Dans le cadre de la mise en œuvre de la Résolution n° 57-NQ/TW du Bureau politique sur les percées en matière de développement scientifique et technologique, d’innovation et de transformation numérique nationale, de nombreuses collectivités locales ont élaboré leurs propres plans d’action, accéléré l’application des technologies et favorisé l’émergence de nouveaux modèles de développement. Cette dynamique met toutefois en évidence la nécessité de poursuivre l’amélioration du cadre institutionnel, des mécanismes financiers et des infrastructures afin de libérer pleinement les ressources au service du développement.
Un nouveau moteur de croissance
La province de Phu Tho figure parmi les premières collectivités à avoir déployé de manière coordonnée la Résolution n° 57-NQ/TW. À ce jour, l’ensemble des communes, quartiers et bourgs de la province disposent d’un comité de pilotage chargé de sa mise en œuvre. Grâce à cette organisation, Phu Tho se classe parmi les provinces les plus performantes du pays, avec la réalisation, dans les délais impartis, de l’ensemble des objectifs et missions suivis par le système central de supervision.
Les résultats de la transformation numérique de la province se reflètent dans plusieurs indicateurs de gouvernance. Le taux de traitement des documents administratifs selon un processus entièrement dématérialisé atteint 91,7 % pour les documents sortants et 93,8 % pour les documents entrants, plaçant la province au premier rang national. La proportion des dossiers de procédures administratives traités en ligne est passée de 89,65 % au 1er juillet 2025 à près de 97-99 % aujourd'hui. Près de 90 % des résultats sont désormais délivrés sous forme électronique, tandis que plus de 87 % des dossiers et des résultats des procédures administratives ont été numérisés. Le taux d'exploitation et de réutilisation des données numérisées dépasse, quant à lui, 91 %.
De son côté, la province d’An Giang a choisi de mettre les sciences et les technologies au service du développement de ses secteurs économiques stratégiques, en particulier de l’agriculture. Elle a élaboré un programme de soutien à l’application, au transfert et à l’innovation technologiques pour la période 2026-2030, avec une vision à l’horizon 2035, doté d’un budget prévisionnel d’environ 120 milliards de dôngs provenant du budget de l’État et d’autres sources de financement légales.
Selon ce programme, une cinquantaine de projets portant sur l’application, le transfert et l’innovation technologiques devraient être mis en œuvre dans des domaines tels que les technologies numériques, l’automatisation, l’Internet des objets (IoT) et d’autres technologies de pointe. La province prévoit également de mettre en œuvre une cinquantaine de projets pilotes de production et de commercialisation de technologies afin de perfectionner les technologies développées, de valider les procédés techniques et d'accélérer le transfert des résultats de la recherche vers la production et les activités économiques.
Parallèlement aux initiatives locales, les entreprises de sciences et technologies enregistrent elles aussi des avancées significatives. À la fin de 2025, le Vietnam comptait 962 entreprises titulaires du statut officiel d’entreprise de sciences et technologies. Parmi elles, les biotechnologies représentaient 39 % des activités, devant les technologies de l’information (23 %), l’automatisation (19 %) et les nouveaux matériaux (10 %). Environ 300 de ces entreprises maîtrisent entièrement leurs procédés de production, tandis qu’une cinquantaine exportent déjà leurs produits technologiques vers les marchés internationaux. Ces résultats confirment le rôle croissant des sciences, des technologies et de l’innovation comme nouveaux moteurs du développement, contribuant à améliorer la productivité, la qualité de la croissance et la compétitivité de l’économie.
À la fin de 2025, le Vietnam comptait 962 entreprises titulaires du statut officiel d’entreprise de sciences et technologies. Parmi elles, les biotechnologies représentaient 39 % des activités, devant les technologies de l’information (23 %), l’automatisation (19 %) et les nouveaux matériaux (10 %).
Parachever le cadre institutionnel pour libérer les ressources
Malgré les résultats obtenus, la mise en œuvre de la Résolution dans les différentes localités met en évidence de nouveaux défis en matière d’amélioration du cadre institutionnel et de gouvernance. De nombreuses provinces se heurtent encore à des difficultés pour mettre en place des fonds de capital-risque et des fonds de développement des sciences et des technologies, faute de directives précises concernant leur organisation et leur fonctionnement. La création de centres provinciaux d’innovation reste également confrontée à plusieurs obstacles liés à leur modèle de fonctionnement, à leur mécanisme de financement et à leur statut juridique. Certaines localités estiment par ailleurs que les systèmes d’information destinés au traitement des procédures administratives doivent encore être modernisés, conformément aux exigences de la nouvelle phase de décentralisation.
Par ailleurs, la qualité des infrastructures numériques demeure inégale selon les régions, notamment dans les zones rurales et montagneuses. Les ressources humaines dédiées à la transformation numérique et à l’innovation au niveau local restent limitées, alors que les besoins en personnels hautement qualifiés dans les technologies ne cessent de croître.
Face à cette situation, de nombreuses localités appellent les autorités centrales à finaliser rapidement les dispositions relatives au soutien des entreprises de sciences et technologies, ainsi que les mécanismes de fonctionnement des fonds de capital-risque, des fonds de développement des sciences et des technologies et des centres d’innovation.
Elles soulignent également l’importance de mettre en place une plateforme nationale de données partagées, de publier des normes sectorielles en matière de données et de renforcer le partage des données entre les ministères, les secteurs et les collectivités locales, afin d'améliorer l'efficacité de la gestion publique et d'éviter les investissements redondants.
Selon Tran Xuan Dich, directeur adjoint du Département des start-up et des entreprises technologiques du ministère des Sciences et des Technologies, l'année 2025 marque une étape majeure dans le perfectionnement du cadre législatif et réglementaire, conformément aux orientations du Parti et de l'État. La Loi sur les sciences et les technologies a notamment été révisée pour y intégrer la notion d'"innovation", offrant ainsi une base juridique solide au développement des modèles économiques fondés sur la connaissance. Les politiques préférentielles en matière de fiscalité, de foncier et de crédit ont également été intégrées directement dans les lois sectorielles relatives à l'investissement, à la fiscalité ou encore au foncier, permettant aux autorités compétentes d'adapter plus efficacement les politiques aux besoins des entreprises.
“
L'année 2025 marque une étape majeure dans le perfectionnement du cadre législatif et réglementaire, conformément aux orientations du Parti et de l'État. La Loi sur les sciences et les technologies a notamment été révisée pour y intégrer la notion d'"innovation", offrant ainsi une base juridique solide au développement des modèles économiques fondés sur la connaissance.
Tran Xuan Dich, directeur adjoint du Département des start-up et des entreprises technologiques
Dans un contexte où la concurrence mondiale repose de plus en plus sur la connaissance, les technologies et l'innovation, placer les sciences, les technologies et l'innovation au cœur de la stratégie de développement constitue non seulement une exigence immédiate, mais aussi une orientation de long terme destinée à renforcer l'autonomie de l'économie nationale. Cette stratégie permettra également au Vietnam de s'intégrer plus profondément aux chaînes de valeur mondiales et de bâtir progressivement une économie fondée sur la connaissance au cours de cette nouvelle phase de développement./.