L'ASEAN insiste sur la coopération maritime fondée sur des règles pour renforcer la résilience régionale

L’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) devrait renforcer sa coopération maritime fondée sur des règles afin de préserver la stabilité régionale, de sécuriser les chaînes d’approvisionnement et de relever les nouveaux défis sécuritaires.

Participants à la table ronde du 10e Forum des médias de l'ASEAN. Photo : VNA.
Participants à la table ronde du 10e Forum des médias de l'ASEAN. Photo : VNA.

L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) devrait renforcer sa coopération maritime fondée sur des règles afin de préserver la stabilité régionale, de sécuriser les chaînes d’approvisionnement et de relever les nouveaux défis sécuritaires, ont déclaré des intervenants lors d’une table ronde organisée dans le cadre du 10e Forum des médias de l’ASEAN à Manille, aux Philippines, le 30 juillet.

Les participants à cette table ronde sur le rôle de l’ASEAN dans la promotion d’une coopération maritime fondée sur des règles ont souligné le rôle stratégique du bloc dans la gouvernance maritime face à l’intensification de la concurrence géopolitique, aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et à la multiplication des menaces sécuritaires non traditionnelles.

Les discussions ont porté sur l’équilibre à trouver entre les négociations relatives à un Code de conduite en Mer Orientale (COC) et une coopération plus large en matière de conservation de la biodiversité marine, d’économie maritime durable et de coordination des actions répressives pour lutter contre la criminalité maritime transnationale.

Haji Mohamed Safwan Bin Othman, président de la Fédération des associations d'armateurs de l'ASEAN (FASA), a souligné que le transport maritime demeure le pilier du commerce et de la croissance économique de l'ASEAN.

« Sans transport maritime, pas de commerce », a-t-il déclaré, rappelant que plus de 80 % du commerce mondial, en volume, transite par voie maritime, tandis que le commerce total de l'ASEAN est évalué à environ 4 400 milliards de dollars américains.

Il a ajouté que les détroits de Malacca et de Singapour absorbent environ 28 % du commerce mondial, avec plus de 90 000 transits de navires par an et environ 35 % des expéditions mondiales de pétrole par voie maritime.

Garantir la liberté de navigation et des voies maritimes sûres et sécurisées, conformément au droit international, est donc essentiel pour les chaînes d'approvisionnement régionales et la confiance des investisseurs.

Haji Mohamed Safwan Bin Othman a également souligné les principaux défis auxquels est confronté le secteur maritime de la région, notamment la transition vers la neutralité carbone, les différences réglementaires entre les pays et les tensions géopolitiques qui ont fait grimper les coûts du transport maritime et perturbé les chaînes d'approvisionnement.

Il a plaidé pour une plus grande harmonisation des réglementations maritimes, des investissements dans les infrastructures portuaires et les carburants propres, ainsi que pour une stratégie maritime unifiée de l'ASEAN.

Neil S. Silva, de l'Institut des affaires maritimes et du droit de la mer de l'Université des Philippines, a souligné l'importance de veiller à ce que le futur Code de conduite de Mer Orientale (COC) reste pleinement conforme à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) de 1982, sans pour autant en compromettre l'autorité ni limiter le recours aux mécanismes internationaux de règlement des différends.

Parallèlement, Emirza Adi Syailendra, chercheur à l'École d'études internationales S. Rajaratnam (RSIS) de l'Université technologique de Nanyang (NTU) à Singapour, a déclaré que les récentes crises mondiales ont mis en évidence la dépendance de l'ASEAN aux chaînes d'approvisionnement extérieures.

Il a exhorté les États membres à approfondir le commerce intrarégional, à diversifier les partenariats et à renforcer la connectivité des chaînes d'approvisionnement afin d'accroître la résilience de la région face aux futurs chocs géopolitiques et économiques.

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