Le secteur manufacturier du Vietnam a enregistré en mars des signes de ralentissement de sa croissance, sous l’effet d’une forte pression sur les coûts d’approvisionnement, principalement liée au conflit au Moyen-Orient.
Cette conjoncture a entraîné une hausse des prix de vente des produits au rythme le plus rapide en près de 15 ans, affaiblissant ainsi la demande et l’activité productive.
Selon l’indice des directeurs d’achat (PMI) de S&P Global, le score de mars s’est établi à 51,2 points, contre 54,3 le mois précédent.
Bien qu’au-dessus du seuil de 50 - signe d’une amélioration des conditions commerciales - il s’agit de la progression la plus faible depuis septembre 2025.
L’enquête souligne l’impact majeur des tensions géopolitiques sur les cours du pétrole, renchérissant le carburant et la logistique.
Près de la moitié des entreprises ont signalé une hausse des coûts d’approvisionnement, la plus importante depuis avril 2022.
En conséquence, les prix de sortie ont atteint un niveau record depuis le début de la série statistique en 2011.
Cette inflation a pesé sur la demande : si les nouvelles commandes globales progressent légèrement, leur croissance est la plus faible en six mois. La demande internationale s'est nettement essoufflée, avec un recul des exportations.
Parallèlement, la production a ralenti pour atteindre son rythme le plus bas depuis mi-2025. Pour la première fois en huit mois, les achats de matières premières ont diminué.
L'emploi a également reculé pour la première fois en un semestre, tandis que les délais de livraison se sont allongés de manière critique. Le moral des entreprises a chuté à son plus bas niveau en six mois face aux incertitudes régionales.
Andrew Harker, directeur économique chez S&P Global Market Intelligence, a affirmé que ces résultats reflètent les répercussions immédiates des tensions au Moyen-Orient sur un Vietnam dépendant du pétrole importé.
À court terme, les perspectives restent prudentes tant que les perturbations dans les zones stratégiques, notamment le détroit d’Ormuz, ne seront pas résolues.