Cette orientation constitue le socle de la construction d’un marché boursier vietnamien solide, sûr et attractif, appelé à devenir le principal canal de financement de l’économie.
Selon la Commission d’État des valeurs mobilières (SSC), de nombreux objectifs majeurs de la Stratégie de développement du marché boursier ont d’ores et déjà été atteints, ou sont sur le point de l’être.
Poursuivre l’amélioration du cadre juridique
À la fin du mois de mai 2026, le nombre de comptes de négociation ouverts sur le marché boursier dépassait les 13 millions, bien au-delà de l’objectif de 11 millions fixé pour 2030 dans la Stratégie de développement du marché boursier.
Les investisseurs particuliers vietnamiens demeurent les principaux acteurs du marché, avec un taux de détention de comptes supérieur à 13 % de la population.
La capitalisation boursière a dépassé 10,6 millions de milliards de dôngs ; la liquidité se maintient parmi les plus élevées de l’ASEAN, tandis que les marchés obligataire et des produits dérivés poursuivent leur développement de manière stable.
L’organisme de classification FTSE Russell a confirmé que le Vietnam sera reclassé du statut de marché frontière à celui de marché émergent secondaire en septembre 2026, après plusieurs années passées sur la liste de surveillance.
Conformément au calendrier prévu, l’intégration progressive des actions vietnamiennes dans les indices FTSE s’échelonnera sur une période d’un an à compter de septembre 2026.
Le vice-ministre des Finances, Nguyen Duc Chi, a indiqué qu’après l’objectif de reclassement par FTSE Russell en 2026, la prochaine étape consistera à obtenir le reclassement selon les critères, plus exigeants, de MSCI, en mettant l’accent sur l’accessibilité du marché pour les investisseurs étrangers.
Cet objectif suppose non seulement une modernisation accrue des infrastructures techniques, mais aussi des réformes plus profondes en matière de réglementation des changes et de plafonds de participation étrangère (« foreign ownership limits »).
Le processus de réforme est actuellement accéléré afin de répondre aux normes internationales.
Selon Bui Hoang Hai, vice-président de la Commission d’État des valeurs mobilières, l’institution prépare actuellement un projet de loi modifiant et complétant plusieurs dispositions de la Loi sur les valeurs mobilières, articulé autour de trois axes principaux : poursuivre la simplification des conditions d’investissement et des procédures administratives ; créer une base juridique pour de nouveaux modèles conformes aux évolutions des marchés financiers internationaux ; et réviser les dispositions relatives aux transactions électroniques, aux sociétés de services d’investissement, aux fonds d’investissement, entre autres.
Parallèlement au perfectionnement du cadre institutionnel, la Commission d’État des valeurs mobilières multiplie les mesures destinées à améliorer la qualité des titres cotés, garantir le bon fonctionnement du marché et renforcer la lutte contre les infractions.
L’objectif est de répondre aux défis les plus urgents du marché et d’accompagner son développement dans un contexte d’intégration internationale.
Selon le calendrier établi, le projet de révision de la Loi sur les valeurs mobilières sera soumis à l’Assemblée nationale lors de la session d’octobre 2026. À ce jour, les travaux préparatoires avancent conformément au planning prévu.
Un puissant levier grâce aux investissements étrangers de portefeuille
Afin d’attirer davantage d’investissements étrangers de portefeuille (FII) vers le marché des capitaux vietnamien, la Résolution n° 10-NQ/TW prévoit plusieurs orientations fondamentales : poursuivre l’amélioration du cadre institutionnel régissant le marché boursier, le marché obligataire et les intermédiaires financiers ; accélérer le processus de reclassement du marché grâce à des réformes substantielles portant sur l’accessibilité, la qualité et la diversification de l’offre de titres, la transparence de l’information, la sécurité du système ainsi que la protection des droits et intérêts légitimes des investisseurs.
La Résolution préconise également d’accroître la part des investisseurs institutionnels, des investisseurs professionnels et des fonds d’investissement, tout en améliorant l’accès des investisseurs étrangers au marché.
Elle prévoit en outre le renforcement des infrastructures de négociation, de compensation, de règlement-livraison, de conservation des titres, ainsi que des mécanismes de couverture des risques et de protection des investisseurs.
Autant de mesures destinées à renforcer la stabilité, le professionnalisme et l’efficacité du marché boursier.
Elles constituent un véritable levier pour accélérer le développement d’un marché des capitaux moderne, sûr, efficace et transparent, tout en renforçant le statut économique du Vietnam.
Dans un récent rapport, Mirae Asset Securities souligne que la Résolution n° 10-NQ/TW marque une évolution majeure : pour la première fois, le Vietnam associe explicitement l’objectif d’attirer une nouvelle génération d’investissements directs étrangers (IDE) à celui de développer les investissements étrangers de portefeuille (FII), tout en visant un reclassement selon les critères de MSCI.
Grâce à cette orientation, le Vietnam ambitionne non seulement de devenir une destination privilégiée pour les investissements productifs, mais également un marché où les entreprises étrangères pourront lever des capitaux, élargir leur actionnariat et développer durablement leurs activités, créant ainsi de nouvelles perspectives pour le retour des capitaux internationaux.
S’agissant des investissements étrangers de portefeuille, Dominic Scriven, président de Dragon Capital, recommande au gouvernement de réduire le coût du capital pour les entreprises en encourageant les sociétés à capitaux étrangers à réinvestir leurs bénéfices au Vietnam plutôt que de les rapatrier, notamment grâce à une politique de taux d’intérêt applicable aux dépôts en dollars américains des entreprises.
Il préconise également d’assouplir les plafonds de participation étrangère dans les entreprises ne relevant pas des secteurs stratégiques liés à la sécurité nationale et de poursuivre le développement d’une base solide d’investisseurs institutionnels domestiques, indispensable à la croissance durable du marché.
Pour sa part, Michael Kokalari, économiste en chef de VinaCapital, se montre optimiste.
Selon lui, de nombreux fonds d’investissement internationaux, représentant plusieurs centaines de milliards de dollars d’actifs, suivent de près le marché vietnamien et se tiennent prêts à y investir dans un avenir proche.
Afin d’accueillir cette nouvelle vague de capitaux étrangers, le Vietnam devra obtenir rapidement une notation souveraine de catégorie Investment Grade auprès des grandes agences internationales telles que S&P, Moody’s ou Fitch.
Il devra également accélérer la mise en service du Centre financier international, qui constituera un nouveau canal d’attraction des capitaux mondiaux, tout en intensifiant la privatisation des entreprises publiques et les introductions en Bourse (IPO), afin d’élargir la taille du marché, d'améliorer la qualité des actifs financiers proposés et de renforcer son attractivité auprès des investisseurs internationaux.