L'économie vietnamienne est sur la bonne voie

Selon Vanne Khut, économiste au Bureau de recherche macroéconomique ASEAN+3 (AMRO), l'économie vietnamienne est sur la bonne voie grâce à un secteur manufacturier solide, tourné vers l'exportation, à des flux stables d'investissements directs étrangers (IDE) et à une demande intérieure positive.

Le Vietnam bénéficie d'une forte intégration aux chaînes d'approvisionnement mondiales ainsi que d'une demande stable en provenance des principaux marchés. Photo : baodautu.vn
Le Vietnam bénéficie d'une forte intégration aux chaînes d'approvisionnement mondiales ainsi que d'une demande stable en provenance des principaux marchés. Photo : baodautu.vn

Malgré les incertitudes économiques mondiales, le Vietnam conserve sa position parmi les économies à la croissance la plus rapide de la région ASEAN. Selon Vanne Khut, économiste au Bureau de recherche macroéconomique ASEAN+3 (AMRO), l'économie vietnamienne est sur la bonne voie grâce à un secteur manufacturier solide, tourné vers l'exportation, à des flux stables des IDE et à une demande intérieure positive. Cependant, pour maintenir une croissance élevée à long terme, le Vietnam doit poursuivre des politiques prudentes tout en accélérant les réformes structurelles et en améliorant la productivité.

​Dans un contexte économique mondial confronté à de nombreux défis, tels que l'affaiblissement de la demande mondiale, la montée des tensions géopolitiques et les incertitudes du commerce international, l'économie vietnamienne a tout de même enregistré un taux de croissance de 7,83 % au premier trimestre 2026. Ce résultat remarquable confirme la résilience et la capacité d'adaptation de l'économie. Selon Vanne Khut, bien qu'inférieur à l'objectif, ce taux de croissance reste assez solide compte tenu d'un contexte international moins favorable qu'au cours des années précédentes. Le Vietnam demeure parmi les économies à la croissance la plus rapide de l'ASEAN grâce à la dynamique de son secteur manufacturier tourné vers l'exportation et à l'afflux stable des IDE.

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Vanne Khut, économiste au Bureau de recherche macroéconomique ASEAN+3 (AMRO)

Elle estime que des facteurs externes défavorables, notamment les incertitudes liées aux conflits au Moyen-Orient, le recul de la demande mondiale et le resserrement des conditions financières internationales, exercent une pression sur le commerce et l'investissement. Cela affecte clairement les économies très ouvertes comme celle du Vietnam.

La dynamique de croissance demeure forte

Malgré une prévision de ralentissement potentiel de la croissance vietnamienne à environ 7,2 % en 2026-2027 après une forte croissance de 8,02 % en 2025, AMRO maintient une évaluation positive des perspectives économiques à moyen terme.

Selon les experts d'AMRO, la principale raison du ralentissement prévu réside dans la dégradation de la conjoncture internationale. Une croissance américaine plus faible que prévu, le risque de nouvelles perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales et la hausse des prix de l'énergie due aux conflits géopolitiques devraient peser sur l'activité économique au cours de la période à venir.

Cependant, les principaux moteurs de croissance du Vietnam demeurent intacts.

Premièrement, le secteur manufacturier tourné vers l'exportation continue de jouer un rôle prépondérant, notamment dans les secteurs de l'électronique et de la mécanique. Le Vietnam bénéficie d'une forte intégration aux chaînes d'approvisionnement mondiales ainsi que d'une demande stable en provenance des principaux marchés.

Deuxièmement, les IDE restent élevés grâce à des coûts de main-d'œuvre compétitifs, à des infrastructures en constante amélioration et à la diversification des chaînes d'approvisionnement des entreprises internationales. Le Vietnam demeure ainsi une destination attractive pour les investisseurs étrangers.

