À Ca Mau, la lutte contre la pêche INN passe par la sensibilisation

À Ca Mau, au Sud du Vietnam, les garde-frontières de Ganh Hao associent sensibilisation, outils numériques et contrôles pour encourager les pêcheurs à respecter la réglementation et contribuer à la levée du « carton jaune » européen.

Le commandant Phan Minh Vuong, chef du poste de contrôle frontalier de Ganh Hao, dans la province de Ca Mau, vérifie lui-même le système de surveillance des navires par satellite (VMS) à bord d’un bateau de pêche. Photo : VNA.
Le commandant Phan Minh Vuong, chef du poste de contrôle frontalier de Ganh Hao, dans la province de Ca Mau, vérifie lui-même le système de surveillance des navires par satellite (VMS) à bord d’un bateau de pêche. Photo : VNA.

Située sur la côte sud du Vietnam, l’embouchure de Ganh Hao, dans la province de Ca Mau, connaît une intense activité de pêche. Pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), le poste de garde-frontières de Ganh Hao multiplie les initiatives, en misant notamment sur la sensibilisation des pêcheurs et les outils numériques.

En associant plusieurs mesures, les garde-frontières cherchent à renforcer le respect de la réglementation et à contribuer aux efforts du Vietnam pour obtenir la levée du « carton jaune » de la Commission européenne (CE).

Le poste de garde-frontières de Ganh Hao fait de la sensibilisation une priorité pour faire évoluer les comportements des propriétaires de navires, des capitaines et des pêcheurs.

Selon le lieutenant-colonel Pham Thanh Nhan, responsable politique du poste, l’unité utilise notamment les groupes Zalo, les vidéos courtes et les codes QR pour informer les pêcheurs des règles relatives aux déclarations d’entrée et de sortie du port et à l’utilisation des systèmes de surveillance des navires par satellite (VMS). Pour ceux qui maîtrisent mal les outils numériques, les garde-frontières se rendent directement à leur domicile afin de les accompagner dans leurs démarches.

Parallèlement, les contrôles des navires à l’entrée et à la sortie du port restent stricts. Le commandant Phan Minh Vuong, chef du poste de contrôle frontalier de Ganh Hao, précise que ses équipes assurent une permanence 24 heures sur 24 pour vérifier les documents et effectuer les formalités sans ralentir la circulation des bateaux. Le logiciel eCDT permet de dématérialiser les déclarations d’entrée et de sortie du port, de simplifier les procédures et de faciliter la gestion des données.

Les garde-frontières participent également au contrôle des bateaux dépourvus des documents et autorisations requis, en aidant leurs propriétaires à accomplir les formalités nécessaires et veillent au traitement des infractions conformément à la réglementation.

Les militaires apprennent aussi aux pêcheurs à utiliser les équipements VMS et à résoudre les problèmes techniques courants. Lorsqu’un bateau perd sa connexion ou semble s’approcher des limites des zones de pêche autorisées, les autorités émettent rapidement une alerte et prennent contact avec son propriétaire. Les données de localisation du système VMS facilitent également les opérations de recherche et de sauvetage en mer, notamment en cas d’incident ou de mauvaises conditions météorologiques.

Grâce à ces actions, les pêcheurs de Ganh Hao prennent progressivement davantage conscience de l’importance du respect des règles de pêche.

Le pêcheur Dang Quoc Thuy estime que la levée du « carton jaune » faciliterait les exportations de produits de la pêche vietnamiens vers les marchés internationaux et permettrait d’en améliorer la valeur, au bénéfice des revenus des pêcheurs. De son côté, Mai Thanh Binh souligne que les pêcheurs locaux sont de plus en plus conscients de leur responsabilité de ne pas pénétrer illégalement dans les eaux étrangères et de respecter les zones de pêche autorisées.

De son côté, To Hoai Phuong, directeur du Service de l’agriculture et de l’environnement de Ca Mau, indique que la province entend moderniser le secteur de la pêche, développer les outils numériques, améliorer les infrastructures portuaires et renforcer la protection des ressources halieutiques. Selon lui, la levée du « carton jaune » doit aller de pair avec une meilleure gestion du secteur, une traçabilité transparente des produits et la préservation des moyens de subsistance des pêcheurs.

VNA/NDEL
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