Le cocotier constitue la culture phare de la province de Vinh Long (au Sud du Vietnam) et représente une source importante de revenus à l’exportation.
Les autorités provinciales collaborent actuellement avec des instituts de recherche et des universités afin de sélectionner des variétés de cocotiers à haut rendement, de qualité élevée et adaptées au changement climatique.
Parallèlement, elles encouragent les entreprises à investir dans des usines de transformation approfondie des produits issus de la noix de coco destinés aussi bien au marché intérieur qu’aux marchés étrangers.
Selon le Service provincial de l’Agriculture et de l’Environnement de Vinh Long, la province compte actuellement 119 270 hectares de plantations de cocotiers, soit près de 50 % de la superficie nationale consacrée à cette culture.
Parmi ces plantations, 30 355 hectares sont certifiés VietGAP ou biologiques et bénéficient de codes d’identification des zones de production.
La province abrite également quelque 180 entreprises spécialisées dans la production et la transformation de produits dérivés de la noix de coco, générant plus de 9 000 emplois.
Une gamme diversifiée de produits transformés
Les produits à base de la noix de coco sont particulièrement variés : huile de coco, eau de coco, lait de coco, crème de coco, noix de coco râpée séchée, confiseries à base de coco, produits dérivés de la sève florale du cocotier, gelée de coco, cosmétiques à base de coco, charbon de coque de coco, ficelles en fibre de coco et produits dérivés, ainsi qu’une large gamme d’articles artisanaux.
En 2025, la valeur de la production et de la transformation de la filière cocotière de la province est estimée à 700 millions de dollars, représentant environ 8 % de la valeur de la production industrielle locale.
Afin d’améliorer la chaîne de valeur de la filière, de nombreuses entreprises et coopératives ont noué des partenariats avec des producteurs certifiés biologiques, tout en développant la transformation à forte valeur ajoutée des noix de coco destinées à la consommation nationale et à l’exportation.
Selon Mme Thach Thi Chal Thi, directrice de la SARL Tra Vinh Farm, située dans la commune de Tieu Can, l’entreprise collabore actuellement avec plusieurs centaines de producteurs de cocotiers de la commune et des localités voisines afin de mettre en œuvre des pratiques de culture biologique.
Elle s’engage également à acheter l’intégralité de la production de sève florale de cocotier des agriculteurs sous contrat.
Grâce à l’exploitation de la sève de cocotier, l’entreprise a ouvert une nouvelle perspective de développement pour la filière provinciale, permettant aux producteurs d’augmenter leurs revenus de trois à cinq fois par rapport à la culture traditionnelle destinée uniquement à la récolte des fruits.
Tra Vinh Farm commercialise aujourd’hui une gamme de produits comprenant des boissons à base de sève de cocotier, du sirop concentré de sève et du suc de fleur de coco.
Plus remarquable encore, ses produits à base de sève et de sucre de fleur de coco ont obtenu la certification nationale OCOP cinq étoiles.
Fondée en juillet 2020 dans la commune de Tam Ngai, la société Cau Ke, connue sous la marque Vicosap, est la première entreprise vietnamienne spécialisée dans la transformation approfondie des produits issus de la célèbre noix de coco cireuse de Tra Vinh.
L’entreprise a progressivement mis en place un vaste réseau de distribution à travers le pays et a réussi à conquérir des marchés exigeants, tels que le Royaume-Uni, les États-Unis et le Japon.
Huynh Khac Nhu, directeur général de la société par actions Tra Bac (Trabaco), implantée dans le quartier de Long Duc, explique que dans le cadre de sa stratégie de diversification des produits à base de noix de coco, l’entreprise fabrique notamment de la noix de coco séchée, du lait de coco surgelé, du charbon propre pour barbecue ainsi que du charbon anthracite destinés aux marchés d’exportation.
Le charbon actif commercialisé sous la marque Trabaco est aujourd’hui exporté vers plus de trente pays et territoires, notamment les États-Unis, le Canada, le Japon, la République de Corée, la Chine, l’Australie et Taïwan (Chine).
Vers une culture du cocotier à faibles émissions
Selon les spécialistes, les engagements internationaux en matière de lutte contre le changement climatique ainsi que les nouvelles exigences des marchés mondiaux influencent désormais directement l’ensemble des produits agricoles, y compris la filière de la noix de coco.
La Chine, qui consomme environ quatre milliards de noix de coco par an, évolue progressivement d’un modèle d’importation de masse vers un système davantage contrôlé, privilégiant la traçabilité, les codes d’identification des zones de production ainsi que les méthodes de production sûres et durables.
Une tendance similaire s’observe également sur les marchés des États-Unis, de l’Union européenne, du Japon, de la République de Corée et du Moyen-Orient.
Le docteur Le Hoang The, directeur général de VOS Holdings, souligne que la transition d’une agriculture traditionnelle vers une agriculture fondée sur les données constitue aujourd’hui une évolution incontournable.
Or, la production de noix de coco à Vinh Long demeure encore largement morcelée, dispersée et fondée sur l’expérience empirique, avec un manque des données fiables, alors même que les marchés exigent une transparence accrue concernant les intrants, les produits finis, la traçabilité par lots et la mesure des émissions de carbone.
Dans ce contexte, des outils tels que Carbon Footprint, les systèmes de mesure, de compte-rendu, de vérification et de traçabilité permettent aux producteurs, aux coopératives et aux entreprises de gérer leur production de manière plus efficace, de réduire les risques et d’accroître la valeur ajoutée de leurs produits.
Les résultats de plusieurs études internationales montrent qu’une gestion raisonnable de la fertilisation des cocotiers permet de réduire de 20 à 30 % l’utilisation d’engrais sans affecter les rendements, tout en diminuant les émissions de protoxyde d’azote (N₂O), un gaz à effet de serre particulièrement puissant.
Par ailleurs, les cultures associées, le couvert végétal et l’augmentation de la matière organique dans les sols contribuent non seulement à réduire les émissions, mais aussi à renforcer la capacité de séquestration du carbone.
Selon le docteur Le Van Dong, directeur adjoint du Service provincial de l’Agriculture et de l’Environnement, les autorités ont déployé ces dernières années de nombreuses mesures destinées à promouvoir le développement de la chaîne de valeur du cocotier.
Elles mettent notamment l’accent sur le transfert des avancées scientifiques et technologiques, l’attraction des investissements privés dans la contractualisation de la production ainsi que le développement de plantations biologiques associées à l’attribution de codes de zones de production.
À l’avenir, grâce au rôle moteur des groupes de producteurs et des coopératives dans la diffusion des modèles de culture du cocotier à faibles émissions, la noix de coco devrait devenir un produit agricole durable à forte valeur ajoutée, capable de renforcer sa compétitivité sur les marchés nationaux et internationaux tout en assurant des moyens de subsistance durables aux populations locales.