Pour s’imposer sur les marchés mondiaux, elle doit toutefois remédier aux coûts de transport élevés, au manque de coordination des infrastructures et aux limites des entreprises en matière de technologie et d’intégration aux chaînes d’approvisionnement.
Après la fusion administrative, Ho Chi Minh-Ville couvre environ 6 772 km² et compte plus de 14 millions d’habitants. Elle contribue à hauteur d’environ un quart du PIB national et d’un tiers des recettes budgétaires de l’État. Centre majeur de production, de commerce, de services, de logistique et d’import-export, elle relie le Sud-Est et le delta du Mékong aux marchés internationaux.
Au cours des huit premiers mois de 2026, l’indice de production industrielle de la ville a progressé de 10,8 %, tandis que les ventes au détail de marchandises et les recettes des services aux consommateurs ont augmenté de 13,7 %. Les exportations ont atteint 65,83 milliards de dollars, en hausse de 7,82 %, et les importations, 72,69 milliards, en progression de 11,86 %. Les ordinateurs, les produits électroniques et leurs composants ont enregistré le chiffre d’affaires à l’exportation le plus élevé, à 14,5 milliards de dollars.
Le nouvel espace maritime, de Can Gio à Vung Tau et au district spécial de Con Dao, ouvre des perspectives pour le développement d’un écosystème associant ports, industrie et services maritimes. La ville compte 99 postes portuaires, y compris ceux destinés aux activités pétrolières et gazières offshore, soit près d’un tiers du total national. Les complexes portuaires traitent plus de 15 millions d’EVP par an. Une fois le port de transbordement international de Can Gio achevé, la capacité totale de traitement des conteneurs devrait atteindre 32,7 millions d’EVP par an.
Malgré ces atouts, les liaisons entre zones industrielles, ports maritimes, aéroports et centres logistiques restent insuffisamment coordonnées. La congestion aux principaux accès ralentit la circulation des marchandises, augmente les coûts de transport et perturbe les délais de livraison. Les coûts logistiques représentent environ 17 à 18 % du produit régional brut de la ville, contre 8 % à Singapour et 11 % en Malaisie. Les entreprises subissent également les effets des tensions géopolitiques, des fluctuations des prix des carburants, des coûts technologiques et des exigences croissantes en matière de normes, de certification, d’origine des marchandises et d’émissions.
Phan Minh Thong, président du conseil d’administration de la société Phuc Sinh, indique que les coûts logistiques de son entreprise ont atteint, à certaines périodes, 17 milliards de dongs par mois. Avec les frais supplémentaires, ils se sont élevés à environ 22 milliards de dongs, soit plus de la moitié des coûts d’exploitation mensuels.
Selon Tran Phu Lu, vice-directeur du Centre de promotion du commerce et de l’investissement de Ho Chi Minh-Ville, la plupart des entreprises exportatrices sont des petites et moyennes entreprises (PME), dont les ressources restent limitées pour investir dans les technologies, suivre l’évolution des marchés et satisfaire aux normes environnementales. De nombreuses entreprises nationales exploitent également insuffisamment les services logistiques externalisés.
Photo: portcoast.com.vn
Pour remédier à ces difficultés, la ville a adopté un plan d’action mettant en œuvre la stratégie nationale de développement des services logistiques pour 2025-2035, avec une vision à l’horizon 2050. Elle vise à devenir un centre logistique et de transbordement international de premier plan en Asie.
Les priorités comprennent le développement des infrastructures multimodales, notamment les routes périphériques et les autoroutes reliant la ville à Chon Thanh, Moc Bai et Can Tho, ainsi que la planification de nouvelles lignes ferroviaires, dont une reliant l’ancienne province de Binh Duong au complexe portuaire de Cai Mep-Thi Vai.
La ville envisage également une zone de libre-échange liée aux ports internationaux et un système logistique à plusieurs niveaux, couvrant les activités internationales et interrégionales, le transbordement, la distribution et la logistique urbaine.
En parallèle, les projets de « superports numériques » à Cai Mep-Thi Vai et Can Gio sont orientés vers l’utilisation des jumeaux numériques (Digital Twin), du big data et de plateformes de gestion intelligente. Le vice-président du Comité populaire municipal, Nguyen Cong Vinh, souligne que le renforcement de la capacité des entreprises à intégrer les chaînes d’approvisionnement mondiales constitue une priorité.
La ville entend améliorer l’environnement des affaires, soutenir l’innovation technologique, renforcer les capacités de production et aider les entreprises à développer leurs marques et à respecter les normes internationales. La promotion commerciale doit devenir plus professionnelle, moderne et numérique afin d’élargir les marchés d’exportation, de réduire les coûts de transaction et d’améliorer la mise en relation de l’offre et de la demande.
Enfin, la transition verte devient indispensable face aux exigences des marchés d’exportation concernant l’origine des matières premières, les conditions de production et les données sur les émissions. Les entreprises sont appelées à privilégier les énergies propres, les moyens de transport verts et une meilleure gestion des entrepôts afin de réduire les émissions tout au long des chaînes d’approvisionnement.
La ville doit également améliorer la qualité de la main-d’œuvre, aider les PME à satisfaire aux normes internationales et passer d’un soutien à la mise en relation à un accompagnement portant sur la gestion des chaînes d’approvisionnement, la traçabilité et le respect des réglementations propres à chaque marché.