Le Plan national révisé de développement de l’électricité pour la période 2021-2030, avec une vision jusqu’en 2050 (NPDP 8 révisé) identifie le développement des systèmes de stockage d’énergie comme une solution clé pour exploiter efficacement l’énergie éolienne et solaire, renforcer la sécurité énergétique et réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Le NPDP 8 révisé identifie le développement des énergies renouvelables comme l’un des piliers de la transition énergétique.
D’ici 2030, les énergies renouvelables (hors hydroélectricité) devraient représenter environ 28 à 36% de la capacité totale de production d’électricité ; la production d’énergie solaire à elle seule devrait atteindre 46.459 à 73.416 MW.
Parallèlement, le développement des solutions de stockage d’énergie, notamment les systèmes de stockage par batteries et les stations de pompage-turbinage, est prévu à une échelle de 10.000 à 16.300 MW, jetant ainsi les bases d’un réseau électrique plus flexible.
D’après les experts, le développement de l’énergie éolienne et solaire contribue non seulement à diversifier les sources d’approvisionnement, mais aussi à réduire progressivement la dépendance au charbon et aux combustibles fossiles, secteurs fortement émetteurs de gaz à effet de serre.
Toutefois, l’augmentation de la part des énergies renouvelables pose de nouveaux défis au système électrique, la production d’électricité étant tributaire des conditions météorologiques.
En réalité, la production d’énergie solaire est généralement maximale en milieu de journée, tandis que la demande d’électricité connaît un pic en soirée.
Ce décalage entre production et consommation contraint de nombreux projets à réduire leur production lorsque le réseau ne peut absorber toute l’électricité produite.
Cela diminue non seulement la rentabilité des investissements, mais limite aussi la possibilité de remplacer les sources d’énergie fortement polluantes.
Si les systèmes électriques traditionnels fonctionnaient selon le principe de la consommation d’électricité au fur et à mesure de sa production, les technologies de stockage d’énergie permettent désormais d’emmagasiner l’électricité excédentaire issue de sources renouvelables et de la redistribuer en période de forte demande, permettant ainsi une utilisation plus efficace des énergies propres, tout en réduisant la dépendance aux sources d’énergie traditionnelles lors des pics de consommation.
Trân Quôc Tâm, directeur général de la Compagnie par actions mécanique & électrique Liên Thành Vietnam (LITHACO), a estimé que les systèmes de stockage d’énergie par batterie (BESS) peuvent être comparés à la «mémoire» du réseau électrique.
Les BESS permettent de stocker l’électricité produite lors d’une demande moins forte sur le réseau pour la redistribuer quand la demande est plus importante. Elles contribuent ainsi à sécuriser et à fiabiliser le réseau.
Cette solution est complémentaire au développement des énergies renouvelables : elle aide à répondre à leur variabilité, en lissant l’injection de la production dans la journée.
Grâce au nouveau cadre juridique, la technologie des BESS devrait devenir le pilier de la transition énergétique et de la réalisation de l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050.
Les experts ont prédit que la demande d’électricité au Vietnam continuera d’augmenter fortement dans les années à venir, parallèlement au développement des centres de données, de l’intelligence artificielle (IA), des véhicules électriques et des industries de haute technologie.
Dans ce contexte, des investissements synchronisés dans la production d’électricité, les réseaux et les systèmes de stockage seront déterminants pour assurer la sécurité énergétique et réduire les émissions, conformément aux objectifs de croissance verte.
Vers un écosystème énergétique circulaire
Outre son rôle dans l’amélioration de l’efficacité de l’utilisation des énergies propres, le stockage d’énergie est également considéré comme un maillon essentiel du développement d’une économie bas carbone.
Lorsque les sources d’énergie renouvelables sont stockées et utilisées plus efficacement, la quantité d’électricité à mobiliser auprès des centrales thermiques diminue, contribuant ainsi à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à limiter leur impact environnemental.
Lors du séminaire «La batterie : le pétrole du XXIe siècle ?», qui s’est tenu récemment à Hô Chi Minh-Ville, des experts ont souligné que les technologies de stockage d’énergie deviennent progressivement un élément essentiel des systèmes énergétiques modernes.
Si l’énergie éolienne et solaire produisent une électricité propre, le stockage d’énergie constitue une solution permettant d’utiliser cette électricité au moment opportun, améliorant ainsi l’efficacité des investissements et réduisant le gaspillage des ressources.
Selon le prof. associé-Dr Nguyên Trung Kiên, de l’Université polytechnique de l’Université nationale du Vietnam à Hô Chi Minh-Ville, les batteries lithium-fer-phosphate (LFP) ont gagné en popularité ces dernières années grâce à leur longue durée de vie d’environ 15 à 20 ans, leur sécurité élevée et leur adaptabilité économique aux systèmes de grande taille.
Cependant, avec le développement du marché, la recherche de nouvelles technologies de batteries, la réduction de la dépendance aux matières premières stratégiques et l’amélioration du recyclage deviendront une tendance incontournable.
Les experts ont estimé que le développement des BESS ne doit pas se limiter à l’installation d’équipements, mais prendre en compte l’ensemble du cycle de vie du produit.
La construction d’un système de récupération et de recyclage des batteries en fin de vie permettra de récupérer des matériaux tels que le lithium, le fer, l’aluminium et le cuivre, réduisant ainsi le besoin d’extraction de nouvelles ressources, limitant la production de déchets et instaurant progressivement une chaîne de production-utilisation-recyclage selon un modèle d’économie circulaire.
Parallèlement aux progrès technologiques, le cadre juridique du stockage d’énergie se complète progressivement.
Le décret n°243/2026/ND-CP du 26 juin 2026, promulgué par le gouvernement, a établi un cadre juridique pour les BESS et ouvre la voie à leur combinaison avec l’autoproduction et l’autoconsommation d’énergie solaire photovoltaïque en toiture.
Cette évolution devrait dynamiser le marché du stockage d’énergie, améliorer l’efficacité de l’utilisation des énergies propres et réduire la pression sur le réseau électrique national.
Dans le contexte de la poursuite d’une croissance verte et d’un objectif de neutralité carbone d’ici 2050, l’investissement dans le stockage de l’énergie est non seulement crucial sur le plan technologique ou en matière de sécurité énergétique, mais contribue également à une utilisation efficace des ressources, à la réduction de l’impact environnemental et à l’expansion du potentiel des énergies renouvelables.
Il s’agit là d’un fondement essentiel pour bâtir un système énergétique à faibles émissions au service du développement économique durable dans les décennies à venir.