Troisièmement, la demande intérieure reste relativement forte. Des politiques de soutien telles que la réduction de la TVA, l'augmentation des investissements publics et la reprise du tourisme et des services ont contribué à stimuler la consommation et l'activité économique. Des mesures fiscales temporaires ont également permis d'atténuer l'impact de la hausse des prix mondiaux de l'énergie.

Il convient de noter que la demande de produits électroniques à l'exportation devrait rester positive grâce à la vague d'investissements dans l'intelligence artificielle (IA) et les centres de données à l'échelle mondiale. Ce facteur contribue à atténuer l'impact du ralentissement économique mondial.

Défis liés à l'extérieur

En tant qu'économie très ouverte, le Vietnam est inévitablement affecté par les fluctuations mondiales.

Selon Vanne Khut, le ralentissement de la croissance chez ses principaux partenaires commerciaux pourrait réduire la demande de produits d'exportation clés tels que l'électronique, les machines et les textiles. De plus, la hausse des prix de l'énergie et le risque de perturbations de l'approvisionnement en carburant pourraient accroître les coûts de production, impactant les bénéfices des entreprises et engendrant des pressions inflationnistes.

Un autre risque provient de l'incertitude croissante des politiques commerciales internationales. Les modifications tarifaires ou les fluctuations des relations commerciales entre les grandes économies pourraient inciter les entreprises à la prudence dans leurs décisions d'investissement, affectant ainsi le rythme d'expansion de la production et l'attractivité des IDE.

Cependant, l'experte d'AMRO estime également que le Vietnam peut continuer à tirer profit de la tendance à la restructuration et à la diversification des chaînes d'approvisionnement mondiales. Alors que les entreprises internationales recherchent des sites de production plus stables et plus sûrs, le Vietnam dispose encore de nombreuses opportunités pour attirer davantage d'investissements et accroître ses capacités de production.

Un équilibre harmonieux entre croissance et stabilité est nécessaire

Pour atteindre des objectifs de croissance élevés dans la période à venir, notamment des objectifs de croissance à deux chiffres, AMRO estime que le Vietnam doit mettre en œuvre une combinaison de politiques équilibrées qui favorise la croissance tout en assurant la stabilité macroéconomique.

À court terme, il convient de maintenir des politiques de soutien pour préserver la dynamique de croissance. Cependant, la recherche d'une forte croissance ne doit pas se faire au détriment de la stabilité économique et financière.

Concernant la politique monétaire, Vanne Khut recommande de poursuivre une approche accommodante, mais prudente, en évitant de dépendre excessivement d'une croissance rapide du crédit. Il est essentiel d'accorder une plus grande attention à la qualité du crédit, notamment dans le secteur immobilier, afin de garantir la sécurité du système financier.

Parallèlement, la politique budgétaire dispose d'une marge de manœuvre importante pour soutenir la croissance. Accélérer le décaissement et la mise en œuvre des grands projets d'infrastructure permettra non seulement de dynamiser la croissance à court terme, mais aussi de contribuer à lever les goulets d'étranglement des capacités de production à long terme. Dans le même temps, des mesures de soutien ciblées, telles que des réductions de TVA ou des subventions sur les coûts de l'énergie, doivent être mises en œuvre avec souplesse afin de maintenir la demande intérieure.

À long terme, AMRO souligne le rôle crucial des réformes structurelles. Par conséquent, le renforcement des liens entre les entreprises nationales et le secteur des IDE, la promotion de l'innovation, l'amélioration de la productivité du travail et l'accélération des transferts de technologie contribueront à créer des moteurs de croissance plus durables pour le Vietnam.

« Le Vietnam est sur la bonne voie », a déclaré Vanne Khut, ajoutant que l'économie dispose encore de nombreux atouts pour maintenir des taux de croissance élevés dans les années à venir, à condition de poursuivre des politiques de stabilité macroéconomique, d'utiliser efficacement les investissements publics et d'accélérer les réformes visant à renforcer sa compétitivité.

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