Un cheval richement décoré conduit le lauréat de concours de retour dans son village natal, dans l’estampe populaire de Dông Hô intitulée « Vinh quy bái tổ » (Retour triomphal pour rendre hommage aux ancêtres).
Un cheval richement décoré conduit le lauréat de concours de retour dans son village natal, dans l’estampe populaire de Dông Hô intitulée « Vinh quy bái tổ » (Retour triomphal pour rendre hommage aux ancêtres).

Le cheval, symbole culturel ancré dans l’identité vietnamienne

Animal familier et figure symbolique de longue date, le cheval occupe une place singulière dans la culture vietnamienne, du langage populaire aux pratiques communautaires, reflétant l’histoire, les croyances et la richesse de la vie spirituelle des Vietnamiens.

Dans la culture vietnamienne, le cheval est un animal familier, étroitement lié à la vie des habitants depuis des générations.

Présent aussi bien dans les activités quotidiennes, le travail productif que dans l’histoire, les croyances et les fêtes traditionnelles, il revêt une valeur à la fois pratique et symbolique, reflétant les conceptions et la vie spirituelle du peuple vietnamien.

En vietnamien, bien que désignant le même animal, les termes « ngựa » et « mã » sont employés avec des nuances différentes.

Selon des linguistes, « ngựa » est un mot d’origine purement vietnamienne, ancré dans la pensée populaire et la culture agricole.

Il apparaît fréquemment dans les proverbes et expressions idiomatiques décrivant le caractère humain, tels que « ngựa quen đường cũ » (reprendre de vieilles habitudes), « ngựa non háu đá » (l’inexpérience), ou encore « đường dài mới biết ngựa hay » (c’est dans l’épreuve que l’on reconnaît la valeur).

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Des jeunes issus des minorités ethniques participent à la course de chevaux sans selle, une tradition emblématique de la région de Bac Ha, dans la province de Lao Cai, au Nord du Vietnam). (Photo : Vietnam+)

À l’inverse, le terme « mã », d’origine sino-vietnamienne, provient de la culture du Nord, où le cheval jouait un rôle essentiel dans la vie nomade et les échanges à longue distance. Il est souvent associé à des connotations valorisantes et symboliques, comme « tuấn mã » (cheval noble), « thiên lý mã » (cheval capable de parcourir mille lieues), ou dans des expressions telles que « mã đáo thành công », souhaitant réussite et prospérité. Ces usages témoignent des échanges et de l’intégration culturelle au fil de l’histoire.

Le cheval occupe également une place importante dans la vie spirituelle et l’espace culturel urbain.

À Hanoï, le temple de Bach Ma, l’un des quatre temples protecteurs de l’ancienne citadelle de Thang Long, est lié à la légende du génie Long Dô ayant aidé le roi Ly Thai Tô à édifier la capitale.

D’autres toponymes, comme Quan Ngua, conservent quant à eux une empreinte populaire et historique de la présence du cheval dans la vie urbaine.

Dans la conception orientale, le cheval est aussi associé au signe du Ngọ dans le zodiaque. L’heure du Ngọ, correspondant au moment où l’énergie positive est la plus intense dans la journée, est liée à l’image du cheval, symbole de dynamisme et de vitalité. Cette conception se reflète également dans le mois du Ngọ et la fête traditionnelle de Doan Ngo.

Si, dans la vie contemporaine des Vietnamiens de l’ethnie majoritaire Kinh, le cheval subsiste principalement dans le langage et la mémoire culturelle, il conserve un rôle concret dans de nombreuses régions peuplées de minorités ethniques. Dans les zones montagneuses du Nord, des Hauts Plateaux du Centre et dans certaines régions du Sud du Vietnam, le cheval demeure un moyen de transport et de portage indispensable face à des terrains accidentés. Sa robustesse, son endurance et sa capacité à mémoriser les itinéraires en font un modèle de persévérance et de résilience.

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Saint Giong – l’un des « quatre immortels » de la culture vietnamienne – part courageusement au combat à cheval. Photo : VNA.

Le cheval est également présent dans les pratiques spirituelles et communautaires. Dans certaines localités, il est perçu comme un compagnon accompagnant non seulement les vivants mais aussi les défunts. La danse du cheval en papier des Nùng Dín, à Muong Khuong (province de Lào Cai), exécutée lors de diverses cérémonies, notamment funéraires, en est une illustration marquante. Chez les Hmong et les Dao, le cheval fut historiquement associé à la défense des villages, incarnant l’esprit de solidarité communautaire.

Aujourd’hui, l’image du cheval continue d’être valorisée à travers des fêtes traditionnelles, notamment les courses de chevaux organisées à Bac Ha (Lào Cai) et à Tam Duong (Lai Chau). Ces manifestations contribuent à la préservation des valeurs culturelles locales et attirent un large public, y compris des visiteurs internationaux, participant ainsi à la promotion de la richesse culturelle des régions vietnamiennes.

VNA/NDEL
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