L’ÉCOSYSTÈME DES START-UP VIETNAMIENNES ATTIRE DE NOUVEAUX FLUX DE CAPITAUX

Le Vietnam s’affirme comme une destination attrayante pour les start-ups, grâce à l'amélioration de la qualité des fondateurs, à des niveaux de valorisation plus raisonnables et à l'émergence de nouvelles vagues technologiques.

Photo" baodautu
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Vy Lê, cofondatrice et PDG de Do Ventures – un fonds de capital-risque axé sur les start-up technologiques en phase de démarrage et de croissance en Asie du Sud-Est – a déclaré que le Vietnam est désormais un marché de premier plan pour les investisseurs en quête d'entreprises dotées d'une dynamique de croissance réelle et d'un potentiel à long terme.

Selon elle, si l'année 2021 a été marquée par des valorisations gonflées suivant la tendance générale, les start-ups qui survivent ou qui entrent actuellement sur le marché sont portées par des équipes véritablement sérieuses et dotées d'une meilleure capacité d'adaptation. « Les entreprises se concentrent sur la création d'une valeur réelle, saisissent des opportunités concrètes et font preuve d'une meilleure résilience face à la pression qu'auparavant », a-t-elle observé.

Elle a souligné également que la levée de fonds n'était qu'un point de départ et non une finalité. En réalité, mobiliser des capitaux sur la base d'une valorisation excessive alors que la croissance ne suit pas les attentes constitue un défi majeur, mettant de nombreuses entreprises en difficulté lors des cycles de financement suivants.

Cette tendance ne concerne pas seulement le Vietnam, mais est également courante sur des marchés tels que l'Indonésie ou Singapour. Toutefois, Vy Lê a indiqué que le fait que les start-ups vietnamiennes ne lèvent pas de fonds à une échelle aussi « gigantesque » que certaines entreprises de la région s’avère parfois être « la chance dans le malheur ».

« Mobiliser trop de capitaux implique une pression de croissance énorme. Si les attentes ne sont pas comblées, l'entreprise tombe facilement dans une spirale de déclin et peine à poursuivre ses levées de fonds. À l'inverse, de nombreuses start-up vietnamiennes, en levant des montants modérés, parviennent à maintenir une croissance plus stable », a-t-elle ajouté.

Les faits montrent que les cycles de financement massifs, accompagnés de dépenses importantes en marketing – notamment en publicité numérique – profitent parfois davantage aux plateformes publicitaires qu'aux start-up elles-mêmes. Lorsque l'efficacité financière n'est pas au rendez-vous, la capacité à mobiliser des fonds ultérieurs s'en trouve limitée.

D'un autre point de vue, Giang Nguyen, fondatrice et PDG de Tititada, estime que malgré de nombreux progrès, l'écosystème entrepreneurial vietnamien n'est pas encore véritablement intégré ni soudé.

Avant de se lancer dans l'entrepreneuriat, elle a travaillé dans le secteur de la banque d'investissement et a conseillé de nombreuses opérations de levée de fonds, ce qui lui confère une vision multidimensionnelle. Selon elle, un écosystème complet nécessite une connexion étroite entre les fondateurs, les programmes d'accélération, les grandes entreprises, ainsi qu'un rôle de soutien de la part du gouvernement et un cadre juridique favorable. Cependant, ces composantes au Vietnam demeurent actuellement fragmentées et les liens entre elles restent lâches.

Ces dernières années, les activités de levée de fonds des start-up vietnamiennes sont passées d'une croissance quantitative à une priorité donnée à la qualité. Les investisseurs étrangers s'intéressent de plus en plus au marché, non seulement pour la taille de sa population et son potentiel de consommation, mais aussi pour la capacité d'innovation et l'esprit entrepreneurial de la jeune génération.

Néanmoins, l'écosystème fait toujours face à des obstacles structurels. L'un des défis majeurs est la pénurie de personnel de haute qualité possédant une expérience internationale. De nombreuses start-up tentent d'y remédier en attirant des experts étrangers ou en appelant les talents vietnamiens de l'étranger à revenir au pays.

En outre, des facteurs tels que l'environnement juridique, la mobilité transfrontalière et la coordination entre les organisations de soutien ne se sont pas encore développés à la hauteur des écosystèmes matures. Ces limites pourraient constituer des freins pour les start-ups dans leur processus d'expansion et d'accès aux capitaux internationaux.

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