnam disposait d’une expertise et d’une capacité de production importantes. Plutôt que de chercher à reproduire ce que le Vietnam fait déjà avec succès, la Malaisie y voit une occasion d’apprendre de son expérience et de développer des partenariats stratégiques.

La Malaisie est toutefois confrontée à plusieurs défis pour développer l’agriculture de haute technologie à plus grande échelle, notamment les coûts d’investissement initiaux élevés pour les petits exploitants, les lacunes en matière de connectivité, le vieillissement de la main-d’œuvre et les difficultés d’adaptation des technologies conçues pour les grandes plantations aux petites exploitations.

Le professeur a insisté sur la nécessité de renforcer les liens entre la recherche et l’industrie, ainsi qu’entre les laboratoires et les exploitations agricoles. Il voit dans la coopération Vietnam-Malaisie une relation « gagnant-gagnant », le Vietnam apportant son expertise dans la riziculture, l’horticulture et l’aquaculture, et la Malaisie ses atouts dans les technologies de plantation et la biotechnologie. Des technologies comme l’IA, les capteurs et l’automatisation peuvent en outre être utilisées dans différents secteurs agricoles des deux pays.

Tan Jian Ping a proposé la création d’un Centre d’innovation en agriculture de haute technologie Malaisie-Vietnam, qui pourrait dans un premier temps mettre en relation les chercheurs des universités et des instituts de recherche grâce à des financements conjoints des deux gouvernements. Des startups et des entreprises pourraient ensuite participer à la mise en place de fermes pilotes, au partage de données agricoles ainsi qu’au développement et à la commercialisation de solutions technologiques.

À plus long terme, l’initiative pourrait dépasser le cadre bilatéral pour aboutir à une plateforme commune de technologies agricoles à l’échelle de l’ASEAN, où les États membres pourraient mettre à profit leurs atouts respectifs pour développer des solutions agricoles durables pour l’ensemble de la région.

Back to top