Une rizière cultivée selon des pratiques agricoles à faibles émissions à Dong Thap. Photo : Vnexpress.
Une rizière cultivée selon des pratiques agricoles à faibles émissions à Dong Thap. Photo : Vnexpress.

Riziculture à faibles émissions : 9,3 millions de dôngs de bénéfices supplémentaires par hectare

En réduisant les quantités de semences, d’engrais et de produits phytosanitaires utilisées, la riziculture à faibles émissions permet aux agriculteurs du delta du Mékong du Vietnam d’accroître leurs bénéfices jusqu’à 9,3 millions de dôngs par hectare et par campagne par rapport aux méthodes traditionnelles.

Selon le Département de la production végétale et de la protection des végétaux, les modèles pilotes mis en œuvre dans le cadre du projet visant à développer un million d’hectares de riziculture de haute qualité et à faibles émissions dans le delta du Mékong ont permis d’augmenter les bénéfices de 1,5 à 9,3 millions de dôngs par hectare et par campagne.

Les rendements ont, quant à eux, progressé de 5 à 12 %. Les quantités de semences de riz utilisées ont diminué de 30 à 50 %, celles d’engrais chimiques de 20 à 30 %. Les traitements phytosanitaires ont été réduits de deux à trois applications par campagne, tandis que la consommation d’eau d’irrigation a baissé de 20 à 40 %.

Chaque hectare permet en outre d’éviter l’émission de 3 à 4 tonnes d’équivalent CO₂ par campagne.

En septembre, plus de 175 000 ménages étaient inscrits au programme. Au total, ces pratiques agricoles durables couvraient près de 421 000 hectares, soit environ 90 % de l’objectif fixé.

An Giang compte près de 160 000 hectares engagés dans le programme, contre 97 000 hectares à Dong Thap. Les autres localités participantes sont Tay Ninh, Can Tho, Vinh Long et Ca Mau.

À Dong Thap, Mme Hang, habitante de la commune de My Qui, explique que sa famille a adopté ces nouvelles méthodes pendant quatre campagnes sur ses 1,5 hectare de rizières. Elle indique avoir ainsi réduit ses coûts de production d’environ 5 millions de dôngs par hectare, tout en maintenant des rendements stables.

Les bénéfices atteignent environ 17 à 20 millions de dôngs par hectare et par campagne, voire 20 à 30 millions lors de certaines campagnes.

Forts de ces premiers résultats, le principal défi pour la filière rizicole consiste à généraliser les modèles efficaces afin que les gains liés à la réduction des coûts de production et des émissions se traduisent par une hausse durable des revenus des agriculteurs.

Lors d'une conférence tenue le 15 octobre à Hô Chi Minh-Ville, le vice-ministre vietnamien de l'Agriculture et de l'Environnement, Nguyen Hoang Hiep, a déclaré que la sécurité alimentaire ne peut reposer uniquement sur les volumes de production.

La filière rizicole doit évoluer vers une amélioration de la qualité, de la valeur et de l'efficacité de la production, tout en s'adaptant au changement climatique et en assurant des moyens de subsistance durables aux riziculteurs.

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La filière rizicole doit évoluer vers une amélioration de la qualité, de la valeur et de l'efficacité de la production, tout en s'adaptant au changement climatique et en assurant des moyens de subsistance durables aux riziculteurs. Photo : baocamau.

Selon le vice-ministre, l’avenir de la filière rizicole dépend non seulement des quantités produites, mais aussi de l’organisation de la production, du développement des débouchés commerciaux et d’une responsabilité partagée en matière de protection de l’environnement et de préservation des moyens de subsistance des riziculteurs.

Cela exige une étroite collaboration entre les collectivités locales, les coopératives, les entreprises et les organismes scientifiques afin que les agriculteurs ne supportent pas seuls l'ensemble des coûts et des risques de cette transition.

À la fin du mois d’avril 2026, le montant total des crédits décaissés dans le cadre du programme s’élevait à près de 4 000 milliards de dôngs. Les taux d’intérêt appliqués étaient inférieurs d’au moins un point de pourcentage par an au taux de référence.

Toutefois, pour permettre aux agriculteurs de pérenniser ces nouvelles pratiques, le financement doit s’accompagner d’un appui technique, de débouchés commerciaux et de mécanismes équitables de partage des bénéfices.

Outre les ressources nationales, l’Australie continue d’apporter son soutien au Vietnam dans la mise en œuvre du programme. Lors de la conférence organisée le 15 octobre à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation 2026, Kate Wallace, consule générale d’Australie, a réaffirmé l’engagement du gouvernement australien à poursuivre sa coopération avec le Vietnam.

Parmi les initiatives de coopération figure le projet de transformation durable et d’adaptation au changement climatique de la chaîne de valeur rizicole dans le delta du Mékong (TRVC), soutenu par le ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce et mis en œuvre par SNV Vietnam (Organisation néerlandaise de développement).

Dans le cadre de ce projet, le protocole technique 4043, relatif à la production de riz de haute qualité à faibles émissions dans le delta du Mékong, est appliqué sur environ 240 000 hectares. L’objectif est de promouvoir une riziculture de qualité supérieure tout en réduisant les émissions.

D’autres initiatives, notamment STAR-FARM, GoRice et VnAdapt, visent également à rénover les pratiques agricoles, à développer les chaînes de valeur et à renforcer la capacité d’adaptation du secteur rizicole au changement climatique.

Des représentants de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont également souligné l’importance de faciliter l’accès des femmes du secteur agricole à la terre, au financement, aux connaissances et aux marchés.

Ces facteurs contribuent notamment à améliorer la productivité et la nutrition, ainsi qu’à renforcer la résilience des communautés face aux défis auxquels elles sont confrontées.

Le vice-ministre Nguyen Hoang Hiep a indiqué que le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement continuerait à travailler avec les différentes parties prenantes pour promouvoir des initiatives adaptées et répondre aux besoins concrets des agriculteurs grâce à un appui technique adapté et à la mobilisation des ressources nécessaires.

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