Plateau de Dong Van : l’accès à l’eau reste un défi pour des milliers de familles

D’octobre à avril, la saison sèche provoque d’importantes pénuries d’eau sur le plateau karstique de Dong Van, dans le nord de la province de Tuyen Quang. Malgré les investissements réalisés ces dernières années, plus de 13 000 ménages rencontrent encore des difficultés d’approvisionnement.

Le plateau de Dong Van s’étend sur plus de 2 300 km² et compte quelque 250 000 habitants appartenant à 17 groupes ethniques, dont les H’Mong, Dao, Giay, Nung, Tay, Lo Lo, Bo Y et Hoa.

Son relief calcaire spectaculaire retient difficilement l’eau : les précipitations s’infiltrent rapidement dans les fissures de la roche et les sources présentent des débits irréguliers. Dans les villages éloignés, la dispersion des habitations complique également la construction de réseaux collectifs.

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Le relief karstique rend difficiles la recherche et le stockage de l’eau sur le plateau de Dong Van. Photo : Vu Mung

Une eau rare jusque dans les activités quotidiennes

Dans plusieurs localités, les habitants recueillent l’eau de pluie sur les toits et la stockent dans des jarres, des citernes ou des réservoirs individuels. Lorsque ces réserves sont épuisées, certaines familles doivent parcourir plusieurs kilomètres pour rejoindre une source ou la rivière Nho Que.

À Lung Pu, dans la commune de Khau Vai, des habitants transportent des bidons de 10 à 20 litres sur des chemins rocheux présentant parfois un dénivelé de 500 à 700 mètres. L’eau destinée à la cuisine peut également être achetée au prix de 5 000 dôngs les cinq litres.

À Ha Lia, dans la commune de Thang Mo, les familles réduisent leur consommation pendant la saison sèche. L’eau utilisée pour laver le riz ou les légumes est souvent récupérée pour d’autres usages.

Le manque d’eau affecte aussi l’agriculture. À Seo Lung, certaines parcelles de maïs ont été abandonnées. Des agriculteurs se sont tournés vers le chou, capable de profiter de la rosée nocturne et offrant une valeur économique supérieure.

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Dans les secteurs isolés, le relief et la dispersion des habitations rendent difficile l’installation de réseaux d’eau collectifs. Photo : Vu Mung

Plus de 13 000 ménages toujours concernés

Les communes de Dong Van, Meo Vac, Sa Phin et Pho Bang connaissent régulièrement des pénuries qui affectent environ 80 000 personnes.

Entre 2021 et 2025, les autorités ont accompagné 36 978 ménages dans la mise en place de solutions individuelles et financé 61 ouvrages collectifs. Des centaines de familles ont notamment reçu des réservoirs garantissant de meilleures conditions de stockage.

Ces investissements n’assurent toutefois pas une disponibilité permanente. Lors de la sécheresse de juin 2023, 57 des 121 réservoirs d’altitude des quatre districts montagneux de l’ancienne province de Ha Giang étaient à sec. Dans 36 autres, le niveau d’eau était inférieur à 30 centimètres.

Les difficultés tiennent aussi à l’implantation ou à la conception de certains ouvrages, à l’absence de sources complémentaires et au manque de moyens consacrés à l’entretien. Les crues soudaines et les glissements de terrain peuvent par ailleurs endommager les installations.

Selon les données recueillies après la réorganisation administrative, 13 059 ménages répartis dans 16 communes rencontrent encore des problèmes d’accès à l’eau.

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Un réservoir d’altitude au niveau particulièrement bas dans la commune de Meo Vac. Photo : Vu Mung

À Dong Van, 37 installations sont actuellement exploitées, dont 12 réservoirs. La commune souhaite en construire de nouveaux pour répondre à l’augmentation des besoins domestiques et agricoles ainsi qu’au développement touristique.

À Meo Vac, près de 1 000 familles vivant dans les villages rocheux d’altitude ne disposent pas d’une source stable. Les autorités proposent d’aménager des réservoirs d’une capacité de 2 000 à 3 000 m³, associés à des systèmes de récupération des eaux pluviales.

Un plan de plus de 812 milliards de dôngs

Les collectivités du plateau ont proposé 102 projets d’approvisionnement, comprenant 52 réservoirs d’altitude, 21 citernes de 5 000 m³ et 31 ouvrages de canalisation, de réparation ou de modernisation. Leur coût total est évalué à plus de 812 milliards de dôngs.

Les investissements devront tenir compte des caractéristiques de chaque territoire, souligne Nguyen Van Dung, directeur du Service des affaires ethniques et religieuses de Tuyen Quang. La géologie, la dispersion de la population et l’instabilité des ressources rendent difficile l’application d’une solution uniforme.

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L’essor du tourisme accroît les besoins en eau et en infrastructures dans la commune de Dong Van. Photo : Vu Mung

Les services provinciaux prévoient de poursuivre l’évaluation des ressources et de l’état des installations. Les priorités portent sur la réparation des réservoirs dégradés, le développement de systèmes de collecte des eaux de pluie et l’amélioration des capacités de stockage pendant la saison sèche.

Un projet de réservoir polyvalent est également à l’étude dans le nord de la province. En parallèle, les autorités encouragent les équipements à l’échelle des ménages, la planification de la distribution et les économies d’eau.

Sur le plateau de Dong Van, la sécurisation de l’approvisionnement dépendra ainsi de nouveaux investissements, mais aussi d’une gestion durable et d’un entretien régulier des ouvrages, dans un contexte où le changement climatique pourrait prolonger et intensifier les périodes de sécheresse.

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