Alors que le Vietnam accélère sa croissance et poursuit la transformation de son économie, le secteur privé affirme de plus en plus son rôle central dans la production, l’investissement et l’innovation. Le PCI 2025 montre que l’amélioration de l’environnement des affaires constituera le socle permettant aux entreprises d’élargir leurs investissements, de s’intégrer plus profondément aux chaînes de valeur et de contribuer à une croissance durable.
Une étape marquante
Selon Hô Sy Hung, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam (VCCI), le PCI, né d’une initiative pionnière, est devenu un indicateur de référence accompagnant les collectivités locales dans leurs efforts pour renforcer leur compétitivité et soutenir le développement du secteur privé, désormais reconnu comme l’un des principaux moteurs de l’économie nationale.
Le Rapport sur l’économie privée vietnamienne et le PCI 2025 ont été publiés à un moment où le Vietnam entre dans une phase de réformes profondes, avec l’ambition d’atteindre une croissance élevée et de renforcer sa compétitivité nationale.
« Le rapport de cette année est publié à un moment particulièrement significatif, alors que le Vietnam entre dans une nouvelle ère de développement avec l’objectif d’atteindre un taux de croissance du PIB à deux chiffres à partir de 2026.
Cet objectif s’accompagne de trois réformes simultanées sans précédent : la réduction du nombre d’unités administratives provinciales de 63 à 34 provinces et villes, la transition vers un modèle d’administration locale à deux niveaux et l’institutionnalisation de la Résolution no 68-NQ/TW du Bureau politique, qui reconnaît pour la première fois l’économie privée comme “l’un des moteurs les plus importants” de l’économie », a déclaré Hô Sy Hung.
Selon le rapport, le secteur privé occupe une position dominante en nombre, représentant 96,6 % des entreprises en activité au Vietnam. Avec plus d’un million d’entreprises, il constitue la véritable colonne vertébrale de l’économie. Cependant, derrière ce chiffre impressionnant se cache une réalité préoccupante : la solidité interne de ce secteur demeure limitée.
Plus de 80 % des entreprises comptent moins de 50 salariés et plus de 70 % disposent d’un capital social inférieur à 10 milliards de dôngs. Cette prédominance des très petites et petites entreprises rend les acteurs privés vietnamiens particulièrement vulnérables aux chocs du marché.
Le rapport souligne également qu’après plusieurs années, les difficultés d’accès au financement ne constituent plus la principale préoccupation des entreprises. Désormais, 60,2 % d’entre elles considèrent que leur plus grand défi est la recherche de clients. La baisse de la demande est devenue un obstacle direct, particulièrement sévère dans l’industrie manufacturière (64,4 %) ainsi que dans les secteurs de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche (60,4 %).
En matière d’innovation et de gouvernance, seuls 8,8 % des entreprises déclarent développer de nouveaux produits, tandis que la majorité (92,6 %) fonctionne encore selon un modèle où le propriétaire assure lui-même la gestion familiale de l’entreprise, ce qui limite sa professionnalisation et son potentiel de croissance.
Le rapport met également en évidence les difficultés rencontrées par les ménages commerciaux et les réticences à leur transformation en entreprises formelles. Les obligations fiscales, la complexité des procédures comptables et la fréquence des inspections administratives sont perçues comme des contraintes qui dépassent les avantages potentiels de cette transition.
À partir de ces constats, M. Tuan recommande plusieurs mesures prioritaires pour renforcer le secteur privé : faciliter l’accès aux capitaux grâce à des canaux de financement diversifiés, accroître la transparence et la stabilité des politiques publiques afin de renforcer la confiance des investisseurs, encourager l’innovation, soutenir la transformation numérique et créer des conditions favorables à la transition durable des ménages commerciaux vers le statut d’entreprise.
Les entreprises privées au service de la compétitivité nationale
Dans le nouveau contexte économique, la compétitivité nationale dépend de plus en plus de la qualité et de l’envergure des entreprises qui animent l’économie, en particulier les entreprises privées. Leur succès ne se mesure plus uniquement par le chiffre d’affaires, les bénéfices ou la croissance, mais également par leur capacité d’innovation, leur participation aux chaînes de valeur et leur contribution au développement durable, autant d’éléments fondamentaux de la compétitivité économique.
Lors de la présentation du Rapport sur l’économie privée vietnamienne et du PCI 2025, Nguyên Duy Hung, représentant du groupe Tân Hiêp Phat, a souligné que les entreprises n’attendent pas de privilèges particuliers, mais un cadre réglementaire clair, transparent et appliqué de manière cohérente.
Tan Hiep Phat poursuit ses investissements de plusieurs centaines de millions de dollars dans les technologies de production modernes afin de promouvoir l’innovation, la transition écologique et le renforcement de la compétitivité des entreprises vietnamiennes.
