La jeunesse, trait d’union entre le Vietnam et le monde

L’année 2026 marque une étape particulière dans mon parcours d’ouverture internationale : grâce à une bourse intégrale, j’ai eu l’honneur de rejoindre plus d’une centaine de jeunes Vietnamiens au Festival international de la jeunesse 2026 (IFY 2026), organisé à Ekaterinbourg, en Russie.

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La délégation vietnamienne réunie au Festival international de la jeunesse 2026. Photo : ambassade du Vietnam en Russie

À notre arrivée dans cette ville située au pied de l’Oural, à la jonction naturelle entre l’Europe et l’Asie, nous avons immédiatement plongé dans l’effervescence d’un rassemblement de 10 000 participants : 5 000 jeunes Russes et autant de délégués étrangers représentant 190 pays et territoires. Ils avaient été sélectionnés parmi plus de 113 000 candidatures venues du monde entier.

Ce qui m’a d’abord frappé n’était pas la démesure des scènes ou des installations, mais l’impression de voir le monde se rapprocher. À l’aéroport de Koltsovo, dans les navettes, au village des délégués ou dans les espaces de conférence, des jeunes de toutes origines, parlant des langues différentes et issus de cultures multiples, faisaient connaissance et échangeaient leurs expériences.

Certains s’étaient déjà rencontrés dans des forums internationaux, mais la plupart des liens sont nés du hasard. Il suffisait parfois d’une simple question — « D’où viens-tu ? » — pour engager une conversation sans fin sur nos pays, nos aspirations et notre vision de l’avenir.

Ekaterinbourg, au rythme de la jeunesse mondiale

Dès notre arrivée en Russie, l’accueil attentif et professionnel des organisateurs a laissé une forte impression. Malgré le grand nombre de participants étrangers, la réception, l’orientation, les contrôles et les formalités ont été menés avec méthode.

Toujours disponibles et souriants, les jeunes volontaires russes nous accueillaient d’un énergique « Здравствуйте » (« Bonjour »). Leur rôle allait bien au-delà de la logistique : ils étaient les premiers ambassadeurs culturels du pays, indiquant patiemment un itinéraire, aidant à trouver une navette ou s’efforçant de répondre en anglais aux visiteurs ne parlant pas russe.

Ces gestes simples m’ont amené à réfléchir au sens des échanges entre les peuples. Un pays n’est pas seulement perçu à travers sa politique étrangère, ses performances économiques ou ses monuments emblématiques. Son image se construit également dans la manière dont ses habitants accueillent les visiteurs, dans l’attitude d’un volontaire, une conversation spontanée ou un sourire adressé à un inconnu.

L’un des moments forts de l’ouverture a été le message vidéo du président russe Vladimir Poutine, diffusé le 13 septembre. En souhaitant la bienvenue aux participants à Ekaterinbourg, grand centre industriel et intellectuel de la Russie, il a insisté sur le mot russe « mir », qui possède deux significations étroitement liées : « monde » et « paix ».

Évoquant la devise du festival, « Follow your dream » (« Poursuivez votre rêve »), le président russe a appelé les jeunes à « changer le monde ensemble » et à contribuer à l’édification d’un ordre international juste et ouvert, dans lequel chaque peuple puisse décider de son destin et accéder équitablement aux ressources, aux connaissances et aux technologies.

Cet appel a trouvé un écho concret dans un vaste espace d’exposition de 30 000 m², conçu avec la participation de 147 organisations. Réparti en sept zones thématiques, il présentait un large panorama des questions liées à la souveraineté, à la transformation numérique, à l’intelligence artificielle, aux technologies aérospatiales et aux usages pacifiques de l’énergie nucléaire.

Mais plus encore que les machines ou les dispositifs de réalité virtuelle, ce sont les jeunes qui se trouvaient derrière ces innovations qui m’ont le plus marquée : de jeunes ingénieurs et chercheurs défendant avec passion leurs projets de start-up, ainsi que des débats nourris sur l’éthique de l’intelligence artificielle, l’emploi de l’énergie nucléaire et la responsabilité sociale, qui se prolongeaient jusque dans les couloirs.

J’y ai mieux compris la valeur des forums internationaux consacrés à la jeunesse : ce sont des espaces où les jeunes ne se contentent pas de partager des réponses, mais formulent ensemble les questions qui façonneront l’avenir.

En marge des tables rondes et des conférences, des visites d’Ekaterinbourg et du patrimoine de l’Oural nous ont permis de découvrir la profondeur culturelle de la Russie. Accompagnés de plus de 80 guides locaux, nous avons rejoint la borne historique marquant la frontière entre l’Europe et l’Asie, admiré l’architecture ancienne de l’Oural et exploré les vestiges de son puissant passé industriel.

