Toutefois, ces mesures exercent une pression accrue à court terme sur les finances publiques, obligeant l’État à arbitrer entre la stimulation de l’économie, la garantie de la sécurité financière nationale et la satisfaction des besoins de dépenses au service du développement et du bien-être social.
Selon les données du ministère des Finances, les recettes budgétaires des deux premiers mois de 2026 ont atteint près de 604 000 milliards de dôngs, soit 23,9% des prévisions annuelles et une progression de 13,5% en glissement annuel.
Ce résultat notable a été obtenu alors même que des mesures d’exonération et de réduction d’impôts, d’une valeur supérieure à 30 000 milliards de dôngs (1,14 milliard de dollars), étaient mises en œuvre pour soutenir la reprise de la production et des activités économiques.
Bien que ces résultats globaux soient encourageants, la marge de manœuvre budgétaire se réduit de plus en plus, sous l’effet conjugué de la baisse des recettes liée aux politiques de soutien fiscal et de l’augmentation continue des besoins de financement pour l’investissement de développement et le bien-être social.
Les recettes intérieures, portées par le dynamisme du secteur privé et des investissements directs étrangers, ont progressé de 15,7% pour atteindre 561 500 milliards de dôngs, confirmant leur rôle de principal moteur du budget de l’État.
En revanche, les recettes tirées du pétrole brut et du commerce extérieur subissent les effets de la volatilité des marchés internationaux, ce qui impose une restructuration durable des sources de revenus afin de limiter la dépendance aux cycles économiques mondiaux.
Le ministre des Finances, Nguyen Van Thang, a averti que la stabilité macroéconomique en 2026 était affectée par de nombreux facteurs externes, notamment les fluctuations des prix de l’énergie et des matières premières, qui pèsent sur les coûts de production.
Dans ce contexte, le gouvernement privilégie des mesures de relance par la demande, telles que la prolongation de la réduction de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et l’ajustement des droits de douane sur les intrants industriels.
Toutefois, les économistes du Groupe de recherche économique et politique (VEPR) de l’Université nationale de Hanoï préviennent qu’une politique budgétaire expansionniste prolongée pourrait aggraver le déficit et la dette publique, préconisant ainsi un soutien plus ciblé sur les secteurs à forte valeur ajoutée.
Parallèlement, le secteur financier intensifie la lutte contre l’évasion fiscale et mise sur la transformation numérique pour optimiser la collecte des recettes, notamment dans le commerce électronique.
La discipline budgétaire s’accompagne d’un effort soutenu de réduction des dépenses courantes afin de privilégier les projets d’infrastructure stratégiques, susceptibles de générer des effets d’entraînement sur l’ensemble de l’économie.
En définitive, les experts s’accordent à dire que l’équilibre budgétaire à long terme dépendra de la capacité du pays à créer de nouveaux moteurs de croissance, à améliorer la productivité du travail et à diversifier les recettes fiscales.
Des secteurs tels que l’économie numérique, l’économie verte, l’innovation et les hautes technologies devraient jouer un rôle croissant dans la création de sources de revenus stables et durables pour le budget de l’État.