Le Bonheur : une valeur durable dans la vie culturelle des Vietnamiens

Dans le contexte du monde moderne, l'indice de bonheur suscite une attention croissante.

Dr Dang Vu Canh Linh, sociologue et vice-directeur de l'Institut de formation, de perfectionnement des cadres et de recherche scientifique. Photo: VOV
Dr Dang Vu Canh Linh, sociologue et vice-directeur de l'Institut de formation, de perfectionnement des cadres et de recherche scientifique. Photo: VOV

La Journée internationale du bonheur ne revêt pas seulement une dimension symbolique ; elle impose une exigence de développement social authentique, où la croissance économique va de pair avec l'enrichissement des valeurs spirituelles et l'amélioration de la qualité de vie des citoyens.

La Journée internationale du bonheur a été adoptée par les Nations Unies en 2012, sur proposition du Bhoutan — pays célèbre pour son approche du développement fondée sur le « Bonheur national brut », où le bien-être prime sur les simples indicateurs de croissance économique. La création de cette journée consacre une prise de conscience historique : le bonheur n’est pas seulement une émotion individuelle, mais un objectif de développement mondial.

Au Vietnam, le 26 décembre 2013, le Premier ministre a promulgué la Décision no 2589/QD-TTg, approuvant le projet d'organisation d'activités pour la Journée internationale du bonheur le 20 mars de chaque année. L'objectif est de sensibiliser les autorités à tous les niveaux ainsi que l'ensemble de la société à la portée de cette journée, afin d'encourager des actions concrètes pour bâtir des familles et des communautés épanouies.

Selon le Dr Dang Vu Canh Linh, sociologue et vice-directeur de l'Institut de formation, de perfectionnement des cadres et de recherche scientifique (relevant du Comité central du Front de la Patrie du Vietnam), cet événement revêt une importance particulière pour chaque citoyen. En effet, le bonheur a toujours été une valeur fondamentale et transversale, du passé vers le présent et l'avenir, tout en constituant l'un des critères majeurs pour évaluer le progrès d'une société.

En revisitant le cours de l'histoire, le concept de « bonheur » a été interprété différemment selon les époques du pays. « Le Vietnam a traversé de nombreuses périodes difficiles, entre les luttes pour la libération nationale et la reconstruction d'un pays sortant de la pauvreté. Les Vietnamiens ont donc parfois dû sacrifier leur bonheur individuel. C'est, bien entendu, une source de fierté, car nous exaltons des valeurs telles que le sacrifice pour la communauté et pour la Patrie. Aujourd'hui, avec le recul face à la scène internationale et dans cette phase d'intégration et de développement, nous réalisons que la valeur humaine est primordiale », partage le Dr Dang Vu Canh Linh.

Au Vietnam, le droit à la quête du bonheur est une aspiration affirmée par le Président Ho Chi Minh dès la Proclamation de l'Indépendance de 1945 : « Tous les peuples du monde naissent égaux ; chaque peuple a le droit de vivre, le droit d'être heureux et le droit d'être libre ». Les documents du XIVe Congrès du Parti ont également souligné avec constance la vision consistant à « placer l'humain au centre » et à considérer que « le peuple est la racine », faisant du bonheur et de la prospérité de la population l'objectif ultime du développement. C’est d'ailleurs la première fois que l'« indice de bonheur » est mentionné de manière spécifique dans les documents d'un Congrès.

« Depuis fort longtemps, nos documents administratifs mentionnent explicitement : République Socialiste du Vietnam — Indépendance — Liberté — Bonheur. Cela démontre que le bonheur est considéré comme une valeur essentielle, au même titre que l'indépendance et la liberté », souligne le Dr Dang Vu Canh Linh.

Selon lui, le bonheur possède une signification très large. Il ne se limite pas aux valeurs matérielles, telles que l'aisance financière ou la croissance économique, mais englobe aussi la satisfaction des besoins spirituels : un environnement de vie sain et positif, l'accès aux loisirs, à la connaissance, aux arts et à la création culturelle. Il insiste enfin sur le fait que, pour notre pays, le bonheur est intrinsèquement lié au partage communautaire et à l'idéal de vie, ce qui peut marquer une différence notable par rapport à de nombreuses autres nations.

Bien que dans la conscience collective des Vietnamiens, le bonheur reste intrinsèquement lié au sacrifice et au partage communautaire, la conception du bien-être connaît aujourd'hui des mutations positives. Le Dr Dang Vu Canh Linh partage : « Bien que les valeurs du bonheur soient vastes et globales, les Vietnamiens commencent désormais à se soucier de leur vie individuelle : avoir un emploi stable, des revenus suffisants, ainsi que des relations sociales saines et constructives. Parallèlement au travail, l'être humain commence à songer à l'épanouissement personnel ; les citoyens s'adonnent davantage aux loisirs et aux divertissements, tels que les voyages, l'acquisition de biens ou d'objets de luxe. En d'autres termes, ils commencent à accorder une importance réelle à la qualité de vie, pour eux-mêmes et pour leur famille ».

Cependant, face aux revers du développement de l'économie de marché, de nombreuses personnes se laissent emporter par le rythme effréné de la vie moderne, ce qui engendre parfois désarroi et perte de confiance. Elles en viennent alors à s'interroger : « Qu'est-ce que le bonheur ? Pourquoi est-ce que je me sens malheureux ? ».

Le Dr Dang Vu Canh Linh souligne : « C'est précisément pour cela que nous avons besoin de solutions concertées : des politiques valorisant les richesses humaines à la création d'un environnement de vie sain et positif, en passant par un travail de sensibilisation et d'orientation pour que chacun prenne conscience des valeurs profondes du bonheur. C'est la seule façon d'élever l'indice et la valeur du bonheur de manière concrète et tangible ».

En 2026, la Journée internationale du bonheur est célébrée au Vietnam sous le thème « Le bonheur pour chaque famille ». Ce thème démontre que le pays place la famille au cœur de ses préoccupations — en tant que lieu de protection, de lien affectif et d'éducation de l'individu. En conséquence, des solutions et des politiques seront déployées à grande échelle pour répondre aux enjeux communs des foyers, afin de garantir à chaque famille l'opportunité d'être heureuse. C'est ainsi que la société deviendra de plus en plus civilisée et s'engagera sur la voie d'un développement durable.

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