Le Vietnam prépare le développement du captage et du stockage du carbone

Le captage et le stockage du carbone offrent de nouvelles perspectives économiques au Vietnam, qui cherche à mieux exploiter son potentiel grâce à un cadre juridique adapté.

Le développement des services de captage et de stockage du carbone (CCS) liés aux activités pétrolières et gazières représente une opportunité économique importante pour le Vietnam. Photo: VNA
Le développement des services de captage et de stockage du carbone (CCS) liés aux activités pétrolières et gazières représente une opportunité économique importante pour le Vietnam. Photo: VNA

Le développement des services de captage et de stockage du carbone (CCS) liés aux activités pétrolières et gazières représente une opportunité économique importante pour le Vietnam.

La finalisation des textes d'application de la Loi sur le pétrole et le gaz révisée devrait contribuer à attirer les investissements et à permettre au pays d'accéder au marché régional du CCS en Asie du Sud-Est, dont le potentiel est estimé à 40 milliards de dollars.

Selon Bui Dao Thai Truong, directeur général de Roland Berger Vietnam, le marché des services de CCS est un secteur émergent offrant de nombreuses opportunités. Le Vietnam accuse toutefois un retard par rapport à d’autres pays d'Asie du Sud-Est.

La Malaisie et l'Indonésie ont déjà mis en place des cadres réglementaires en matière de CCS. Ces deux pays ont également lancé des projets de coopération dans le domaine du CCS et pris part au marché transfrontalier du carbone.

Le Vietnam dispose néanmoins d'atouts importants, notamment grâce à ses gisements pétroliers et gaziers épuisés, ses aquifères salins profonds et ses veines de charbon profondes, situés principalement dans le bassin du fleuve Rouge et la région des bassins de Cuu Long - Nam Con Son.

L'utilisation d'anciens gisements pétroliers et gaziers, dont les données géologiques sont déjà disponibles, permettrait de réduire les risques géologiques et les coûts d'investissement.

Ha Van Tuan, vice-président permanent de la section de Hanoï de l'Association vietnamienne du pétrole et du gaz, souligne pour sa part que le CCS reste un domaine nouveau, au Vietnam comme dans le monde.

Certaines dispositions ont été intégrées à la Loi sur le pétrole et le gaz révisée, mais elles restent générales et nécessitent encore des textes d'application. Le développement de ces activités suppose de résoudre plusieurs questions juridiques, techniques, financières et environnementales.

De son côté, Tran Quoc Viet, ancien président de PetroVietnam Exploration Production Corporation (PVEP), souligne la nécessité de déterminer si le CCS doit être considéré comme une activité commerciale relevant des entreprises ou comme une mission nécessitant la participation et le soutien de l'État.

Sur le plan législatif, l'Assemblée nationale a adopté la Loi sur le pétrole et le gaz révisée le 23 août 2026, intégrant pour la première fois les activités de CCS liées au secteur pétrolier et gazier. En application de la décision n° 1852/QD-TTg du Premier ministre, datée du 25 septembre 2026, le ministère de l'Industrie et du Commerce a élaboré un projet de décret d'application.

Le projet de décret comprend un chapitre consacré au CCS (chapitre IX), avec huit articles portant notamment sur l'évaluation du potentiel de stockage du CO₂, la mise en œuvre des projets, la surveillance des installations et les mécanismes financiers.

Le projet de décret précise que les dépenses liées aux projets de CCS, notamment les études de potentiel, la conception et l'installation des équipements, le forage de puits d'injection et de surveillance, l'exploitation et le démantèlement des installations, peuvent être récupérées au titre des coûts des activités pétrolières et gazières, conformément à la loi. Les contractants doivent tenir une comptabilité distincte pour ces dépenses.

Concernant les recettes, le projet de décret prévoit que les revenus issus de la vente de crédits carbone serviront à couvrir les coûts des activités de CCS. Il prévoit également le partage des recettes excédentaires entre les contractants et l'État, selon les modalités fixées dans les contrats pétroliers.

VNA/NDEL
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