Fondé sur les principes de l’État de droit socialiste, l’État révolutionnaire vietnamien — fruit direct de la victoire historique remportée par la nation il y a 80 ans — s’attache aujourd'hui à accélérer sa modernisation et son perfectionnement. Il perpétue ainsi, pour le présent comme pour l'avenir, sa noble mission : être un État du peuple, par le peuple et pour le peuple.
Dès la phase de recherche théorique et d’expérimentation pratique visant à tracer la voie révolutionnaire de la nation et à fonder un Parti prolétarien au Vietnam, le dirigeant Hô Chi Minh a posé un principe directeur fondamental : l’État de droit doit appartenir au peuple. Cette vision constituait à la fois un objectif, un trait saillant et le garant d'une révolution pleinement accomplie. Imprégné de cette doctrine, le Parti a toujours maintenu ce cap tout au long de son histoire et de son leadership dans la lutte pour l'indépendance nationale, enrichissant constamment sa conception théorique du pouvoir d'État révolutionnaire.
Lors du mouvement de la Révolution d’Août 1945, une évolution majeure de la pensée et de la ligne directrice du Parti — qui fut aussi l'une des clés du salut national — consista à prôner l’établissement d’un gouvernement de « république démocratique » après l’expulsion des colonialistes français et des fascistes japonais. Ce pouvoir ne devait pas être l’apanage d’une « classe exclusive », mais bien le « bien commun de la nation entière, à l’exception des laquais des impérialistes franco-japonais et des traîtres à la patrie »[1]. Il s’agissait d’un « gouvernement populaire de la République démocratique du Vietnam (...) élu par le Congrès national »[2], « incarnant la sincère unité et l'action unanime de l'ensemble du peuple »[3].
Sous l’égide du Parti et du Front Viet Minh, les structures d’un « pré-gouvernement » ont progressivement germé et pris forme dans de nombreuses régions. Portées par diverses corporations de compatriotes et par les Associations pour le salut national, ces structures veillaient à la défense et à la garantie des droits et des intérêts du peuple.
Ce processus a également permis aux citoyens d'exercer leurs droits et devoirs dans l’édification et la protection du pouvoir, passant ainsi d'une démocratie directe à une démocratie représentative.
À la suite du lancement de l'Insurrection générale par le Parti, le Congrès national réuni à Tan Trao (Tuyen Quang) a désigné le Comité de libération nationale du Vietnam — soit le Gouvernement provisoire — avec pour mission de « mener la révolution de libération nationale (...) vers la victoire », et d’« agir au nom de la nation dans les relations extérieures tout en dirigeant les affaires intérieures »[4].
Une fois l’Insurrection générale couronnée de succès, le 2 septembre 1945, le dirigeant Hô Chi Minh, au nom du Gouvernement provisoire, proclama la Déclaration d’indépendance devant la nation et le monde, marquant la naissance du premier État démocratique populaire dirigé par un Parti communiste en Asie du Sud-Est.
Depuis 80 ans, le pouvoir d'État à tous les niveaux n'a cessé d'être soutenu, édifié et fortifié par le Parti et le peuple, accomplissant de manière exemplaire la mission historique définie à sa naissance.
Bâtir un pouvoir d’État du peuple, par le peuple et pour le peuple constitue la volonté et l'orientation idéologico-politique centrale, ainsi qu'une tâche majeure et constante à travers les Programmes politiques et les lignes directrices du Parti. Aux différentes étapes de son histoire en tant que Parti au pouvoir, et face aux exigences concrètes de l'œuvre révolutionnaire — qu'il s'agisse de la double tâche stratégique de résistance et de reconstruction nationale (période 1945-1954) ou de l'édification du socialisme au Nord combinée à la lutte pour la libération totale du Sud et la réunification du pays (période 1954-1975) —, le Parti a su formuler des orientations claires pour asseoir et optimiser le rôle de l'appareil d'État. Ce faisant, il a mené à bien la révolution nationale démocratique populaire tout en garantissant les droits et intérêts fondamentaux des citoyens.
Depuis 1986, sous l’impulsion du Renouveau (Doi Moi) global initié par le Parti, la compréhension théorique et la mise en œuvre des réformes visant à parfaire l’État de droit socialiste vietnamien sont devenues plus mûres, plus profondes, plus cohérentes et mieux harmonisées sur le plan institutionnel.
Lors de son VIe Congrès (en 1986), le Parti a préconisé « la mise en œuvre d'une réforme majeure de la structure organisationnelle de l'appareil d'État » et « la gouvernance du pays par la loi ». Par la suite, le Programme politique pour l’édification du pays en période de transition vers le socialisme (en 1991) a défini l'édification d’un État socialiste — un État du peuple, par le peuple et pour le peuple, fondé sur l'alliance entre la classe ouvrière, la classe paysanne et les intellectuels, et placé sous la direction du Parti communiste — comme l’une des orientations majeures et prioritaires pour la construction et la défense de la Patrie durant cette période transitoire.
Dans le Programme politique révisé et enrichi en 2011, « l’édification d’un État de droit socialiste du peuple, par le peuple et pour le peuple » figure parmi les huit orientations fondamentales pour mener à bien les objectifs fixés à l'horizon du milieu du XXIe siècle, visant à faire du Vietnam un pays industriel moderne et à orientation socialiste.
L’édification de cet État du peuple, par le peuple et pour le peuple a été institutionnalisée pour devenir un principe constitutionnel suprême. Elle constitue la ligne directrice ainsi que la règle d'organisation, de fonctionnement et d'exercice des prérogatives de l'appareil de l'administration publique à tous les échelons au Vietnam depuis 80 ans.
