Animé par sa passion pour les roses anciennes de Sa Pa et sa volonté de préserver cette variété locale menacée de disparition, Do Phu Chinh, habitant du quartier de Sa Pa, dans la province de Lao Cai, a développé un modèle associant agriculture et tourisme expérientiel.
Cette activité génère un chiffre d’affaires annuel d’environ 4 milliards de dôngs et crée des emplois pour la population locale.
Un terrain en friche devenu une roseraie de grande valeur
Né en 1978 dans l’ancienne province de Ha Tay, Do Phu Chinh s’est installé à Sa Pa en 1995 pour y faire sa vie.
À ses débuts, il a défriché des terres pour cultiver des légumes et des arbres fruitiers adaptés au climat tempéré, notamment des chouchous, des pruniers, des pêchers et des poiriers.
Au fil des années passées dans la région d’O Quy Ho, il s’est passionné pour les roses anciennes de Sa Pa, reconnaissables à leurs tiges noueuses couvertes de mousse, à leurs grandes fleurs aux nombreux pétales, à leur parfum délicat et à leur floraison presque toute l’année.
Conscient du risque de disparition de cette variété précieuse sous l’effet de l’urbanisation, il a commencé dès 1997 à collecter et à multiplier ces rosiers. Parti de quelques plants, il disposait déjà de plusieurs centaines de pieds en 2010. Grâce à des soins constants et à une taille pratiquée selon des méthodes biologiques, il a poursuivi à la fois la préservation de cette variété florale et la création d’une activité économique durable.
Entre 2014 et 2019, l’engouement pour les roses anciennes a attiré de nombreux acheteurs dans son jardin. Les rosiers âgés de six à sept ans se vendaient entre 20 et 70 millions de dôngs, tandis que ceux de plus de vingt ans pouvaient atteindre près de 300 millions de dôngs. Au plus fort de cette période, la vente de roses anciennes a rapporté à sa famille jusqu’à 4 milliards de dôngs par an.
Aujourd’hui, sur une superficie de 3 hectares, sa famille cultive plus de 2 000 rosiers appartenant à plus de 100 variétés. Le jardin abrite notamment trois spécimens âgés de plus de 35 ans, appartenant aux variétés de roses anciennes de Sa Pa et de Bach Ngoc de Sa Pa. Avec leurs troncs imposants couverts de mousse, leurs larges couronnes et leurs fleurs éclatantes, ces rosiers constituent l’un des principaux attraits du site.
Associer agriculture et tourisme expérientiel
Face à l’intérêt croissant des visiteurs pour les activités de découverte et d’immersion, la famille de Do Phu Chinh a progressivement valorisé le cadre paysager de son jardin. En mai 2020, le site « Vuon hong mong mo » (Jardin des roses de rêve) de Sa Pa a été reconnu comme site touristique par les autorités provinciales de Lao Cai. Il est ainsi devenu une halte appréciée des visiteurs empruntant la route nationale 4D, au niveau du col d’O Quy Ho.
Le jardin accueille chaque année plus de 15 000 visiteurs payants. Outre la découverte des roses et l’achat de plants, les visiteurs peuvent explorer, selon les saisons, des jardins de chouchous, de poiriers et de pêchers, ainsi que déguster des spécialités culinaires locales. Pour répondre à une demande croissante et diversifiée, la famille a également développé des services de restauration et d’hébergement, construisant ainsi un modèle économique associant culture florale, préservation du patrimoine végétal et tourisme.
Le chiffre d’affaires annuel cumulé du jardin de roses, du site touristique et du restaurant atteint actuellement environ 4 milliards de dôngs, pour un bénéfice supérieur à 2 milliards de dôngs. Cette activité assure un emploi permanent à une quinzaine de personnes, rémunérées entre 8 et 15 millions de dôngs par mois. En haute saison, le nombre total de travailleurs permanents et saisonniers atteint 35.
Au-delà du développement de son activité familiale, Do Phu Chinh partage chaque année ses connaissances en matière de culture et d’entretien des roses anciennes avec plus de 20 membres de l’association locale des agriculteurs. Il les encourage également à développer leurs activités économiques et à contribuer à la vie culturelle de leur communauté.
Selon les autorités du quartier de Sa Pa, l’expérience de la famille de Do Phu Chinh montre que la valorisation des produits locaux, associée au tourisme, permet d’accroître la valeur ajoutée de la production agricole.
Pour ses efforts en faveur de la préservation et de la multiplication des roses anciennes, ainsi que du développement d’un modèle économique associant agriculture et tourisme, Do Phu Chinh a été distingué en 2026 parmi les « agriculteurs vietnamiens exemplaires des 40 années du Renouveau ». Son parcours illustre le potentiel d’une agriculture multifonctionnelle, qui contribue à préserver l’identité locale, à créer des moyens de subsistance et à promouvoir un développement rural moderne et respectueux de l’environnement.