La coopération régionale au cœur de la stratégie internationale du Vietnam

Dans une interview accordée à la VNA à Bangkok, Supalak Ganjanakhundee analyse la diplomatie vietnamienne à travers les récentes visites du secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV) et président de la République To Lam dans trois pays d’Asie du Sud-Est et son discours au Dialogue de Shangri-La.

L'universitaire thaïlandais Supalak Ganjanakhundee. Photo : VNA.
L'universitaire thaïlandais Supalak Ganjanakhundee. Photo : VNA.

Dans une interview accordée à l’Agence vietnamienne d’information (VNA) à Bangkok au sujet des récentes visites du secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV) et président de la République, To Lam, dans trois pays d’Asie du Sud-Est ainsi que de son discours d’ouverture au Dialogue de Shangri-La, l’universitaire thaïlandais Supalak Ganjanakhundee a livré son analyse de la démarche diplomatique vietnamienne.

Il a souligné qu’avant de présenter la vision vietnamienne de la paix et de la sécurité régionales sur une importante tribune internationale, le dirigeant vietnamien s’était rendu en Thaïlande, membre clé de l’ASEAN.

Selon lui, cette démarche illustre l’importance que le Vietnam accorde à l’ASEAN et à ses relations avec ses voisins. Commentant le discours de To Lam au Dialogue de Shangri-La, l’universitaire thaïlandais a indiqué que le dirigeant vietnamien avait mis en évidence trois crises interdépendantes façonnant le paysage mondial actuel : la crise de l’ordre international, celle des modèles de développement et celle de la confiance stratégique.

Ce cadre analytique, a-t-il souligné, reflète la conception plus large qu'a le Vietnam de la sécurité contemporaine, allant au-delà des préoccupations militaires traditionnelles pour inclure la résilience économique, la gouvernance technologique et le maintien de règles internationales stables.

L'un des aspects les plus marquants du discours a été l'accent mis par le Vietnam sur la diplomatie préventive, le dialogue, la réconciliation, la médiation et les mécanismes de confiance.

Selon l'universitaire thaïlandais , cet appel à des mesures de réduction des risques témoigne de la confiance croissante du Vietnam en tant qu'acteur régional désireux de contribuer à façonner l'environnement régional.Le chercheur a également souligné que le soutien affirmé du Vietnam au rôle central de l’ASEAN constituait un message majeur du discours.

À ses yeux, l’interprétation vietnamienne de cette centralité dépasse la simple préservation des forums dirigés par l’ASEAN. Le bloc régional devrait au contraire devenir plus efficace dans la prévention des conflits, la gestion des tensions et le maintien de la stabilité stratégique dans un contexte marqué par l’intensification de la compétition entre grandes puissances.

Supalak a affirmé que le Vietnam ne se contente plus de s'adapter aux évolutions régionales, mais joue désormais un rôle plus actif dans leur élaboration. Cela s'est clairement reflété dans l'accent mis par le dirigeant sur le dialogue, la diplomatie préventive, la confiance stratégique, le droit international et la centralité de l'ASEAN comme piliers essentiels de la stabilité régionale.

Le chercheur a également observé que le Vietnam semble de plus en plus disposé à contribuer à la stabilité régionale au-delà de ses intérêts nationaux immédiats. Son insistance sur la réconciliation, la médiation, les mesures de confiance et la diplomatie préventive témoigne de l’émergence du Vietnam comme puissance moyenne stable, attachée au renforcement des institutions régionales, à la promotion du droit international et à la préservation de la paix et de la prospérité en Asie-Pacifique face à la compétition croissante entre grandes puissances.

Toujours selon l’universitaire thaïlandais, l’importance de ce discours pour l’ASEAN réside dans la vision qu’il propose pour répondre à un environnement stratégique de plus en plus incertain et concurrentiel. Plutôt que de se limiter aux questions de sécurité militaire, le dirigeant vietnamien a abordé les défis régionaux sous l’angle de l’ordre international, du développement et de la confiance stratégique, soulignant la nécessité pour l’ASEAN de jouer un rôle plus proactif dans la gestion des risques et la prévention des crises.

L'universitaire thaïlandais a conclu que l'importance de ce discours ne réside pas dans ses implications politiques immédiates, mais dans ce qu'il révèle de l'évolution du point de vue du Vietnam sur l'ASEAN. Cela démontre que le Vietnam considère de plus en plus ce bloc non seulement comme un forum diplomatique, mais aussi comme un mécanisme essentiel pour préserver la stabilité régionale face aux incertitudes géopolitiques croissantes.

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