Le palais qui s’étend sur une superficie de quelque 4 000 m², et se distingue par une architecture singulière, mêlant influences occidentales et esthétiques orientales.
Autour du palais Hoang A Tuong, chroniques de la vie montagnarde à Bac Ha
Dans la brume du plateau blanc de Bac Ha, le palais Hoang A Tuong se dresse comme une mémoire silencieuse des hautes terres du Nord-Ouest du Vietnam, là où s’esquissent l’histoire et l’âme vivante des communautés montagnardes.
Dans la fine brume du « plateau blanc » de Bac Ha (province de Lao Cai, au nord-ouest du Vietnam), le palais Hoang A Tuong apparaît, silencieux et fascinant, comme un fragment intact de l’histoire du Nord-Ouest vietnamien au début du XXᵉ siècle.
Le palais appartenait à Hoang Yen Chao et à son fils Hoang A Tuong, notables de l’ethnie Tay.
Hoang A Tuong était le chef du territoire de Bac Hà jusqu’à la libération de la province de Lao Cai en 1950. En son honneur, on appelle cet ouvrage « le palais de Hoang A Tuong ».
Le palais de Hoang A Tuong, mis en chantier en 1914 et achevé en 1921, n’est pas seulement le symbole de la puissance d’une des familles les plus riches de la région frontalière, mais aussi un véritable trésor d'histoires sur la vie, la culture et les habitants de Bac Ha.
Le palais qui s’étend sur une superficie de quelque 4 000 m², et se distingue par une architecture singulière, mêlant influences occidentales et esthétiques orientales.
Le style occidental apparaît dans les fines décorations telles que branches de laurier gravées sur la porte d’entrée et couloirs pavés. On y trouve également les caractéristiques typiques d’une forteresse.
La façade, d’inspiration architecturale euroasiatique, avec ses épais murs de pierre et sa composition symétrique, impose une solennité majestueuse. Le hall principal du palais, où se tenaient d'importantes réunions et réceptions, reflète la puissance et l’opulence de son ancien propriétaire. La chambre, avec couvertures, moustiquaires, oreillers et matelas en brocart, là où le confort occidental rencontre la beauté de l’artisanat traditionnel des hautes terres. L’espace dédié au culte ancestral, empreint de recueillement, témoigne de la vie spirituelle et du respect voués aux ancêtres de la famille. Les quartiers des domestiques, aux objets simples et fonctionnels, créent un contraste subtil entre les différentes classes sociales d’un même palais. Des instruments de musique traditionnels, tels que le khèn, la flûte et le violon à deux cordes (đàn nhị), évoquant les sonorités familières de la vie culturelle du Bac Ha d’autrefois.
Charrues, herses, paniers et mortiers en pierre : ces outils racontent l'histoire d'une vie intimement liée à la terre et aux montagnes. Arbalètes et pièges de chasse, vestiges d'une époque où l’homme dépendait étroitement de la nature et de ses compétences de survie. Maïs et riz après la récolte, images simples, mais tenaces de l’agriculture des régions montagneuses. Ingrédients et ustensiles de distillation de l’alcool traditionnel. Les visiteurs déambulent tranquillement dans chaque pièce, écoutant l'histoire racontée à travers les espaces et les souvenirs. Ils apprécient la découverte et l'expérience des costumes traditionnels, s'imprégnant ainsi de l'identité culturelle locale.
Le cheval de Bac Ha, symbole indissociable des montagnes, des fêtes et du rythme de vie endurant de cette terre frontalière. Des enfants de Bac Ha, spontanés auprès des visiteurs, leurs sourires limpides, reflets vivants de la vitalité du présent.