Cette voie est considérée comme particulièrement prometteuse pour aider les entreprises à accéder directement aux marchés étrangers, avec des coûts et des barrières à l’entrée inférieurs à ceux des formes d’exportation traditionnelles.
Grâce aux plateformes de commerce électronique transfrontalier, de nombreuses petites et moyennes entreprises (PME) vietnamiennes ont commencé à atteindre des consommateurs sur de grands marchés tels que l’Europe et les États-Unis, allant jusqu’à développer leurs propres marques.
Un potentiel et des marges de progression importants
Dans le modèle d’exportation traditionnel, un produit fabriqué au Vietnam destiné à être vendu au détail aux États-Unis doit passer par de nombreux intermédiaires. Les plateformes de commerce électronique transfrontalier simplifient considérablement cette conquête des marchés étrangers. Les entreprises peuvent désormais construire directement leur marque et accéder aux consommateurs finaux sur de multiples marchés à travers le monde.
Selon Tran Thanh Hai, directeur général adjoint du Département de l’import-export au ministère de l’Industrie et du Commerce, le commerce électronique transfrontalier permet aux entreprises d’évoluer d’un simple modèle de sous-traitance vers la vente directe aux consommateurs finaux, générant ainsi des marges bénéficiaires plus élevées grâce à la suppression des intermédiaires. Les transactions internationales via les plateformes en ligne constituent ainsi une tendance inévitable des exportations modernes. Le volume mondial du commerce électronique transfrontalier atteint actuellement près de 800 milliards de dollars et devrait continuer à croître d’environ 30 % par an. Au Vietnam, le chiffre d’affaires du commerce de détail transfrontalier devrait dépasser 11 milliards de dollars en 2026.
Pour Lai Viet Anh, directeur général adjoint du Département du commerce électronique et de l’économie numérique (ministère de l’Industrie et du Commerce), les entreprises vietnamiennes, notamment les PME, se distinguent par leur forte capacité d’adaptation aux nouvelles technologies. Leurs compétences en commerce électronique figurent parmi les plus avancées de l’ASEAN, selon des experts internationaux. Cet avantage constitue un levier pour développer le commerce électronique transfrontalier, diversifier les marchés et soutenir les exportations dans un contexte mondial difficile.
Le Vietnam figure aujourd’hui parmi les quinze plus grandes puissances commerciales mondiales et se classe au deuxième rang en ASEAN. Pourtant, seules 20 % des entreprises participent aux exportations en ligne, ce qui révèle un potentiel de développement considérable pour le canal du commerce électronique.
Trinh Khac Toan, directeur régional Nord d’Amazon Global Selling Vietnam, souligne que l’exportation transfrontalière via le commerce électronique est devenue une « nouvelle normalité » pour les entreprises vietnamiennes. Des milliers d’entreprises vietnamiennes sont actuellement actives sur la plateforme Amazon. En 2025, le nombre de produits vietnamiens vendus sur Amazon a progressé de 35 % par rapport à l’année précédente, tandis que le nombre d’entreprises vietnamiennes enregistrant leur marque a augmenté de près de 30 %.
S’engager activement dans la dynamique
Selon Doan Quoc Tam, responsable de la coopération au sein de l’Association vietnamienne du commerce électronique (VECOM), la tendance des exportations via les plateformes numériques ouvre de nouvelles perspectives aux PME. Toutefois, leur principal obstacle réside dans le manque de ressources humaines qualifiées en commerce électronique international et dans une connaissance limitée des réglementations d’importation sur les marchés étrangers. À cela s’ajoutent les frais de plateforme, les coûts marketing et logistiques, qui constituent un fardeau important pour les petites entreprises.
Les entreprises souhaitant se lancer dans le commerce électronique transfrontalier doivent donc investir de manière proactive dans des ressources humaines de qualité.
Selon Doan Quoc Tam, les entreprises attendent du gouvernement un soutien accru en matière de formation de personnels spécialisés en commerce électronique international et d’accompagnement juridique. Il est nécessaire d’élaborer un cadre politique national dédié au commerce électronique transfrontalier, assorti d’objectifs chiffrés en termes de chiffre d’affaires, ainsi qu’une stratégie visant à lever les obstacles existants, notamment les contraintes juridiques, les écarts d’infrastructures et les difficultés d’accès au financement.
Il convient également d’encourager la coopération entre les opérateurs logistiques nationaux tels que Viettel Post et VnPost et les plateformes internationales, afin de développer des entrepôts à l’étranger. Ce modèle permettrait aux entreprises vietnamiennes de stocker leurs produits directement sur les marchés de consommation, réduisant ainsi les délais de livraison et offrant aux clients internationaux une expérience d’achat comparable à celle des produits locaux.
Pour inciter les PME, voire les très petites entreprises, à accéder aux marchés mondiaux via les plateformes internationales, l’État doit renforcer les programmes de formation et d’accompagnement. Les petites entreprises souffrent souvent de contraintes financières ; des politiques de soutien ciblées sont donc nécessaires pour favoriser leur participation aux exportations en ligne et promouvoir les produits « Made in Vietnam » à l’échelle mondiale.
Selon Trinh Khac Toan, les entreprises qui ne disposent pas encore de réseaux de distribution propres devraient « se tenir sur les épaules de géants », en s’appuyant sur les infrastructures des plateformes de commerce électronique transfrontalier pour accéder rapidement aux marchés internationaux. Via Amazon, elles peuvent atteindre 200 pays et des centaines de millions de clients. Les produits vietnamiens les plus performants incluent les articles de décoration, les ustensiles de cuisine, les produits de santé et de beauté ainsi que le textile. Les petites entreprises représentant environ 60 % du chiffre d’affaires d’Amazon, les PME vietnamiennes sont encouragées à saisir ces nouvelles opportunités de croissance.