Le Vietnam s’affirme comme une base de production stratégique en Asie du Sud-Est pour de nombreuses entreprises japonaises. Leurs investissements témoignent de leur engagement à long terme et de leur confiance dans le potentiel de croissance durable du pays et de la région.
Un pilier de la coopération en matière d’investissement
Selon l'Agence vietnamienne de promotion du commerce relevant du ministère de l'Industrie et du Commerce, le Japon compte plus de 5 800 projets en cours au Vietnam, pour un investissement total supérieur à 81 milliards de dollars. Les accords de libre-échange (ALE) facilitent les échanges bilatéraux et renforcent les possibilités de participation des entreprises aux chaînes d’approvisionnement régionales.
Des groupes tels que Honda, Panasonic, Kao Vietnam et Sumitomo continuent de développer leurs activités dans le pays. Parallèlement, une nouvelle vague d’investissements japonais dans les zones industrielles vietnamiennes contribue à accélérer la transition verte de la production, conformément aux tendances du développement durable, grâce à des solutions répondant aux besoins du marché et aux nouvelles exigences.
Le groupe japonais OJI vient ainsi de lancer la construction d’une usine d’emballages en carton aseptiques sous la marque Oji Liquid Pak (OLP), dans la zone de haute technologie de Long Thanh, à Dong Nai. Le projet représente un investissement de 110 millions de dollars et confirme le rôle du Vietnam comme base stratégique de production et d’approvisionnement du groupe en Asie du Sud-Est.
Selon Nguyen Quoc An, vice-directeur du Comité de gestion des zones industrielles et économiques de Dong Nai (DNIEZA), ce type de projet contribue au développement industriel local, au renforcement des capacités de production nationales et à une meilleure intégration du Vietnam dans les chaînes d’approvisionnement régionales.
Le comité s’engage à accompagner les investisseurs et à faciliter la mise en œuvre des projets, conformément à la réglementation.
Kestutis Sliuzas, directeur général d’Oji Liquid Pak, a souligné que l’industrie de l’emballage devait désormais concilier efficacité, sécurité sanitaire des aliments, flexibilité opérationnelle et économie circulaire.
Le projet de l’usine d’Oji Liquid Pak associe ainsi la production d’emballages destinés à l’industrie alimentaire à des activités de recherche et développement, de services techniques, d’installation et de maintenance d’équipements industriels japonais. Il contribue à la création d’un environnement de production moderne, de qualité et à forte valeur ajoutée au sein de la zone industrielle.
Les investissements japonais couvrent également d’autres domaines, notamment la recherche et le développement en sciences naturelles, l’installation et la maintenance d’équipements, ainsi que l’import-export et la distribution de marchandises, conformément à la législation vietnamienne.
À Ho Chi Minh-Ville, Tran Viet Ha, vice-directeur du Comité de gestion des zones franches d’exportation et des zones industrielles (HEPZA), a indiqué que cet organisme s’employait à faciliter le lancement des projets et à simplifier les procédures relatives à la planification et à la construction. Il entend également renforcer le suivi des projets à toutes les étapes, de la préparation de l’investissement à la mise en exploitation.
La résolution n°10-NQ/TW du 8 juin 2026 du Bureau politique sur le développement de l’économie à capitaux étrangers marque une évolution de la politique vietnamienne d’attraction des investissements directs étrangers (IDE).
Le pays accorde désormais une priorité accrue à la qualité des investissements, en privilégiant les technologies avancées, l’innovation, la formation des ressources humaines et le transfert de technologies, dans le but de développer une économie à plus forte valeur ajoutée.
La responsabilité sociale des entreprises
Dans les zones industrielles, notamment à Ho Chi Minh-Ville et à Dong Nai, les autorités accordent une importance croissante aux projets faisant appel à des technologies avancées, générant une forte valeur ajoutée et respectant l’environnement. La responsabilité des entreprises envers les communautés locales occupe également une place grandissante dans cette dynamique.
ONO Masuo, consul général du Japon à Ho Chi Minh-Ville, a souligné que les contributions des entreprises japonaises aux communautés locales contribuaient à resserrer les liens entre les deux pays. Il a notamment cité Kao Vietnam, qui mène depuis 2018 un programme consacré à l’hygiène, à la santé et à l’amélioration de la qualité de vie.
Kao Vietnam a récemment lancé un programme visant à améliorer la santé des travailleuses dans les zones industrielles. Mis en œuvre par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en coordination avec ONU Femmes et les organismes concernés, cette initiative illustre la contribution des entreprises japonaises à la résolution de problèmes sociaux au Vietnam.
Selon ONO Masuo, le Vietnam poursuit ses objectifs de croissance économique à l’horizon 2030 tout en améliorant son cadre institutionnel et ses infrastructures et en accordant une attention accrue aux droits des travailleurs.
Shintaro Yasue, directeur général de Kao Vietnam, a rappelé que l’entreprise, implantée dans le pays depuis 1996, célébrait en 2026 ses 30 ans d’activité. Pour la prochaine étape de son développement, elle entend continuer à créer de la valeur pour les consommateurs, tout en renforçant son engagement social et sa contribution aux communautés locales.