La toute première Constitution de notre pays (en 1946) stipulait déjà que l'État représentait la souveraineté du peuple tout entier sur le pays et qu'il était comptable devant le peuple du destin de la patrie. La Constitution de 1959 soulignait quant à elle : « Tous les organes de l'État doivent s'appuyer sur le peuple, maintenir des liens étroits avec lui, être à l'écoute de ses opinions et se soumettre à son contrôle ».
Dans l’élan du Renouveau (Doi Moi), la Constitution, le corpus législatif et l'arsenal juridique relatifs à l'État de droit socialiste du peuple, par le peuple et pour le peuple n'ont cessé de se perfectionner.
La Constitution de 2013 réaffirme solennellement : « La République socialiste du Vietnam appartient au Peuple qui en détient la souveraineté ; tout le pouvoir d'État appartient au Peuple », « L'État garantit et fait fructifier la souveraineté du Peuple ; reconnaît, respecte, protège et garantit les droits de l'homme et les droits du citoyen ; poursuit l'objectif d'un peuple riche, d'un pays puissant, démocratique, équitable et civilisé, où chacun jouit d'une vie prospère, libre et heureuse, et bénéficie des conditions nécessaires à son plein épanouissement ».
Sur la base de cette Constitution, l'État élabore et perfectionne le système juridique, tout en encadrant et régulant les relations sociales dans un esprit de justice et de primauté du droit. Parallèlement, l'ensemble des institutions et de l'appareil d'État s'organisent et opèrent dans le strict respect de la légalité.
Une série de lois organiques relatives à l’organisation de l'appareil d'État ont été promulguées et modernisées, posant ainsi les fondements juridiques du processus de restructuration institutionnelle. Cette dynamique vise à accroître l’autorité, l’efficacité et la performance des institutions publiques, avec pour objectif ultime de servir au mieux les citoyens.
La consultation de la population lors de la rédaction, de la révision et de la promulgation des lois, ainsi que l’application de plus en plus rigoureuse de la justice, répondent parfaitement aux exigences du Renouveau et de l'intégration internationale. Elles constituent les illustrations les plus vivantes de l’avancement d’un État du peuple, par le peuple et pour le peuple.
Au cours de ces 80 dernières années, de l'État de la République démocratique du Vietnam à l'actuel État de droit socialiste, les modèles organisationnels, les structures et les modes opératoires de l'administration publique ont certes évolué et mûri pour s'adapter aux impératifs de l'œuvre révolutionnaire ; pour autant, ils sont tous restés fidèles au mécanisme fondamental : « Le Parti dirige, l'État gère, le peuple est maître », et sont demeurés indéfectiblement attachés au principe d'un État du peuple, par le peuple et pour le peuple.
Aujourd'hui, l'organisation de l'État garantit, d'une part, le principe de l'unicité du pouvoir d'État, assorti d'une répartition des compétences, d'une coordination et d'un contrôle mutuel entre les institutions dans l'exercice des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. D'autre part, elle opère une mutation révolutionnaire tant dans ses modèles que dans ses méthodes d’action et ses mécanismes opérationnels. Cette transition marque le passage d'une logique traditionnellement axée sur le contrôle et l'administration stricte à une logique de gouvernance, d'État développeur et de facilitation de la croissance. Elle renforce ainsi l'efficacité, l'efficience et la performance publiques, afin de mener à bien la mission sacrée d'un État du peuple, par le peuple et pour le peuple.
Depuis le 1er juillet 2025, la mise en œuvre du modèle d'administration locale à deux niveaux marque une avancée institutionnelle majeure en matière de décentralisation et de transfert de compétences. Cette réforme cruciale permet de lever les blocages structurels tout en rapprochant l'appareil d'État et l'action publique des citoyens, garantissant ainsi un service au plus près de leurs besoins. Parallèlement à cette restructuration, la réforme administrative, le déploiement de la gouvernance numérique (e-gouvernement) et la transition technologique ont connu une accélération sans précédent, favorisant le développement socio-économique et l'amélioration continue de la qualité de vie de la population.
Tout au long de ces 80 années consacrées à l'édification d'un État du peuple, par le peuple et pour le peuple, les pouvoirs publics se sont attachés à garantir et à concrétiser les droits de l'homme et les droits du citoyen. Cette démarche s'enracine dans les spécificités culturelles et sociales du Vietnam tout en s'harmonisant avec les valeurs universelles de l'humanité. L’appareil d’État s’impose ainsi comme le pivot central de la construction et de la mise en œuvre d’un système de protection sociale universel et multi-niveaux. Autant de preuves tangibles qui illustrent la réalité d'un État véritablement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
L’ère nouvelle — celle de l’essor et de l'affirmation de la nation — crée des conditions optimales tout en imposant des exigences monumentales et des défis urgents pour l'édification et le parachèvement de l’État de droit socialiste vietnamien, placé sous l’égide du Parti communiste.
Notes de bas de page / Références bibliographiques
[1] Parti communiste du Vietnam : Œuvres complètes du Parti, Éditions Politiques Nationales, Hanoï, 2000, tome 7, p. 114.
[2] Parti communiste du Vietnam : Ibid., tome 7, p. 150.
[3] Hô Chi Minh : Œuvres complètes, Éditions Politiques Nationales - La Vérité, Hanoï, 2011, tome 3, p. 537.
[4] Parti communiste du Vietnam : Ibid., tome 7, pp. 560-561.