Le Vietnam mise sur une croissance durable des exportations agricoles

Malgré un recul de l'excédent commercial du secteur agricole au premier semestre 2026, l'agriculture continue de jouer un rôle essentiel dans l'équilibre du commerce extérieur du Vietnam.

Photo d'illustration : VNA.
Photo d'illustration : VNA.

Face à la baisse des prix des principaux produits d'exportation et à la hausse des importations de matières premières, les autorités appellent à renforcer la valeur ajoutée des produits et l'autonomie des filières afin de soutenir durablement les exportations.

Alors que la balance commerciale des marchandises du Vietnam est passée d'un excédent à un déficit au premier semestre 2026, les secteurs de l'agriculture, de la sylviculture et de la pêche continuent de jouer un rôle de pilier en enregistrant un excédent commercial estimé à 9,2 milliards de dollars.

Toutefois, la baisse des prix des produits agricoles sur le marché mondial et la hausse des importations de matières premières soulignent la nécessité de renforcer la compétitivité et la valeur ajoutée des exportations afin d'assurer une croissance durable.

Selon l'Office national des statistiques, le pays a enregistré un déficit commercial de 16,65 milliards de dollars au cours des six premiers mois de l'année, alors qu'il affichait un excédent de 7,95 milliards de dollars à la même période de 2025. Dans ce contexte, le secteur agricole demeure un point d'appui important de l'économie en contribuant à limiter le déséquilibre de la balance commerciale nationale.

L'excédent commercial du secteur a néanmoins reculé de 7,7 % sur un an. Cette évolution s'explique principalement par une progression de 11,7 % des importations de produits agricoles, forestiers et halieutiques, qui ont atteint 26,68 milliards de dollars. Les importations de produits de l'élevage ont augmenté de 26,9 %, celles des produits forestiers de 19,9 % et celles des produits agricoles de 16,1 %, traduisant une demande croissante en matières premières destinées à la transformation et à l'exportation.

Parallèlement, le recul des prix internationaux de plusieurs produits phares a pesé sur les recettes d'exportation. Les exportations de riz ont atteint 5,2 millions de tonnes, en hausse de 9,9 % en volume, mais leur valeur a diminué de 2,5 % pour s'établir à 2,38 milliards de dollars, en raison d'une baisse de 11,3 % du prix moyen à l'exportation.

La même tendance est observée pour le café. Bien que les volumes exportés aient progressé, les recettes ont reculé de 14,4 %, à 4,78 milliards de dollars, sous l'effet d'une baisse de 22 % du prix moyen à l'exportation. Ces résultats montrent que l'augmentation des volumes ne suffit plus à soutenir la croissance des exportations lorsque les cours mondiaux sont orientés à la baisse.

Les experts estiment qu'il est nécessaire de mettre en œuvre des solutions à la fois du côté des importations et des exportations afin de préserver durablement l'excédent commercial. La priorité consiste à développer les zones de production de matières premières dans le pays, à améliorer leur qualité et leur compétitivité, et à réduire progressivement la dépendance vis-à-vis des importations. Cette orientation permettra également de renforcer la résilience du secteur face aux fluctuations des prix des matières premières et aux coûts du transport international.

Sur le plan des exportations, l'accent doit être mis sur la création de valeur plutôt que sur l'augmentation des volumes. Les filières du café, des fruits et légumes sont ainsi encouragées à développer la transformation en profondeur afin de répondre aux nouvelles exigences des marchés et d'accroître la valeur ajoutée de leurs produits.

Pour le riz, outre le maintien des marchés traditionnels, les entreprises sont invitées à renforcer leurs exportations vers des marchés à forte valeur ajoutée, notamment le Japon et l'Union européenne, avec des variétés de riz parfumé, de spécialité ou à faibles émissions de carbone. Ces produits peuvent atteindre des prix compris entre 800 et plus de 1.000 dollars la tonne, soit près du double de celui du riz blanc ordinaire.

Après avoir enregistré un excédent commercial d'environ 21 milliards de dollars en 2025, le secteur agricole est confronté à de nouveaux défis en 2026. Le développement des filières de transformation, le renforcement de l'autonomie en matières premières, la diversification des marchés d'exportation et la montée en gamme des produits devraient constituer les principaux leviers pour maintenir la dynamique des exportations, consolider l'excédent commercial et contribuer durablement à la croissance économique du Vietnam.

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