Alors que le Vietnam accélère sa transition vers la banque numérique et développe un centre financier international, la coopération avec l'Australie dans les domaines des technologies financières (fintech) et des technologies réglementaires (regtech) devrait ouvrir d'importantes perspectives pour la construction d'un écosystème financier moderne, transparent et connecté à l'échelle mondiale.
Cette perspective a été mise en lumière lors d'une conférence sur la vision stratégique du Centre financier international du Vietnam à Ho Chi Minh-Ville (VIFC-HCMC) et le potentiel de coopération Vietnam-Australie, organisée conjointement le 14 avril par la Commission australienne du commerce et de l'investissement et l'autorité exécutive du VIFC-HCMC.
Emma McDonald, commissaire principale australienne au commerce et à l'investissement, a déclaré que le Vietnam s'impose comme une destination attractive pour le développement de la fintech, avec l'un des marchés de la banque numérique les plus dynamiques de la région.
Cette croissance est alimentée par l'expansion des paiements numériques, l'adoption rapide des services financiers mobiles et l'intérêt croissant pour l'intelligence artificielle et les modèles bancaires basés sur les données.
Elle a souligné que la jeunesse de la population vietnamienne, la stabilité de son environnement et la forte croissance de son PIB positionnent le Vietnam comme un futur leader régional du numérique.
Les initiatives gouvernementales, notamment les projets de création de centres financiers internationaux et de mécanismes de bac à sable réglementaire pour des domaines tels que la notation de crédit, les prêts entre particuliers et les actifs numériques, jettent des bases solides pour un développement futur.
Selon McDonald, le développement du VIFC-HCMC témoigne de l'ambition du Vietnam de devenir une plateforme financière mondiale.
Elle a toutefois insisté sur le fait que le succès repose non seulement sur les capitaux et les infrastructures, mais aussi sur la mise en place d'un écosystème financier fiable, fondé sur les données et inclusif.
L'Australie, quant à elle, possède l'un des écosystèmes fintech les plus performants au monde, se classant sixième au niveau mondial et deuxième en Asie-Pacifique, avec près de 900 entreprises actives.
Les entreprises australiennes excellent dans les domaines de la regtech, de la gouvernance des données, de la cybersécurité, des infrastructures de paiement et des actifs numériques – des domaines qui correspondent aux priorités du Vietnam.
Leur expérience dans des environnements hautement réglementés pourrait aider le Vietnam à relever des défis tels que la fraude financière, la cybercriminalité et les risques de sécurité.
Rich McClellan, PDG du VIFC-HCMC, a déclaré que le Vietnam était passé de la planification politique à la conception opérationnelle de son VIFC en moins de 18 mois, avec des cadres juridiques, des structures de gouvernance, des tribunaux spécialisés et des mécanismes d'arbitrage déjà définis.
Cependant, le centre demeure dans une phase d'« activation institutionnelle », axée sur la mise en place de bases solides pour une croissance durable.
Il a noté que les investisseurs internationaux sont désormais plus préoccupés par la disponibilité des infrastructures, la fiabilité juridique et la sécurité des flux de capitaux que par les taux de croissance.
Par conséquent, le VIFC vise non seulement à créer une plateforme de négociation, mais aussi à établir une architecture de conformité et de supervision robuste.
Pham Tuan Anh, responsable des technologies au VIFC, a déclaré que le centre est conçu comme une plaque tournante internationale du transit des capitaux, ciblant les investissements de grande envergure dans les infrastructures telles que les métros et les lignes ferroviaires à grande vitesse.
Le modèle comprend une approche « offshore au sein de l'onshore », intégrée aux réseaux financiers mondiaux comme SWIFT et soutenue par une architecture de sécurité avancée.
Le VIFC développe six piliers technologiques fondamentaux, notamment l'infrastructure applicative, les systèmes de données en temps réel, la technologie réglementaire et de supervision, la compensation centrale, un centre de données aux normes internationales et la numérisation des actifs basée sur la blockchain.