Riz à faibles émissions : un nouvel avantage compétitif pour les exportations vietnamiennes

Grâce à ses atouts répondant aux exigences les plus élevées en matière de sécurité alimentaire, de résidus de pesticides et de responsabilité environnementale, le riz à faibles émissions s’impose progressivement comme un nouvel avantage compétitif pour les exportations vietnamiennes.

Cette catégorie de produits offre également des perspectives prometteuses en termes de valeur ajoutée et de conquête de nouveaux marchés.

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Modèle de production rizicole de haute qualité et à faibles émissions dans le delta du Mékong. (Photo : VGP/LS).

Les prix du riz progressent grâce au segment haut de gamme

Selon l’Association vietnamienne de l’alimentation (VFA), les prix du riz exporté par le Vietnam connaissent une reprise soutenue depuis début mai 2026, portée par le retour de la demande internationale, notamment sur le segment du riz de qualité supérieure.

Le riz Jasmine vietnamien est actuellement proposé entre 513 et 517 dollars la tonne, soit une hausse d’environ 30 dollars par rapport au mois précédent. Le riz parfumé à 5 % de brisures se négocie quant à lui entre 510 et 520 dollars la tonne, en progression de 25 à 30 dollars.

Le riz ST25 continue notamment de consolider sa position sur le segment premium, avec un prix à l’exportation avoisinant 1 200 dollars la tonne, soit plusieurs fois celui du riz blanc ordinaire. Ce niveau de prix reflète la valeur ajoutée croissante des variétés de riz vietnamiennes haut de gamme sur les marchés internationaux.

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Le riz ST25 à faibles émissions affiche des prix élevés sur le marché. (Photo : gaongonnhat.vn)

Parallèlement à cette amélioration des prix, la structure des exportations vietnamiennes évolue sensiblement. Aujourd’hui, près de 89 % des exportations de riz concernent des produits de haute qualité, dont 60 à 70 % de riz parfumés et de riz de spécialité. Des variétés telles que ST24, ST25 ou Japonica, ainsi que d’autres marques premium, ont progressivement pénétré des marchés exigeants comme l’Union européenne, les États-Unis et le Japon.

Selon le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, le principal avantage concurrentiel du Vietnam réside aujourd’hui dans sa capacité à fournir de manière stable des riz de qualité supérieure, notamment des riz parfumés et des riz à texture tendre, particulièrement appréciés sur de nombreux marchés asiatiques.

Face à l’Inde, le Vietnam se distingue clairement sur le segment des riz parfumés et de qualité supérieure. Comparé à la Thaïlande, il bénéficie d’une plus grande flexibilité en matière d’approvisionnement, de prix et de réactivité aux commandes. Outre les variétés traditionnelles, les produits associés aux critères de développement durable gagnent également en visibilité.

Plus d’un an après l’expédition vers le Japon du premier lot de « riz vietnamien vert à faibles émissions », quelque 70 000 tonnes ont déjà été commercialisées sur les marchés internationaux. Ce résultat confirme le potentiel de croissance des produits conciliant qualité élevée et respect de l’environnement.

De nombreuses études de marché montrent que les consommateurs sont prêts à payer davantage pour des produits garantissant qualité, sécurité alimentaire et durabilité. Cette tendance constitue un levier important pour renforcer la compétitivité des riz haut de gamme vietnamiens dans un marché mondial de plus en plus segmenté.

Le numérique au service d’une croissance durable

Selon le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, les premiers résultats du projet de développement d’un million d’hectares de riziculture de haute qualité, lancé il y a deux ans, sont particulièrement encourageants. Les superficies concernées atteignent déjà 354 839 hectares, soit 197 % de l’objectif initial fixé à 180 000 hectares pour la première phase.

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Récolte de riz à faibles émissions dans la ville de Can Tho. (Photo : Ca Linh)

L’ensemble des exploitations participantes applique des techniques de production avancées : utilisation à 100 % de semences de qualité supérieure, réduction de 30 à 50 % des quantités semées, baisse d’environ 30 % des engrais azotés et diminution de deux à trois traitements phytosanitaires par cycle de culture.

À ce jour, 7 493 hectares ont obtenu la certification VietGAP, 246 hectares sont certifiés biologiques et 5 659 hectares répondent aux normes de sécurité alimentaire. Ces évolutions permettent non seulement de réduire les coûts de production, mais aussi d’améliorer sensiblement les revenus des riziculteurs, en hausse de plus de 14 % par rapport aux méthodes traditionnelles.

L’Association vietnamienne de la filière rizicole (VIETRISA) a par ailleurs accordé à huit entreprises le droit d’utiliser la marque certifiée « Riz vietnamien vert à faibles émissions », couvrant une superficie totale de 18 048 hectares.

Pour Do Ha Nam, président de la VFA, la demande mondiale de riz de qualité supérieure continue de progresser, alors même que le Vietnam ne dispose pas encore de volumes suffisants pour répondre pleinement aux besoins du marché.

Selon lui, il est donc nécessaire d’accélérer le développement des produits à forte valeur ajoutée, en particulier du riz à faibles émissions. Cette orientation répond non seulement aux nouvelles attentes des consommateurs internationaux, mais contribue également à concrétiser l’engagement du Vietnam en faveur de la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Abordant les perspectives du secteur, l’expert agricole Hoàng Trọng Thủy estime que le recours aux technologies numériques dans la gestion de la production constitue un pilier essentiel du projet d’un million d’hectares de riziculture de haute qualité et ouvre la voie à une meilleure intégration du riz vietnamien sur les marchés haut de gamme.

Pour réussir, la clé réside dans la transparence des procédures de certification. Les autorités, les coopératives et les producteurs doivent s’engager à appliquer rigoureusement les normes établies afin de préserver la crédibilité de la marque. Il est également nécessaire d’harmoniser rapidement les systèmes nationaux de certification avec les standards internationaux afin de réduire les coûts liés au recours à des organismes étrangers et de renforcer la compétitivité du secteur.

Maintenir la position du Vietnam sur le segment du riz de haute qualité, en particulier celui du riz à faibles émissions, revêt une importance stratégique dans un contexte de concurrence mondiale de plus en plus intense. Il ne s’agit pas seulement d’accroître la valeur des exportations, mais aussi de jeter les bases d’une véritable marque nationale pour le riz vietnamien.

​Do Ha Nam, président de l’Association vietnamienne de l’alimentation (VFA).

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