Donner un nouveau souffle aux entreprises textiles

L'exonération totale (taux ramené à 0 %) de la taxe sur la consommation spéciale s'appliquant aux carburants, couplée à une baisse de 2 % du prix de détail moyen de l'électricité à compter du 1ᵉʳ novembre, revêt une importance capitale pour le monde des affaires et le quotidien des ménages.

Production textile et de vêtements destinés à l'exportation dans une filiale de Vinatex. Photo: NDEL
Production textile et de vêtements destinés à l'exportation dans une filiale de Vinatex. Photo: NDEL

L'exonération totale (taux ramené à 0 %) de la taxe sur la consommation spéciale s'appliquant aux carburants, couplée à une baisse de 2 % du prix de détail moyen de l'électricité à compter du 1ᵉʳ novembre, revêt une importance capitale pour le monde des affaires et le quotidien des ménages, dans un contexte marqué par la flambée des cours des matières premières et de l'énergie.

D'après les premiers retours des acteurs économiques, ces mesures d'allègement permettent aux entreprises d'optimiser leurs charges, de gagner en rentabilité et de renforcer leur compétitivité sur les marchés.

Do Thanh Tung, directeur général adjoint de la société à responsabilité limitée à associé unique Det 8-3 (Filature-Tissage 8 Mars), affirme : « La décision d'ajuster à la baisse les prix des carburants et du tarif moyen de l'électricité traduit une orientation stratégique judicieuse du gouvernement. Elle vise non seulement à juguler l'inflation globale, mais témoigne aussi d'une vision axée sur le développement durable, garantissant la compétitivité des unités de production vietnamiennes face aux défis majeurs de l'intégration économique globale. »

Au sein de l'industrie textile, et tout particulièrement dans le secteur de la filature, l'électricité représente un poste de dépense prépondérant dans la structure des coûts de revient. Jusqu'à présent, toute démarche d'efficience énergétique parvenant à réduire la consommation de 1 à 2 % était déjà considérée comme un grand succès.

Pour une structure dont la facture électrique mensuelle s'élève en moyenne à 3,5 milliards de dôngs (et dépasse 3,8 milliards lors des pics de production), une remise de 2 % génère une économie estimée à 75 millions de dôngs par mois, soit environ 900 millions de dôngs par an.

« Cet allègement tarifaire ne se limite pas à diminuer nos coûts opérationnels ou à accroître notre efficience ; il constitue un levier précieux pour consolider la position de nos exportateurs face aux pressions structurelles dues au renchérissement mondial des intrants. De surcroît, la réduction de la charge électrique nous incite à investir davantage dans la modernisation et l'automatisation du parc d'équipements. Cela permet d'alléger la pénibilité du travail pour nos salariés tout en pérennisant la chaîne de valeur façonnée au cours des dernières années », a souligné Do Thanh Tung.

L'année 2026 est marquée par une escalade des cours mondiaux du pétrole, appelés à se maintenir à des niveaux élevés, tirant mécaniquement vers le haut les prix des carburants sur le marché national. Concrètement, les frais de transport intérieur ont bondi de 2 à 5 %, tandis que les indemnités de déplacement allouées au personnel ont généré un surcoût mensuel de 3 %.

La suppression de la taxe sur la consommation spéciale appliquée aux essences et la baisse de 2 % du prix de l'électricité provoquent par effet d'entraînement une diminution des coûts logistiques et des intrants industriels. Les entreprises peuvent ainsi alléger leurs charges, dégager de meilleures marges et reconstituer leurs fonds propres en vue de réinvestir dans leur outil productif.

Abordant cette problématique, Mme Nguyen Thi ToTrang, directrice générale de la société par actions Vinatex Phu Hung, estime que l'entrée en vigueur le 1ᵉʳ novembre de cette réduction tarifaire sur l'électricité et de la franchise fiscale sur le carburant constitue une intervention opportune et hautement bénéfique pour le tissu entrepreneurial, en particulier pour le secteur textile.

La portée de cette mesure s'avère d'autant plus manifeste au quatrième trimestre, une période où les filateurs subissent de plein fouet la hausse vertigineuse des matières premières, notamment du coton et des fibres polyester (PSF), ce qui menace de dégrader sensiblement leurs prévisions de bénéfices par rapport aux objectifs initiaux. Outre les matières premières, l'énergie constitue le facteur clé de la filature, absorbant à elle seule près de 30 % des coûts de transformation.

Par conséquent, la baisse du prix de l'électricité aura un impact immédiat sur les résultats d'exploitation dès les mois de novembre et décembre. Rien que pour Vinatex Phu Hung, l'économie projetée avoisine les 180 millions de dôngs sur les deux derniers mois de l'année. Bien qu'il s'agisse d'un montant modeste, il contribue néanmoins à éponger une partie du surcoût lié aux matières premières.

Par ailleurs, cette mesure insuffle une dynamique psychologique positive, permettant aux entreprises de se concentrer sereinement sur la mobilisation de leurs ressources afin de faire face aux fluctuations des matières premières, des prix de vente et de la demande, tout en s'efforçant d'atteindre leurs objectifs fixés.

Selon les prévisions pour 2027, le secteur textile continuera d'affronter de nombreuses difficultés et une pression concurrentielle accrue. Notamment, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et l'instabilité macroéconomique mondiale maintiennent les cours des fibres polyester (PSF) à un niveau élevé, alors que les prix de vente des fils peinent à augmenter. De même, les cours du coton devraient rester soutenus, tandis que d'autres charges, telles que la masse salariale et l'approvisionnement en pièces de rechange, s'inscrivent également à la hausse.

En parallèle, l'absence de signes de reprise concernant les prix de vente et la demande globale expose les entreprises à un double impact : la stagnation du marché aval d'une part, et la hausse continue des coûts de production en amont d'autre part.

Dans ce contexte, la communauté d'affaires espère que le gouvernement envisagera de prolonger la réduction des tarifs de l'électricité ainsi que la baisse de la taxe sur la consommation spéciale appliquée aux carburants jusqu'à la fin de l'année 2027. Cela permettrait aux industriels d'aborder la production avec sérénité et de continuer à contribuer à la croissance économique globale.

M. Cao Huu Hieu, directeur général du Groupe Textile-Habillement du Vietnam (Vinatex), souligne que le marché demeurera empreint de risques dans la période à venir. Les facteurs de vulnérabilité incluent une forte volatilité des cours du coton et des fibres synthétiques, un contexte de change potentiellement défavorable aux exportations face à l'appréciation du dollar par rapport au dông, un resserrement de la demande sur les marchés américain et européen, ainsi que l'envolée des frais logistiques et des intrants qui pèse lourdement sur les marges bénéficiaires. À cela s'ajoutent le durcissement des exigences relatives à l'origine des produits, le renforcement des mesures de défense commerciale, sans compter l'intensification de la concurrence exercée par des pays producteurs majeurs tels que le Bangladesh ou la Chine.

La décision du gouvernement d'ajuster à la baisse les prix des carburants et de l'électricité constitue une mesure opportune visant à partager le fardeau des acteurs économiques et de la population. Elle permet d'alléger la pression financière pesant sur les entreprises tout en renforçant la compétitivité de leurs produits.

Dans l'ensemble, cet allègement des coûts énergétiques générera un effet d'entraînement vertueux, incitant à une baisse générale des matières premières et des dépenses d'exploitation. Un levier essentiel pour permettre aux entreprises de redynamiser leurs activités de production et de commerce afin de réaliser les objectifs assignés.

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