Dans les couleurs éclatantes de l’automne, nous plaisantions en disant que nous traversions la Russie pour en découvrir un visage différent : non pas celui décrit dans les livres ou présenté par les médias, mais celui de la vie quotidienne, sincère et pluriel.

Pour comprendre un pays, il ne suffit pas toujours de lire ce qui s’écrit sur lui. Il faut parfois s’y rendre, regarder, écouter et parler avec celles et ceux qui y vivent. C’est à travers ces expériences directes que se construit la compréhension entre les peuples.

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L’autrice découvre la culture russe. Photo fournie par l’autrice

Raconter le Vietnam avec enthousiasme

Au milieu des cultures représentées par 190 pays et territoires, la délégation vietnamienne, forte de plus de 100 participants, a incarné une jeunesse dynamique, confiante et attachée à son identité.

Vêtus de l’áo dài traditionnel ou arborant les couleurs rouges frappées de l’étoile jaune du drapeau national, nous avons porté le message d’un Vietnam épris de paix, résolument engagé dans l’intégration internationale et attaché aux Objectifs de développement durable des Nations unies.

Mais au-delà des tenues et des symboles, l’essentiel résidait dans les histoires que nous avions à raconter. Lorsque quelqu’un nous interrogeait sur le Vietnam, nous parlions avec enthousiasme de Hanoï, de Hô Chi Minh-Ville et des villes qui se transforment de jour en jour.

Aux curieux de notre culture, nous racontions le Têt, la cuisine et les traditions familiales. À ceux qui s’intéressaient à l’économie, aux technologies ou à l’entrepreneuriat, nous présentions un pays en pleine mutation et une jeunesse toujours plus active dans les échanges internationaux.

J’ai alors compris que la promotion de l’image d’un pays ne commence pas nécessairement par une présentation soigneusement préparée. Un récit authentique, porté par la confiance et la fierté, possède sa propre force de conviction.

Un plat peut ouvrir une conversation sur la culture. Une histoire sur sa terre natale peut donner à un ami étranger l’envie de mieux connaître le Vietnam. Un échange sur les technologies peut révéler un pays dynamique, créatif et engagé dans une transformation rapide.

Pour les jeunes, cette responsabilité devient particulièrement importante à mesure que s’approfondit l’intégration internationale. Lorsque nous voyageons à l’étranger, nous savons que nous ne représentons pas seulement notre personne. Une parole, un geste ou une attitude peuvent contribuer à façonner l’image du Vietnam auprès d’un interlocuteur étranger.

C’est une responsabilité, mais aussi une chance. Si chaque jeune Vietnamien peut présenter au monde une image authentique, confiante, ouverte et chaleureuse de son pays, des milliers de rencontres de ce type finiront par constituer une forme importante de puissance douce.

Après ces journées à Ekaterinbourg, je ne rapporte pas seulement des photographies, des souvenirs ou de beaux moments vécus en Russie. Je reviens aussi avec de nouveaux amis, des conversations restées inachevées, des projets de coopération encore à approfondir et un réseau de relations qui, j’en suis convaincue, survivra à la clôture du festival.

Ekaterinbourg, autrefois simple ville lointaine sur une carte, est désormais l’endroit où vivent certains de mes amis. Dans un monde traversé par les tensions, où les différences entre les pays risquent parfois de se transformer en distances, il est plus important que jamais que les jeunes puissent se rencontrer, dialoguer et se comprendre.

La paix ne se construit pas uniquement dans les salles de réunion. La compréhension mutuelle ne naît pas seulement des textes officiels. Elle peut commencer par une conversation ordinaire entre deux personnes qui ne s’étaient jamais rencontrées.

Je quitte Ekaterinbourg avec la conviction que les jeunes peuvent contribuer aux relations entre les pays par des moyens très simples : les connaissances, le courage, l’ouverture, la confiance et la capacité à créer des liens. Chaque jeune peut devenir un trait d’union. Chaque rencontre offre une occasion de mieux se comprendre. Et chaque amitié qui franchit les frontières peut devenir une pierre supplémentaire dans la construction de liens entre les peuples.

Depuis Ekaterinbourg, ce pont continuera de s’étendre.

Le Festival international de la jeunesse 2026 s’est tenu du 11 au 17 septembre à Ekaterinbourg, en Russie. Il a rassemblé environ 10 000 jeunes venus de 190 pays et territoires, avec pour objectif de renforcer les échanges, le dialogue et la coopération entre les nouvelles générations.

Son programme comprenait plus de 50 types d’activités répartis dans sept grands domaines : développement personnel, technologies, culture, environnement urbain, médias, santé et qualité de vie. Le festival s’affirme ainsi comme un important forum international, offrant aux jeunes du monde entier de nouvelles possibilités de découverte, de dialogue et de coopération.

Article de Dao Manh Nghia

Boursier Erasmus Mundus, promotion 2024-2026

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