Le 10 février après-midi, à Hanoï, le ministre par intérim de l'Industrie et du Commerce, Le Manh Hung, a rencontré Åsmund Aukrust, ministre norvégien du Développement international. Les discussions ont porté sur la levée des obstacles à la signature rapide d'un accord de libre-échange entre le Vietnam et l'Association européenne de libre-échange (AELE), ainsi que sur la mobilisation de ressources financières pour la transition énergétique au Vietnam.
Au cours de cette rencontre, le ministre par intérim Le Manh Hung a souligné l'important potentiel des échanges bilatéraux entre le Vietnam et la Norvège en particulier, et avec l'AELE (qui regroupe la Suisse, la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein) en général. Toutefois, le volume actuel des échanges commerciaux est jugé insuffisant au regard des attentes et des atouts des deux parties.
Concernant l'Accord de libre-échange (ALE) entre le Vietnam et l'AELE, le ministre de l'Industrie et du Commerce a indiqué que les négociations duraient depuis plus de 14 ans et avaient comporté 18 sessions de travail. Il a suggéré que les deux parties devaient collaborer étroitement afin de conclure rapidement cet accord et de créer un cadre juridique favorable aux entreprises. Du côté norvégien, Åsmund Aukrust a également approuvé l'objectif d'une conclusion rapide des négociations, compte tenu des progrès significatifs réalisés après la 18e session.
136 milliards de dollars pour le développement du secteur énergétique national
L'un des principaux sujets abordés lors de la réunion était la coopération dans le secteur de l'énergie. Selon le ministre par intérim, Le Manh Hung, le Vietnam a un besoin important de capitaux et de technologies pour mettre en œuvre le Plan national de développement énergétique pour la période 2021-2030, avec une vision à l'horizon 2050 (Plan énergétique VIII).
On prévoit que la demande d'électricité au Vietnam augmentera de 10 à 12 % par an, ce qui nécessitera d'étendre la capacité du réseau à plus de 150 GW d'ici 2030. Le capital d'investissement total requis est estimé à environ 136 milliards de dollars. Forte de son expérience en matière d'énergies propres (plus de 98 % de son électricité provient de sources propres), la Norvège devrait devenir un partenaire stratégique pour apporter des solutions et des ressources financières.
Le ministre par intérim de l'Industrie et du Commerce a proposé que les entreprises et les fonds d'investissement norvégiens (tels que Norfund) se concentrent sur trois domaines clés : les énergies renouvelables, les infrastructures énergétiques et l'hydrogène vert avec captage, utilisation et stockage du carbone (CCUS).
Pour sa part, le ministre Åsmund Aukrust a reconnu les immenses opportunités d'investissement au Vietnam. La Norvège, par l'intermédiaire de Norfund et d'entreprises énergétiques de premier plan comme Equinor, a manifesté un intérêt particulier pour participer au développement de projets éoliens en mer et financer des coentreprises dans le secteur des énergies propres au Vietnam.
Par ailleurs, le Vietnam a demandé à la Norvège de jouer un rôle plus important dans le cadre du Partenariat conjoint pour une transition énergétique équitable (JETP) afin de mobiliser des ressources auprès de partenaires internationaux, aidant ainsi le Vietnam à atteindre son engagement de neutralité carbone d'ici 2050.