Dans un contexte où le détroit d’Ormuz – voie stratégique par laquelle transite près d’un quart de la production mondiale de pétrole brut – risque d’être perturbé, les tensions sur l’équilibre entre l’offre et la demande d’énergie s’accentuent, avec des répercussions pour de nombreuses économies, dont celle du Vietnam.
Face à ces évolutions, l’Agence de surveillance et de développement du marché intérieur, relevant du ministère de l’Industrie et du Commerce, a activé un mécanisme de veille et de réponse précoce.
Selon un représentant de l’Agence, dès l’escalade des tensions, des réunions de travail ont été organisées avec les deux principales raffineries du pays – la Société par actions de raffinage et de pétrochimie de Binh Son et la Société de raffinage et de pétrochimie de Nghi Son – ainsi qu’avec de grands distributeurs de carburants afin d’évaluer les capacités de production, les niveaux de stocks, les plans d’importation et la capacité à répondre à la demande intérieure selon différents scénarios.
Sur la base de cette évaluation et des prévisions concernant l’évolution du marché international, l'Agence sur la surveillance et le développement du marché intérieur a soumis un rapport au ministère et élaboré plusieurs scénarios de gestion correspondant à différents niveaux de fluctuations des prix du pétrole et de l’approvisionnement mondial. L’approche vise non seulement à réagir aux évolutions à court terme, mais aussi à renforcer la gestion globale des risques afin d’assurer une régulation proactive et flexible.
Les mesures actuellement mises en œuvre reposent sur trois axes principaux. Le premier consiste à suivre de près l’évolution du marché et à gérer de manière flexible l’approvisionnement.
Le ministère actualise régulièrement les données sur les prix du pétrole, la production, les stocks et les flux commerciaux internationaux afin d’ajuster les importations et la répartition des volumes.
Parallèlement, les autorités renforcent les inspections concernant l’obligation de stocks minimaux imposée aux entreprises importatrices pour l’année 2026. Le maintien de ces réserves constitue un mécanisme essentiel pour stabiliser le marché en période de fortes fluctuations.
Le deuxième axe vise à garantir le fonctionnement fluide du système de distribution, depuis les importateurs jusqu’aux stations-service.
Les autorités ont intensifié les contrôles afin de sanctionner les pratiques de rétention de marchandises, de spéculation ou d’augmentation injustifiée des prix.
Les services provinciaux de l’industrie et du commerce sont également chargés de surveiller étroitement les activités des points de vente au détail afin d’éviter toute rupture locale d’approvisionnement.
Enfin, les autorités élaborent des scénarios à plus long terme et renforcent la coordination intersectorielle.
Le ministère de l’Industrie et du Commerce a proposé au gouvernement plusieurs options de gestion adaptées à différents niveaux de risque, allant d’une désescalade rapide du conflit à un scénario prolongé susceptible d’entraîner de graves perturbations de l’approvisionnement.
Dans ce cadre, le ministère travaille également avec le Groupe de l'industrie et de l'énergie du Vietnam (Petrovietnam), afin d’assurer le fonctionnement stable des raffineries et de garantir les volumes de production prévus par contrat.
Parallèlement, les entreprises sont encouragées à diversifier leurs sources d’approvisionnement en pétrole brut vers des marchés alternatifs hors du Moyen-Orient afin de réduire les risques de dépendance.
Sur le plan institutionnel, un nouveau décret relatif au commerce des carburants a été soumis au gouvernement afin d’améliorer la transparence et la concurrence du marché.
Le ministère coopère également avec les autorités concernées pour ajuster la gestion des prix et accélérer les procédures de contrôle de qualité des carburants importés, tout en préparant la mise en œuvre de l’essence E10 à partir du 1er juin 2026.