Préserver la source vive des chants folkloriques Hrê

L'Artisane émérite Dinh Thi Y, originaire de la commune de Son Mai (province de Quang Ngai, au Centre du Vietnam), s'attache à préserver et à transmettre les chants traditionnels Ta leu et Ca choi, contribuant ainsi à faire résonner durablement le patrimoine mélodique de l'ethnie Hre.

À travers chaque chanson, l'artisane Dinh Thi Y (troisième à droite) espère transmettre sa passion pour la musique folklorique à la jeune génération de la région. Photo: baovanhoa.vn
À travers chaque chanson, l'artisane Dinh Thi Y (troisième à droite) espère transmettre sa passion pour la musique folklorique à la jeune génération de la région. Photo: baovanhoa.vn

Préserver le chant par amour de la patrie

Dans les régions montagneuses de Quang Ngai, les mélodies Ta lêu et Ca choi ne constituent pas de simples expressions artistiques et culturelles : elles traduisent également les sentiments, les aspirations et la beauté de la vie quotidienne de la communauté Hrê.

Pour éviter que ces chants ne sombrent dans l'oubli, des figures attachées aux traditions, telles que l'Artisane émérite Dinh Thi Y, œuvrent inlassablement et discrètement à leur préservation, mues par l'amour et la fierté de leur culture ancestrale.

L'Artisane émérite Dinh Thi Y a découvert les Ta lêu et Ca choi dès son plus jeune âge. Les mélodies fredonnées par ses parents au quotidien ont nourri sa passion pour le chant traditionnel. À force d'écouter puis d'imiter, ces airs familiers sont devenus une composante indissociable de la vie de cette femme Hrê.

Les années ont passé, mais son attachement aux chants folkloriques demeure intact. Non contente de les pratiquer et de les interpréter régulièrement lors d'événements culturels, artistiques ou de concours, Dinh Thi Y nourrit le vœu ardent de transmettre aux jeunes générations les airs que ses propres parents lui ont enseignés.

« J'aime chanter les Ta lêu et Ca choi depuis mon enfance. J'écoutais mes parents chanter et je m'exerçais à les imiter. Aujourd'hui, je transmets cet art aux jeunes générations, en espérant qu'elles perpétueront ces mélodies transmises par nos ancêtres, afin que la culture de l'ethnie Hrê ne se perde pas », confie-t-elle.

Pour elle, préserver les chants traditionnels ne relève pas d'une ambition lointaine, mais commence par l'action de chanter, de pratiquer et d'enseigner avec persévérance à son entourage. Elle sait pertinemment que tant que ces chants résonneront au cœur de la communauté et que les jeunes aimeront et sauront interpréter les chants de leur peuple, la source culturelle continuera de couler.

Transmettre pour que le chant folklorique continue de résonner

Portée par sa passion, Dinh Thi Y insuffle peu à peu l'amour des Ta lêu et Ca choi aux femmes et aux jeunes de son village. Les réunions et activités communautaires sont autant d'occasions pour elle de guider les apprenants note par note, de les familiariser avec les rythmes et les expressions, et de leur faire ressentir la profondeur des chants traditionnels.

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Le son des flûtes se mêle aux paroles, contribuant à enrichir la vie culturelle de la communauté Hre de la commune de Son Mai. Photo: baovanhoa.vn

Point n'est besoin de grandes scènes ou de représentations sophistiquées : l'enseignement se fait au plus près du quotidien, dans une atmosphère chaleureuse. Les élèves écoutent l'artisan, s'exercent à ses côtés et pratiquent ensemble. C'est ainsi que ces mélodies, jadis perpétuées par la tradition orale, continuent d'être léguées aux générations futures.

Mme Dinh Thi Cam Van, résidente du village de Long Mai, témoigne : « Que je sois à la maison ou dans les champs à cueillir le thé, j'entends souvent Mme Y chanter les Ta lêu et Ca choi. À force de les écouter, j'ai fini par en saisir toute la beauté et la signification. Je souhaite que toutes les femmes de notre communauté apprennent ces chants et contribuent à la préservation de la culture Hrê. »

Cette continuité démontre que la vitalité d'un chant folklorique ne repose pas uniquement sur les maîtres qui en maîtrisent les subtilités, mais aussi sur son appropriation par l'ensemble de la communauté. Lorsque les femmes apprennent, pratiquent et s'investissent ensemble dans cette sauvegarde, le chant folklorique redevient une composante naturelle de la vie collective, bien au-delà des fêtes et des spectacles officiels.

Outre les Ta lêu et Ca choi, Dinh Thi Y sait également fabriquer et jouer du vinh-vút, un instrument de musique traditionnel en bambou associé à la vie culturelle des femmes Hrê. À partir de simples tiges de roseau lồ ô, ses mains expertes façonnent des sonorités aux nuances profondes qui se mêlent harmonieusement aux paroles des chants.

Lors des rassemblements villageois, les notes de ce tuyau musical enrichissent la palette des chants traditionnels et animent la vie spirituelle de la communauté.

Selon M. Dinh Thanh Minh, vice-président du Comité populaire de la commune de Son Mai, l'Artisane émérite Dinh Thi Y est l'une des figures majeures qui contribuent activement à la préservation des chants Ta lêu et Ca choi de l'ethnie Hrê dans la localité.

« Pour l'avenir, l'administration locale continuera d'organiser des classes d'initiation aux Ca choi et Ta lêu destinées aux jeunes, et nous inviterons Mme Dinh Thi Y à venir enseigner directement aux enfants », a-t-il déclaré.

Associer des artisans dépositaires du patrimoine aux actions locales de transmission offre aux jeunes générations de nouvelles opportunités de découvrir, d'explorer et de pratiquer les chants traditionnels. Ainsi, les valeurs culturelles se transmettent de manière naturelle et intime, ancrées au cœur même de la communauté qui veille sur son héritage.

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