La Région militaire 2 met en œuvre la « Campagne des 500 jours et nuits »

En réponse à la « Campagne des 500 jours et nuits visant à intensifier la recherche, le rapatriement et l’identification des restes des martyrs », de nombreux anciens combattants de la Région militaire 2, sont retournés sur les anciens champs de bataille, traversant forêts et cours d’eau pour guider les équipes de recherche.

Au cours de cette campagne, les équipes de recherche et de récupération de la Région militaire 2 ont retrouvé de nombreux restes de soldats tombés au combat. Photo : NDEL.
Au cours de cette campagne, les équipes de recherche et de récupération de la Région militaire 2 ont retrouvé de nombreux restes de soldats tombés au combat. Photo : NDEL.

Les souvenirs des combats et de leurs camarades tombés au combat sont devenus une véritable « carte vivante » permettant aux soldats d’aujourd’hui de retrouver leurs compagnons d’armes.

Selon l’ancien combattant Hoang Minh To, 72 ans, ancien chef du Bataillon 1 du Régiment 821, après une période d’accalmie sur le front, le commandement ordonna, début juillet 1984, aux forces spéciales de reprendre les hauteurs situées entre les cotes 300 et 400. Après plusieurs jours de reconnaissance, de préparation de maquettes du terrain et d’entraînement, l’unité accomplit sa mission dans la nuit du 10 au matin du 11 juillet 1984. En seulement dix minutes, elle reprit les hauteurs, repoussa ensuite les contre-attaques ennemies et céda la position aux forces d’infanterie chargées de la tenir. Cette bataille marqua le début de la campagne MB-84, une campagne particulièrement acharnée au cours de laquelle les forces vietnamiennes subirent de lourdes pertes.

Dans la zone relevant de la Région militaire 2, plus de 29 000 martyrs ont combattu et sacrifié leur vie. À ce jour, plus de 4 800 d’entre eux n’ont toujours pas été retrouvés et rapatriés, dont plus de 4 500 au Vietnam et plus de 300 dans six provinces du nord du Laos.

Des vétérans participent aux recherches et à la récupération des dépouilles de leurs camarades tombés au combat.

Près de 400 cimetières de martyrs dans la région comptent plus de 46 000 tombes individuelles et 36 tombes collectives. Toutefois, les informations restent inconnues ou seulement partielles pour plus de 18 000 tombes.

Le général de brigade Nguyen Ngoc Ngan, directeur adjoint du Département politique et vice-président permanent du Comité directeur de la Région militaire n° 2 chargé de la recherche, du rapatriement et de l’identification des restes des martyrs, indique que la Région militaire s’efforce d’achever pour l’essentiel les opérations dans la zone stratégique de Vi Xuyen, le « cœur » des deux provinces de Tuyen Quang et de Lao Cai. Elle prévoit de rechercher et de rapatrier les restes de plus de 800 martyrs, tout en prélevant des échantillons sur les restes de plus de 11 000 tombes dont l’identité n’a pas été établie, afin de procéder à des analyses ADN.

Les opérations de recherche et de rapatriement se heurtent à de nombreuses difficultés : manque d’informations sur les lieux d’inhumation initiaux, vieillissement des témoins et dégradation de leur mémoire, transformation du relief, présence de mines et de munitions non explosées datant de la guerre, ainsi que dispersion des dossiers, listes de martyrs et plans des tombes, conservés et transmis successivement entre différentes unités et collectivités locales.

Dans le « cœur » de la zone, le relief montagneux, avec ses sommets élevés, ses vallées profondes et ses terrains escarpés, complique les recherches. De nombreuses zones ont été ravagées par les bombardements, au point que les restes des martyrs ne sont plus intacts. Les restes des martyrs de la résistance contre les colonialistes français, principalement ceux de la période 1953-1954, sont fortement décomposés, ce qui rend les prélèvements difficiles. Dans les six provinces du nord du Laos, l’étendue du territoire est considérable et les informations sur les tombes ont presque totalement disparu.

Dans ce contexte, les anciens combattants qui ont participé aux combats et procédé directement à l’inhumation de leurs camarades ont fourni de précieuses informations aux équipes de recherche.

Sur les hauteurs 300-400, Hoang Minh To était accompagné des anciens combattants Pham Quang Vinh, ancien soldat de la Compagnie 2 du Bataillon 1, Nguyen Khac Thinh, ancien chef d’une équipe de tir de la Compagnie 10, et Le Van Thin, qui servait dans la même unité. Malgré leurs quelque 70 ou 80 ans, ils continuent de débroussailler, de s’enfoncer dans la forêt et de traverser les cours d’eau pour guider les jeunes soldats à la recherche de leurs camarades.

Pham Quang Vinh, 67 ans, n’a pu retenir son émotion en retournant sur le champ de bataille plus de 40 ans après : « En revenant sur le champ de bataille où j’étais il y a plus de 40 ans, je ne peux que penser avec douleur à mes camarades tombés ici. Ils sont partis pour que je puisse vivre. Cela fait tellement mal au cœur, ils étaient tous si jeunes… ».

Selon Trinh Xuan Hung, 70 ans, ancien chef du Bataillon 5 du Régiment 153 de la Division 356, son bataillon comptait 285 hommes lorsqu’il tenait cette position. Seuls six ont survécu ; 279 de ses camarades demeurent encore quelque part, sous des grottes rocheuses ou au pied des arbres.

Le lieutenant-colonel Nguyen Huu Tiep, chef adjoint de l’équipe de recherche et de rapatriement des restes des martyrs du Commandement militaire de la province de Tuyen Quang, indique que les informations fournies par Trinh Xuan Hung sont extrêmement précieuses et ont permis à l’équipe de ramener rapidement des martyrs auprès des leurs.

Sur la hauteur 350B, l’ancien combattant Hoang Xuan Duc, domicilié dans le hameau d’An Thanh, commune de Bat Xat, ancien soldat de la Compagnie 6 du Bataillon 2 du Régiment 192 de la Division 355, accompagne, lui aussi, directement les soldats, débroussaillant et déplaçant les pierres à la recherche de traces du champ de bataille. Grâce à ses indications, malgré une forêt dense et un terrain accidenté, nécessitant l’ouverture de pistes et des fouilles manuelles sur une superficie de plus d’un hectare, l’équipe de recherche a retrouvé neuf restes de martyrs, qui ont été remis aux autorités locales pour l’organisation des cérémonies commémoratives et leur inhumation.

Grâce à la mobilisation de l’ensemble du système politique et au soutien de la population et des anciens combattants, le Comité directeur de la Région militaire 2 a recueilli près de 500 sources d’information concernant des martyrs et leurs tombes. Ces informations sont examinées, vérifiées et intégrées à la base de données destinée à soutenir les recherches.

Après plusieurs jours d’opérations dans des zones difficiles d’accès, les équipes de recherche et de rapatriement ont retrouvé les restes de près de 200 martyrs. Les prélèvements destinés aux analyses ADN ont été achevés en août 2026, dépassant les objectifs et les indicateurs fixés.

Le général de division Pham Duc Duyen, secrétaire du Comité du Parti et commissaire politique de la Région militaire 2, affirme que la Région militaire est déterminée à achever la « Campagne des 500 jours et nuits » avant l’échéance, par respect et par devoir envers ceux qui ont sacrifié leur vie pour la Patrie.

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