Pêche INN : le Vietnam renforce le contrôle des produits exportés vers l’UE

Le Vietnam entend remédier pleinement aux lacunes constatées dans la lutte contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN), renforcer le contrôle de sa flotte et améliorer la traçabilité des produits de la mer.

Le plan définit les exigences visant à prévenir, minimiser et, à terme, éliminer les violations des eaux étrangères par les navires de pêche vietnamiens. Photo : congthuong.vn
Le plan définit les exigences visant à prévenir, minimiser et, à terme, éliminer les violations des eaux étrangères par les navires de pêche vietnamiens. Photo : congthuong.vn

Le vice-Premier ministre Ho Quoc Dung a signé, le 10 août 2026, la décision no 1516/QĐ-TTg portant adoption d’un plan d’action visant à mettre en œuvre les mesures destinées à répondre aux recommandations formulées par la Commission européenne (CE) lors de sa cinquième inspection sur la lutte contre la pêche INN.

Le plan fixe pour objectif de remédier aux insuffisances relevées par la CE et d’améliorer durablement la gestion des activités de pêche. Le Vietnam entend également fournir les données et les preuves nécessaires à la CE afin de parvenir à la levée de son « carton jaune » en 2026 et de promouvoir un secteur halieutique plus transparent, responsable et durable.

Parmi les principales mesures figure la mise à jour complète et fiable des informations sur les navires enregistrés dans la base de données nationale VNFishbase. Tous les navires soumis à l’obligation d’être équipés d’un système de surveillance (VMS) devront faire l’objet d’un contrôle de leur dispositif lors des entrées et sorties de port. Toute perte de signal, sortie des limites autorisées ou intervention sur l’équipement devra être signalée, vérifiée et sanctionnée dans les délais prévus.

Le plan prévoit également l’enregistrement, à travers le système électronique eCDT, de tous les mouvements des navires de pêche d’une longueur d’au moins six mètres. Aucun certificat d’origine des produits de la pêche ne sera délivré lorsque les données enregistrées sont inexistantes ou invalides.

Les entreprises de transformation et d’exportation de produits issus d’espèces présentant un risque élevé pour le marché européen feront par ailleurs l’objet de contrôles fondés sur l’évaluation des risques. Les éventuelles anomalies concernant les matières premières, les rendements, les volumes ou les dossiers de traçabilité devront être vérifiées et traitées.

Le gouvernement demande aussi de renforcer l’application de la législation. Toutes les infractions liées à la pêche INN devront être vérifiées et sanctionnées dans les délais, tandis que les cas de navires vietnamiens opérant dans les eaux étrangères devront systématiquement faire l’objet d’une enquête, puis d’un traitement approprié.

Les autorités locales devront notamment surveiller les navires radiés, mais encore susceptibles d’opérer, ainsi que ceux qui ne sont pas enregistrés, inspectés ou autorisés à pêcher. Des contrôles intersectoriels et inopinés seront menés auprès des entreprises transformant ou important des espèces à haut risque, notamment le thon et l’espadon.

Dans le cadre de cette phase intensive, les ministères, secteurs et collectivités devront traiter en priorité les problèmes persistants liés au contrôle de la flotte, à l’immatriculation et aux licences, aux mouvements des navires, à la traçabilité des produits, au contrôle des matières premières importées et aux violations des règles relatives au système VMS et aux limites de pêche.

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