Après 40 ans de modernisation, forts de ses preuves concretes et probantes, le secteur privé a été affirmé par le Parti comme l’un des des principaux moteurs de l’économie nationale et un acteur clé du développement scientifique, technologique et de l’innovation.
Outre sa contribution substantielle au produit intérieur brut (PIB), le secteur s’est imposé comme un moteur essentiel de la croissance économique, de la création d’emplois, des recettes budgétaires et de la promotion de l’innovation.
Renforcement de son importance stratégique
Tout au long du processus de modernisation, d’intégration et de développement du Vietnam, le secteur privé a connu une croissance constante et a consolidé sa position de pilier fondamental de l’économie.
Selon l’Office national des statistiques du ministère des Finances, le secteur privé contribue actuellement à hauteur d’environ 42,3% au PIB et représente plus de 85% du nombre total d’entreprises en activité à l’échelle nationale.
Il s’agit du segment le plus dynamique de l’économie, moteur des efforts visant à développer les investissements, explorer les marchés, adopter les nouvelles technologies et moderniser les modèles de gouvernance.
Le secteur privé emploie notamment environ 83,7% des travailleurs du secteur informel et plus de 45% de la population active totale.
Un nombre croissant d’entreprises privées se sont développées avec succès sur les marchés régionaux et internationaux, bâtissant des marques reconnues et des atouts concurrentiels, contribuant ainsi au rayonnement et à la réputation internationale du Vietnam.
Par ailleurs, le secteur a joué un rôle pionnier dans la restructuration de l’économie et la promotion de l’industrialisation et de la modernisation.
Des groupes privés vietnamiens de premier plan, tels que Vingroup, THACO, FPT, Masan, Vietjet, Vinamilk et TH, se sont développés à l’échelle régionale et mondiale, témoignant de l’esprit d’innovation et de la créativité ainsi que des ambitions des entrepreneurs vietnamiens.
Le secteur privé a également contribué à diversifier les ressources de développement, à alléger la pression sur le budget de l’État et à mobiliser le capital social grâce à des investissements privés dans les infrastructures, l’éducation, la santé et les technologies.
Le professeur Tran Tho Dat, président du Conseil scientifique et de formation de l’Université nationale d’économie et membre du Conseil consultatif national de la politique financière et monétaire, a souligné que la résolution n°68-NQ/TW, qui désigne le secteur privé comme un principal moteur du développement, reconnaît sa contribution substantielle et souligne son rôle stratégique dans cette nouvelle phase de développement, notamment face à l’évolution technologique rapide, à l’innovation et à la transformation numérique.
Malgré des progrès encourageants, plusieurs objectifs restent à atteindre. Le Vietnam ambitionnait de compter 1,5 million d’entreprises d’ici 2025, alors qu’il en compte actuellement près d’un million, auxquels s’ajoutent plus de cinq millions d’entreprises familiales.
Le taux d’entreprises pour 1 000 habitants demeure modeste, à environ 9,4, inférieur à celui de certains pays comparables de la région, ce qui indique que le secteur privé n’a pas encore pleinement exploité son potentiel, tant en termes de taille que de qualité.
Le Dr Mac Quoc Anh, vice-président et secrétaire général de l’Association des petites et moyennes entreprises de Hanoi, a estimé que si le Parti et l’État ont mis en place de nombreuses politiques de soutien, certaines mesures n’ont pas été suffisamment ciblées ni appliquées efficacement.
Selon le responsable, la plupart des entreprises privées sont des micro, petites ou moyennes entreprises, avec des capacités financières, une expertise en gestion, des compétences technologiques et une capacité d’innovation limitées, ce qui se traduit par une productivité et une compétitivité modestes.
Les obstacles institutionnels, la complexité des procédures, les coûts de mise en conformité élevés et les préjugés persistants à l’encontre des entreprises privées ont également freiné la confiance et l’investissement.
Vers des groupes conomiques privés d’envergure régionale et mondiale
Afin de renforcer le rôle moteur du secteur privé, le Parti et l’État ont intensifié les réformes visant à lever les obstacles institutionnels et administratifs, notamment en matière d’accès au foncier et au crédit.
La résolution n°68-NQ/TW, adoptée par le Politburo le 4 mai 2025, est considérée comme une mesure phare réaffirmant l’engagement constant du Parti en faveur du développement du secteur privé en tant que stratégie nationale.
Cette résolution envisage une structure économique équilibrée, reposant sur trois piliers complémentaires : le secteur public, gage de stabilité ; le secteur privé, fer de lance dynamique et innovant ; et les investissements directs étrangers, source de capitaux, de technologies et de connectivité mondiale.
Des avancées majeures sont nécessaires en matière de réforme institutionnelle, d’accès aux ressources, de liens avec les marchés et de développement du capital humain pour permettre au secteur privé de remplir pleinement sa mission.
D’ici à 2030, le Vietnam ambitionne de compter 2 millions d’entreprises actives, au moins 20 grandes entreprises participant aux chaînes de valeur mondiales, une croissance annuelle du secteur privé de 10 à 12% et une contribution de 55 à 58% au PIB.
La réalisation de ces objectifs exigera la poursuite de réformes audacieuses et une plus grande détermination de la part des entreprises privées et des entrepreneurs afin d’améliorer la gouvernance, l’innovation et une culture d’entreprise responsable, et ainsi garantir que le secteur privé soit véritablement le moteur du développement durable et intégré à l’échelle internationale du Vietnam.