Selon le représentant du groupe, l’élément le plus important n’est pas l’existence de mesures de soutien ponctuelles, mais la mise en place d’un environnement des affaires stable, prévisible et équitable, dans lequel les droits de propriété et la liberté d’entreprendre sont protégés et où les procédures administratives sont simplifiées et appliquées de manière uniforme du niveau central au niveau local.
Le principal obstacle aujourd’hui ne réside pas dans les orientations politiques, mais dans leur mise en œuvre. Les divergences d’interprétation des réglementations, les retards dans le traitement des dossiers ou encore la lourdeur de certaines procédures peuvent faire perdre aux entreprises des opportunités de développement.
« Les réformes doivent être évaluées au niveau local, là où les entreprises sont quotidiennement en contact avec l’administration », a souligné le représentant du groupe.
À l’inverse, lorsque l’environnement des affaires s’améliore, les entreprises sont davantage enclines à investir, à accroître leurs capacités de production et à s’intégrer plus profondément aux chaînes de valeur mondiales. Selon Tân Hiêp Phat, des signaux positifs, tels que l’amélioration des perspectives de notation souveraine du Vietnam, la croissance du tourisme ou encore l’augmentation des investissements directs étrangers témoignent de l’attractivité croissante du pays.
« Là où les conditions sont favorables, les investisseurs affluent. Lorsque la confiance se renforce, les capitaux, les technologies et les talents suivent naturellement », a affirmé Nguyen Duy Hung.
À travers son expérience, Tan Hiep Phat illustre la manière dont une entreprise privée peut contribuer au renforcement de la compétitivité nationale. Le groupe poursuit une stratégie fondée sur l’innovation et la transformation vers un modèle de production plus vert, circulaire et durable, malgré les coûts élevés et les exigences strictes en matière de qualité, de technologie et d’environnement.
Plutôt que de considérer cette transition comme une contrainte, l’entreprise la voit comme une clé stratégique lui permettant de renforcer durablement sa compétitivité, d’élargir ses marchés et d’accroître la valeur de ses exportations. Depuis plus de trente ans, ses investissements continus dans les technologies modernes et l’application de normes internationales ont permis non seulement d’améliorer la qualité de ses produits à des prix accessibles aux consommateurs vietnamiens, mais aussi d’élever les standards de l’ensemble du secteur.
Cette dynamique se poursuit à travers des projets d’investissement d’envergure. Récemment, l’entreprise a collaboré avec des partenaires technologiques de premier plan et investi 100 millions de dollars supplémentaires dans ses lignes de production de boissons.
Parmi les innovations mises en œuvre figure un nouveau design de goulot de bouteille permettant de réduire jusqu’à 35 % le poids par rapport au modèle le plus léger actuellement disponible sur le marché vietnamien. Parallèlement, un système de fabrication de préformes PET utilisant des technologies de pointe permet de produire des emballages plus fins, plus légers et entièrement compatibles avec l’utilisation de plastique recyclé (rPET). L’adoption de bouchons solidaires conformes aux normes européennes contribue également à l’évolution technologique du secteur et au renforcement des exigences environnementales applicables aux emballages à usage unique.
Ces initiatives démontrent que les entreprises privées ne se contentent pas d’améliorer leurs propres performances : elles diffusent également de nouveaux standards à l’ensemble du secteur, contribuant ainsi directement à la compétitivité de l’économie nationale.
Le Rapport sur l’économie privée 2025 ne se limite donc pas à une compilation de statistiques. Il rappelle qu’afin que le secteur privé devienne véritablement l’un des moteurs essentiels de l’économie, un engagement plus fort et plus concret des autorités à tous les niveaux est nécessaire pour bâtir un écosystème entrepreneurial transparent et favorable à l’innovation, où les réformes ne restent pas théoriques, mais se traduisent dans l’expérience quotidienne des entreprises.
Dès 2014, alors que le concept d’économie circulaire était encore peu répandu au Vietnam, Tan Hiep Phat avait déjà mis en œuvre le modèle des « 3R » (réduction, réutilisation, recyclage) dans sa chaîne de production.
Au cours des dix années de déploiement de ce modèle (2014-2023), l’entreprise a réduit de plus de 70 000 tonnes ses déchets plastiques, diminué sa consommation d’électricité de 40 % et réduit de 50 % sa consommation d’eau grâce à des systèmes de récupération et de recyclage. Rien qu’en 2025, elle a encore réduit sa consommation de 4,866 millions de kWh d’électricité et de 423 000 m³ d’eau. L’entreprise poursuit ses efforts afin de contribuer à l’objectif vietnamien de neutralité carbone (Net Zero).
Ces actions concrètes témoignent non seulement de la responsabilité environnementale de l’entreprise, mais participent également à la transformation du secteur manufacturier vers un modèle d’économie circulaire et de développement durable, renforçant ainsi la compétitivité à long terme de l’économie vietnamienne.