Les exportations agro-sylvicoles et halieutiques accélèrent au second semestre

Malgré les incertitudes du commerce mondial, les exportations vietnamiennes de produits agricoles, forestiers et aquatiques ont maintenu une croissance soutenue au premier semestre 2026, ouvrant des perspectives favorables pour atteindre l'objectif annuel de 73 à 74 milliards de dollars.

Le pamplemousse figure parmi les cinq principales cultures fruitières de la province de Dông Nai. Photo : VNA.
Le pamplemousse figure parmi les cinq principales cultures fruitières de la province de Dông Nai. Photo : VNA.

Malgré les incertitudes persistantes du commerce mondial, les exportations vietnamiennes de produits agricoles, forestiers et aquatiques ont maintenu une dynamique positive au premier semestre 2026, offrant des perspectives favorables pour les derniers mois de l’année.

Les fruits et légumes, les produits aquatiques et le riz continuent de jouer un rôle moteur, même si le secteur doit faire face à la concurrence internationale, aux barrières techniques et aux effets du changement climatique.

Selon la vice-ministre de l’Agriculture et de l’Environnement, Dang Ngoc Diep, les résultats obtenus au cours des six premiers mois de l’année sont encourageants et devraient dépasser les objectifs fixés.

Les exportations agricoles enregistrent traditionnellement une accélération au second semestre grâce à la hausse de la demande sur les principaux marchés à l’approche des fêtes de fin d’année. Le Vietnam vise ainsi un chiffre d’affaires à l’exportation de 73 à 74 milliards de dollars en 2026.

Des produits OCOP de la province d’An Giang sont présentés lors d’une exposition dédiée aux produits OCOP et aux spécialités des provinces du delta du Mékong et d’autres localités du Vietnam. Photo : VNA
Des produits OCOP de la province d’An Giang sont présentés lors d’une exposition dédiée aux produits OCOP et aux spécialités des provinces du delta du Mékong et d’autres localités du Vietnam. Photo : VNA

Le secteur des fruits et légumes demeure l’un des principaux moteurs de cette croissance. Le durian conserve sa position de produit phare grâce à la production en contre-saison et à l’extension des zones de culture agréées pour les exportations officielles vers la Chine. Les exportations de fruits traditionnels, tels que le fruit du dragon, la banane, la mangue et la noix de coco, restent également stables.

L’ouverture de nouveaux marchés renforce cette dynamique. La signature, en avril dernier, d’un protocole entre le Vietnam et la Chine autorisant les exportations officielles de pamplemousses et de citrons devrait créer de nouvelles opportunités pour les producteurs vietnamiens.

Par ailleurs, l’expédition réussie du premier lot de pamplemousses frais vers l’Australie témoigne de la capacité croissante des entreprises vietnamiennes à satisfaire les normes internationales.

Le secteur poursuit également sa montée en gamme. Les fruits et légumes transformés représentent désormais près de 36 % des exportations, contre une proportion nettement plus faible l’an dernier.

Les professionnels considèrent que le développement de la transformation agroalimentaire et des infrastructures logistiques constituera un levier essentiel pour accroître la valeur ajoutée des produits et renforcer leur compétitivité sur les marchés internationaux.

Le secteur halieutique continue lui aussi d’afficher une croissance, mais il fait face à des défis importants. Les exportateurs de crevettes doivent composer avec la hausse des coûts de production, des conditions climatiques moins favorables, une concurrence accrue de l’Équateur, de l’Indonésie et de l’Inde, ainsi qu’avec les mesures de défense commerciale sur certains marchés, notamment aux États-Unis.

Les perspectives du pangasius apparaissent toutefois plus favorables. La baisse de la production mondiale de colin d’Alaska offre au poisson vietnamien l’occasion de gagner des parts de marché grâce à une offre stable et à des prix compétitifs.

Les experts estiment que, si la demande chinoise demeure soutenue et que les entreprises exploitent pleinement les accords de libre-échange, les exportations aquatiques pourraient progresser de 8 à 10 % cette année, pour dépasser les 12 milliards de dollars.

Le secteur devra néanmoins poursuivre ses efforts pour répondre aux exigences internationales, notamment en matière de lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), ainsi qu’aux réglementations environnementales imposées par certains partenaires commerciaux.

Le marché mondial du riz devrait, quant à lui, rester relativement stable. Les spécialistes estiment que les effets du phénomène El Niño pourraient provoquer des fluctuations temporaires des prix, sans remettre en cause les perspectives générales. Ils recommandent de privilégier le développement de zones de production durables, l’amélioration de la qualité, la traçabilité des produits et la riziculture à faibles émissions de carbone afin de renforcer la compétitivité du riz vietnamien.

Le changement climatique demeure toutefois un facteur de risque majeur. Les épisodes de sécheresse et les pénuries d’eau pourraient affecter plusieurs grandes régions agricoles, notamment le Centre méridional, les Hauts Plateaux du Centre et le delta du Mékong, qui représentent l’essentiel de la production agro-sylvicole et halieutique du pays.

Les experts estiment néanmoins que le Vietnam dispose des atouts nécessaires pour maintenir la croissance de ses exportations. En consolidant les zones de production, en développant la transformation, la logistique et une agriculture plus verte, tout en renforçant l’adaptation au changement climatique, le pays devrait non seulement atteindre ses objectifs d’exportation en 2026, mais aussi renforcer durablement sa position sur les marchés internationaux.

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