Les exportations vietnamiennes de produits aquatiques visent 12 milliards de dollars en 2026

La hausse de la demande à l’approche des fêtes de fin d’année et les perspectives favorables sur plusieurs marchés majeurs offrent au secteur aquacole vietnamien des opportunités d’accélération, malgré les pressions concurrentielles et les exigences croissantes des marchés internationaux.

Les exportations vietnamiennes de produits aquatiques visent 12 milliards de dollars en 2026. Photo : VNA.
Les exportations vietnamiennes de produits aquatiques visent 12 milliards de dollars en 2026. Photo : VNA.

La hausse de la demande à l’approche des fêtes de fin d’année et les perspectives favorables sur plusieurs marchés clés offrent de nouvelles opportunités aux exportations vietnamiennes de produits aquatiques. Le secteur ambitionne ainsi de franchir le seuil des 12 milliards de dollars en 2026, malgré les défis liés à la concurrence tarifaire, à la traçabilité et aux coûts de mise en conformité.

Selon le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, la production nationale de produits aquatiques a atteint 7,89 millions de tonnes au cours des neuf premiers mois de 2026, soit une hausse de 3,9 % sur un an, équivalant à 78,1 % de l’objectif annuel.

L’aquaculture a constitué le principal moteur de cette progression, avec une production de 4,86 millions de tonnes. Au 15 octobre, les exportations du secteur avaient généré 9,7 milliards de dollars.

Les crevettes et le pangasius ont largement contribué à ces résultats. Selon l’Association vietnamienne des producteurs et exportateurs de produits aquatiques (VASEP), les exportations de crevettes ont rapporté 3,75 milliards de dollars, en hausse de 11 % sur un an. Cette filière représente à elle seule environ 41 % des recettes totales à l’exportation du secteur.

Phung Thi Kim Thu, experte des marchés au sein de la VASEP, a souligné que la croissance des exportations de crevettes, soutenue notamment par la Chine et certains marchés des pays membres de l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP), avait ralenti en septembre en raison du recul des ventes vers les États-Unis.

Les pressions tarifaires, la concurrence internationale et les difficultés d’approvisionnement en matières premières constituent également des défis importants.

Le marché américain offre néanmoins des perspectives favorables pour les produits transformés à forte valeur ajoutée. Le directeur général du groupe Minh Phu, Le Van Quang, a indiqué que les États-Unis étaient devenus le premier marché de son entreprise, devant le Japon.

Malgré un droit de douane additionnel de 12,5 % appliqué aux crevettes vietnamiennes, celles-ci conservent leur compétitivité face aux produits indiens et équatoriens.

Pour répondre à la demande, Minh Phu porte le taux d’automatisation de sa production à 70-80 %. Même avec ses trois usines fonctionnant à pleine capacité, l’entreprise ne parvient pas à honorer toutes les commandes et envisage de nouveaux investissements si la demande continue de progresser.

Le pangasius affiche également de bons résultats. Ses exportations ont atteint environ 214 millions de dollars en septembre, en hausse de 18,6 % sur un an, et 1,74 milliard de dollars sur les neuf premiers mois, soit une progression de 10,7 %.

Selon Le Hang, secrétaire générale adjointe de la VASEP, le resserrement de l’offre de certaines espèces de poissons blancs sauvages crée de nouveaux débouchés. Au Japon, l’intégration du pangasius dans les réseaux de distribution professionnels constitue un signal encourageant, même si ce marché reste encore de taille limitée.

Parallèlement, la production nationale bénéficie du dynamisme de l’aquaculture. Sur les neuf premiers mois de l’année, elle comprend 5,41 millions de tonnes de poissons, près de 1,38 million de tonnes de crevettes et 1,1 million de tonnes d’autres produits aquatiques.

Dans le Delta du Mékong, les élevages de crevettes en eau saumâtre entrent dans une période de récolte importante. Photo : VNA.
Dans le Delta du Mékong, les élevages de crevettes en eau saumâtre entrent dans une période de récolte importante. Photo : VNA.

Dans le delta du Mékong, les élevages de crevettes en eau saumâtre entrent dans une période de récolte importante. Les modèles de production combinant l’élevage de crevettes avec la riziculture ou l’exploitation forestière se développent, tandis que les élevages intensifs recourant à des technologies avancées gagnent du terrain.

La production de pangasius reste stable, tandis que l’élevage de tilapias et l’aquaculture marine contribuent à diversifier l’offre.

Les derniers mois de l’année, marqués par une forte demande à l’occasion des fêtes de fin d’année et du Nouvel An lunaire, seront déterminants pour atteindre l’objectif fixé. Le secteur devra maintenir un rythme d’exportation d’environ un milliard de dollars par mois, les crevettes devant rester le principal moteur de cette croissance.

Pour répondre à l’augmentation des commandes tout en limitant les fluctuations de l’offre, les acteurs de la filière devront sécuriser leurs approvisionnements, améliorer la qualité des produits et mieux maîtriser les risques sanitaires. Le renforcement des liens entre producteurs, pêcheurs et entreprises exportatrices constituera également un levier essentiel.

De leur côté, les entreprises devront poursuivre l’adaptation de leurs produits aux exigences des différents marchés, diversifier leurs débouchés et maîtriser leurs coûts de production.

Grâce à la progression de sa production et à ses résultats commerciaux, la filière vietnamienne des produits aquatiques dispose ainsi d’atouts favorables pour atteindre l’objectif de 12 milliards de dollars d’exportations en 2026.

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