Résolution 68 : le levier disruptif pour faire de l’économie privée le moteur des infrastructures stratégiques

La Résolution n°68-NQ/TW du 4 mai 2025 du Bureau politique sur le développement de l’économie privée est considérée comme un « Khoán 10 » pour le secteur privé–une référence au célèbre Résolution n°10-NQ/TW du 5 avril 1988, qui a mis fin à la collectivisation forcée en restituant la terre et les moyens de production aux paysans.

La résolution 68 autorise des mécanismes audacieux, notamment : commandes directes de l'État, appels d'offres restreints et modèles de gestion innovants tels que « direction publique - gestion privée » ou « investissement privé - usage public ». Photo: VNA
La résolution 68 autorise des mécanismes audacieux, notamment : commandes directes de l'État, appels d'offres restreints et modèles de gestion innovants tels que « direction publique - gestion privée » ou « investissement privé - usage public ». Photo: VNA

Toutefois, pour activer pleinement cette ressource essentielle au financement des infrastructures nationales stratégiques, la mise en œuvre de solutions synchronisées et cohérentes demeure indispensable. Trinh Thi Huong, vice-directrice du Département du développement des entreprises privées et de l’économie collective relevant du ministère des Finances, a partagé avec l’Agence vietnamienne d’information (VNA) son analyse sur cette problématique.

Selon elle, l’adoption de la Résolution 68 a été accueillie très favorablement par la communauté des entreprises, car elle propose un ensemble de mesures globales, innovantes et à caractère véritablement disruptif en faveur du secteur privé. Ces orientations visent à libérer et à mobiliser les ressources privées au service du développement socio-économique, notamment dans les projets d’infrastructures stratégiques. Elle autorise des mécanismes audacieux, notamment : commandes directes de l'État, appels d'offres restreints et modèles de gestion innovants tels que « direction publique - gestion privée » ou « investissement privé - usage public ».

Les chiffres témoignent déjà de cette dynamique. À ce jour, sur les 5,1 millions de milliards de dongs mobilisés pour 564 projets d’envergure, le secteur privé a contribué à hauteur de 3,8 millions de milliards, soit 74,6 % du capital total. « L’investissement public joue désormais un rôle de catalyseur pour attirer les capitaux privés vers les infrastructures numériques, l’énergie, la logistique et les transports verts », souligne Trinh Thi Huong.

Malgré ces avancées, des obstacles structurels persistent. Trinh Thi Huong identifie les freins institutionnels comme le défi majeur.

Le deuxième défi concerne les ressources de l'entreprise. En fait, 98 % des entreprises vietnamiennes étant des PME, l’accès au financement pour des projets lourds reste complexe. Par ailleurs, les sources de financement préférentielles pour les projets clés n'ont pas été mises en œuvre de manière effective. De ce fait, les entreprises rencontrent toujours des difficultés d'accès au capital. Parallèlement, les questions liées à la planification, à l'attribution des terrains et au déblaiement des sites pour la mise en œuvre des projets présentent encore de nombreuses lacunes.

La troisième difficulté concerne le risque associé à l'exécution des contrats, qui peut avoir un impact négatif sur la trésorerie de l'entreprise.

Pour répondre à ces défis, le ministère des Finances a conseillé au gouvernement de publier la Résolution n° 01 sur le développement socio-économique et la Résolution n° 02 sur l'amélioration de l'environnement des investissements et des affaires et le renforcement de la compétitivité nationale.

En outre, le ministère des Finances a également soumis au gouvernement pour promulgation du Décret n° 20/2026/ND-CP, entré en vigueur le 15 janvier 2026, introduit des incitations fiscales sans précédent, telles que la déduction doublée des dépenses de recherche et développement (R&D) et la possibilité pour les entreprises d’affecter jusqu’à 20 % de leur revenu imposable aux activités de R&D. Ces mesures sont perçues comme un levier majeur pour renforcer l’investissement privé dans les technologies de pointe.

Par ailleurs, afin de garantir un environnement contractuel sécurisé, les textes d’application de la Résolution 68 réaffirment la nécessité d’assurer pleinement quatre droits fondamentaux des entreprises : le droit de propriété, le droit patrimonial, la liberté d’entreprendre et l’égalité dans la concurrence, ainsi qu’une exécution efficace des contrats.

Enfin, le ministère des Finances a soumis au Premier ministre deux programmes structurants : le développement de 1 000 entreprises pionnières et la formation de 10 000 dirigeants (CEO) pour le secteur privé, a conclu Trinh Thi Huong.

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