XIVe Congrès du Parti : Priorité à l’humain et à l’environnement pour un développement durable

Le XIVᵉ Congrès du Parti communiste vietnamien marque un tournant : l’humain et l’environnement deviennent les piliers d’un nouveau modèle de développement, où croissance économique, justice sociale et durabilité écologique avancent de concert.

Le Ngoc Han, secrétaire du Comité du Parti et président du Conseil populaire du district insulaire de Co To. Photo : VOV
Le Ngoc Han, secrétaire du Comité du Parti et président du Conseil populaire du district insulaire de Co To. Photo : VOV

Les documents du XIVe Congrès du Parti communiste vietnamien marquent un tournant majeur dans la pensée du développement. Pour la première fois, l’humain est explicitement placé au cœur du processus, tandis que l’environnement devient un pilier à part entière, au même titre que l’économie et le social. L’objectif affiché est une croissance durable, mesurable et orientée vers l’amélioration concrète de la qualité de vie.

Cette inflexion doctrinale se traduit par des objectifs et des indicateurs précis, déclinés par secteur et par phase de développement. Désormais, la protection de l’environnement n’est plus conçue comme un simple facteur d’accompagnement, mais comme un axe structurant du modèle de croissance. Sur le terrain, plusieurs collectivités illustrent déjà cette évolution.

Dans le district insulaire de Co To, au nord du pays, la priorité donnée à l’écosystème marin guide l’ensemble des choix de développement. Le Ngoc Han, secrétaire du Comité du Parti et président du Conseil populaire local, souligne que la stratégie de tourisme vert s’est accompagnée de l’exclusion stricte des projets susceptibles de générer des pollutions. La marque territoriale « Co To vert, propre et durable » a permis de stabiliser les revenus de la population tout en obtenant une reconnaissance régionale, avec le Prix ASEAN du tourisme durable. Préserver la mer et les îles revient, selon lui, à consolider la stabilité sociale dans une zone stratégique du pays.

Dans la province montagneuse de Son La, l’environnement est également envisagé comme une ressource de développement. Hoang Van Nghiem, secrétaire du Comité provincial du Parti, met en avant la transition vers une agriculture verte et circulaire. Cette orientation a permis à la province d’exporter 17 produits agricoles vers 21 pays, de devenir un pôle majeur de fruits et de café à faible impact environnemental dans le nord du Vietnam, tout en améliorant les revenus ruraux et la protection des ressources naturelles.

À Lam Dong, territoire riche en forêts et en ressources naturelles, la conservation écologique est étroitement liée à l’amélioration des conditions de vie des minorités ethniques. Y Thanh Ha Nie Kdam, secrétaire du Comité provincial du Parti, plaide pour un investissement accru dans les infrastructures de transport interrégionales afin de relier les zones habitées par les minorités aux pôles économiques. L’objectif est de favoriser une agriculture à valeur multiple, le tourisme communautaire et des moyens de subsistance durables, tout en garantissant l’accès à la terre et la généralisation des contrats de protection forestière.

Au-delà de l’environnement, la culture est désormais reconnue comme un moteur du développement. Nguyen Van Hung, ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme, rappelle que la résolution n°80 du Bureau politique, adoptée avant le Congrès, consacre une avancée stratégique : la culture et l’humain ne sont plus seulement le socle spirituel de la société, mais deviennent des piliers de la compétitivité nationale. Le développement des industries culturelles et de l’économie créative est appelé à renforcer la « puissance douce » du Vietnam sur la scène internationale.

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Le XIVe Congrès national du Parti est ouvert le 19 janvier à Hanoi.

À l’échelle locale, cette orientation se traduit par une attention accrue au bien‑être des citoyens. Nguyen Thi Thuy Lam, dirigeante de la commune de Tan Khanh Trung (province de Dong Thap), résume l’esprit du Congrès par une formule : développer pour stabiliser, stabiliser pour mieux développer. La satisfaction des habitants et l’efficacité de l’action publique deviennent des critères centraux d’évaluation, dans l’objectif de bâtir des « territoires du bonheur », fondés sur la sécurité, la cohésion sociale et un environnement sain.

La santé, pilier direct de la protection humaine, s’inscrit dans la même logique. Dao Hong Lan, ministre de la Santé, souligne que le principe du « citoyen au centre » se concrétise par un recentrage vers la prévention, la gestion de la santé tout au long de la vie, le renforcement des soins de proximité et l’ambition d’une gratuité progressive des soins de base dès le mandat issu du XIVe Congrès.

Le fil conducteur des documents du Congrès est clair : le développement ne se mesure pas uniquement à la croissance des revenus — avec un objectif de 8 500 dollars par habitant d’ici 2030 — mais à la capacité du pays à offrir un environnement de vie de meilleure qualité, une santé mieux protégée et un épanouissement culturel durable.

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