L’accélération du recours aux avancées scientifiques et technologiques dans la production devrait permettre d’accroître la valeur des produits tout en améliorant les moyens de subsistance des producteurs.
Parmi les produits à forte valeur ajoutée issus de la noix de coco figurent notamment le charbon actif, l’huile de coco, l’eau de coco, le lait de coco, les confiseries à la noix de coco, ainsi que divers produits cosmétiques et articles d’artisanat fabriqués à partir de cette matière première.
En 2026, la province s’est fixé pour objectif de porter à plus d’un milliard de dollars la valeur de la production et de la transformation de la filière de la noix de coco.
Des variétés de qualité et une offre diversifiée
Selon le Service provincial de l’Agriculture et de l’Environnement de Vinh Long, la province compte actuellement plus de 120 000 hectares de cocoteraies, soit plus de 50 % de la superficie nationale consacrée à cette culture.
Quelque 33 000 hectares répondent aux normes de l’agriculture biologique, du VietGAP et du GlobalGAP, permettant ainsi de satisfaire aux exigences des marchés national et international.
Afin de poursuivre la montée en gamme de la chaîne de valeur de la filière, les autorités locales accélèrent la sélection de variétés de cocotiers à haut rendement et de qualité supérieure, mieux adaptées aux effets du changement climatique.
Au-delà de la sélection et de l’amélioration génétique de variétés performantes, cette localité accorde une attention particulière à la mise en œuvre de politiques de soutien et à l’attraction d’investissements en vue de la construction d’unités spécialisées dans la transformation en profondeur des noix de coco.
Huynh Khac Nhu, directeur général de la société par actions Tra Bac, située dans le quartier de Long Duc, indique que, depuis 1997, l’entreprise concentre ses activités sur la fabrication de produits phares destinés aux marchés d’exportation, tels que les lamelles de noix de coco séchées, la crème de coco surgelée, le charbon anthracite.
Les produits à base de charbon actif commercialisés sous la marque Trabaco sont exportés vers le Japon, la République de Corée, la Chine et d’autres marchés, où ils bénéficient d’un accueil favorable.
Selon Lam Ngoc Tu, directrice générale adjointe de la SARL spécialisée dans la transformation de la noix de coco de Cau Ke, dans la commune de Tam Ngai, après six années d’activité, l’entreprise a investi dans des équipements et des machines modernes et intensifié ses travaux de recherche consacrés à la transformation à plus forte valeur ajoutée de différentes gammes de produits. Ceux-ci gagnent progressivement les marchés britannique, américain et japonais.
Vers une production de noix de coco à faibles émissions
Le changement climatique, la pression croissante en faveur de la réduction des émissions et les exigences toujours plus élevées des débouchés imposent à la filière de la noix de coco de Vinh Long une transition vers des pratiques écologiques, biologiques et circulaires.
Selon les experts, la performance du secteur agricole ne se mesure désormais plus uniquement à l’aune des volumes : elle dépend également de critères de qualité, de transparence et de durabilité.
La Chine, qui absorbe chaque année environ 4 milliards de noix de coco vietnamiennes, opère elle aussi une transition, passant d’importations massives à des importations davantage encadrées, avec une priorité accordée à la traçabilité, à l’identification des zones de production et au respect de normes de production sûres et durables.
Une évolution similaire s’observe sur des marchés tels que les États-Unis, le Japon, la République de Corée, l’Union européenne (UE) et le Moyen-Orient.
À l’Université de Tra Vinh, lors d’une table ronde consacrée à la noix de coco à faibles émissions, aux solutions en matière de pratiques culturales, aux débouchés commerciaux et aux revenus durables, le docteur Le Hoang The, directeur général de VOS Holdings, a souligné que la production de noix de coco à Vinh Long demeure, dans les faits, relativement fragmentée et dispersée, reposant encore largement sur l’expérience empirique des producteurs et souffrant d’un déficit de données, alors que les marchés exigent désormais une plus grande transparence tant sur les intrants que sur les produits en sortie, ainsi qu’une mesure rigoureuse des émissions.
Des outils tels que le calcul de l’empreinte carbone (Carbon Footprint), les systèmes de mesure, de déclaration, de vérification et de traçabilité permettent déjà aux producteurs et aux coopératives de mieux piloter leur production, de réduire les risques et d’accroître la valeur de leurs produits.
Par ailleurs, des travaux de recherche menés à l’échelle internationale montrent qu’une gestion raisonnée de la nutrition des cocotiers, l’augmentation de la teneur en matière organique des sols, les cultures intercalaires et la couverture des sols permettent d’améliorer les rendements et la capacité de séquestration du carbone.
Ces pratiques peuvent également réduire de 20 à 30 % les apports d’engrais et contribuer à limiter les émissions de N₂O.
Selon le docteur Le Van Dong, directeur adjoint du Service provincial de l’Agriculture et de l’Environnement, le cocotier constitue l’une des principales cultures de la province et représente une importante source de valeur à l’exportation.
Afin de développer la chaîne de valeur de la filière, la province encourage les collectivités locales, les coopératives et les entreprises à collaborer avec les agriculteurs pour développer la culture du cocotier selon les normes de l’agriculture biologique, du VietGAP et du GlobalGAP, tout en associant cette démarche à l’attribution de codes d’identification des zones de production et à la traçabilité des produits.
Les collectivités locales de la province continuent par ailleurs de renforcer le rôle des groupes de producteurs et des coopératives dans la mise en place et la diffusion de modèles de production de noix de coco à faibles émissions.
À terme, la noix de coco pourra ainsi s’imposer comme un produit à forte valeur ajoutée et durable, capable de rivaliser sur les marchés internationaux tout en assurant aux populations locales des moyens de subsistance pérennes.