Le Vietnam se rapproche ainsi d’une intégration plus poussée dans la chaîne de valeur mondiale, au-delà de son rôle traditionnel de simple fournisseur de ressources.
Dans un communiqué publié le 26 mars, Lynas a indiqué que les deux groupes avaient signé un accord-cadre, première étape vers un partenariat à long terme. Celui-ci porterait sur la transformation de métaux de terres rares au sein d’une nouvelle installation industrielle que LS Eco Energy prévoit de construire au Vietnam.
L’usine aurait pour mission de convertir des oxydes de terres rares en métaux. Ces derniers constituent une matière première indispensable à la fabrication d’aimants permanents, utilisés notamment dans les moteurs de véhicules électriques, les robots, les équipements électroniques ou encore les éoliennes.
Le projet permettrait également à Lynas d’élargir son offre, avec des métaux comme le NdPr, ainsi que certaines terres rares dites lourdes, telles que le samarium, le dysprosium et le terbium.
La production de samarium métallique devrait constituer la première étape du développement.
En décembre 2025, LS Eco Energy, filiale du groupe LS Cable & System, avait approuvé un investissement d’environ 28,5 milliards de wons (près de 21 millions de dollars) destiné à la mise en place d’infrastructures de production au Vietnam.
L’objectif affiché est de bâtir une chaîne de valeur intégrée, allant des matières premières et des oxydes jusqu’aux métaux raffinés et aux produits en aval, comme les aimants permanents.
Selon le schéma envisagé, les oxydes de terres rares seraient fournis par des groupes miniers internationaux, puis transformés en métaux dans les installations vietnamiennes de LS Eco Energy. Les produits finis seraient ensuite fabriqués au sein du réseau international de LS Cable & System.
Le groupe prévoit notamment d’implanter une unité de raffinage à Hô Chi Minh-Ville. Son directeur général, Lee Sang Ho, estime que cette expansion marque un tournant stratégique. L’entreprise entend se repositionner, passant du secteur des câbles à celui des matériaux stratégiques, les terres rares étant perçues comme un levier de croissance à long terme.
Aujourd’hui, la Chine domine largement la chaîne d’approvisionnement mondiale des terres rares, de l’extraction à la transformation.
Dans ce contexte, le rapprochement entre Lynas, l’un des principaux producteurs hors de Chine, et LS Eco Energy illustre l’émergence progressive du Vietnam comme un nouvel acteur, en particulier dans les activités de transformation et de production de métaux.
D’après les données du U.S. Geological Survey (USGS), le Vietnam disposerait d’environ 22 millions de tonnes de terres rares, ce qui en fait le deuxième détenteur mondial.
Une grande partie de ces ressources reste toutefois peu exploitée, en raison de capacités technologiques encore limitées.