Promouvoir l'économie circulaire : l'entreprise doit être au cœur du processus

Le Vietnam promeut l'économie circulaire comme un moteur de croissance durable. Si l'élaboration d'un cadre juridique constitue la première étape, les défis du marché et des technologies exigent une action conjointe des entreprises et de l'État pour garantir le succès de cette transition.

Photo d'illustration : doanhnhan.congly.vn
Photo d'illustration : doanhnhan.congly.vn

L'économie circulaire n'est plus une option, mais une voie incontournable pour maintenir une croissance à long terme.

Ces dernières années, le Vietnam a progressivement instauré les fondements juridiques de ce modèle. Des orientations du XIIIe Congrès national à la Stratégie de développement socioéconomique 2021-2030, en passant par les dispositions spécifiques de la Loi sur la protection de l'environnement de 2020 et du décret 08/2022/ND-CP, le cadre politique de l'économie circulaire est désormais bien défini.

Ce système repose sur trois piliers principaux : les orientations stratégiques, le cadre législatif et les outils d'exécution. Ces derniers sont variés, allant de la fiscalité environnementale au crédit vert, jusqu’aux normes techniques et mécanismes de gestion intersectoriels.

Toutefois, la mise en œuvre révèle des goulots d'étranglement notables. Tout d’abord, le système juridique manque encore d'un texte global de coordination unifiée, rendant l'exécution fragmentée. Par ailleurs, le marché des matières premières secondaires est encore embryonnaire, tandis que les capacités technologiques et financières des entreprises, particulièrement des PME, restent limitées. Ces facteurs font que l'économie circulaire au Vietnam n'en est qu'à une phase de « transition » et n'a pas encore produit d'impact à grande échelle.

Selon les experts, la feuille de route du développement de l'économie circulaire au Vietnam se déroulera en trois étapes :

Jusqu'en 2025 : finalisation des institutions et déploiement de projets pilotes, sous l'impulsion majeure de l'État.

De 2025 à 2030 : priorité au développement des marchés, notamment ceux des matières recyclées et du carbone, avec le secteur privé comme acteur central.

D'ici 2050 : l'économie circulaire devrait devenir une composante intrinsèque de l'économie nationale, en phase avec l'objectif « zéro émission nette ».

Le Vietnam possédant une économie très ouverte, avec un volume d'échanges commerciaux dépassant parfois le double de son PIB, le respect des normes de plus en plus strictes des marchés d'importation (dont plus de 80 % concernent des produits industriels) représente un défi de taille pour l'ensemble du système, de la gestion étatique aux entreprises, en passant par la recherche scientifique.

Pourtant, ces défis sont aussi des opportunités. Si elle est menée efficacement, la transition verte pourrait contribuer à plus de 1 % du PIB. Conjuguée à la transformation numérique, elle forme une « double transition » capable d'ouvrir la voie à une croissance à deux chiffres sur le long terme.

Ainsi, l'économie circulaire n'est pas seulement une solution environnementale, elle devient un nouveau moteur de croissance. L'enjeu crucial est désormais de réduire l'écart entre la politique et le marché, processus dans lequel l'entreprise doit véritablement devenir le centre de la transition, tandis que l'État assure un rôle de facilitateur et de guide.

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