Le développement du tourisme vert est désormais un enjeu majeur pour Da Nang. La ville ambitionne de devenir une destination exemplaire, non seulement en matière de protection de l’environnement, mais aussi de gestion, d'exploitation, de produits touristiques et d'expérience des visiteurs.
Selon Vu Quang Dung, directeur adjoint de l'Autorité nationale du tourisme du Vietnam, le secteur touristique national évolue progressivement d'une croissance extensive vers un développement plus qualitatif, conformément au Plan d'action national pour la croissance verte. Plusieurs modèles ont déjà donné des résultats encourageants, notamment le tourisme circulaire à Hoi An, qui vise à réduire de plus de 60 % les déchets plastiques, et l'île de Cô Tô, ville de Quang Ninh, où leur volume a diminué jusqu'à 75 % grâce à des mesures de contrôle strictes.
Des établissements tels que les sites écotouristiques de Trang An et Tam Coc-Bich Dong ainsi que l'Emeralda Resort, province de Ninh Binh, ont également adopté des pratiques économes en eau et en énergie. À Quang Tri, les circuits d'exploration des grottes proposés par Oxalis Adventure, avec une capacité d'accueil limitée, contribuent à préserver les formations géologiques tout en créant des emplois pour l'ensemble de la population locale.
Selon Vu Quang Dung, le tourisme vert n'est plus une simple tendance, mais une condition du développement durable. Cette orientation figure également dans la résolution 26-NQ/TW du Bureau politique, qui vise à faire du tourisme un secteur économique de pointe, de qualité, intelligent, vert, créatif et riche en identité nationale.
Des enquêtes internationales réalisées en 2026 montrent que 85 % des touristes accordent de l'importance au tourisme durable et que 35 % souhaitent davantage d'expériences respectueuses de l'environnement et liées aux communautés locales.
À Da Nang, la fusion des unités administratives a élargi l'espace de développement touristique, qui réunit désormais des ressources urbaines, maritimes, culturelles, artisanales et montagneuses. Selon Nguyen Thi Hoai An, directrice adjointe du Service municipal de la culture, des sports et du tourisme, cette diversité offre des possibilités de créer des produits compétitifs, tout en renforçant les exigences de protection des ressources naturelles.
La ville a multiplié les actions de sensibilisation au tri des déchets et à la collecte des ordures dans les zones très fréquentées, notamment la péninsule de Son Tra, l'île de Cu Lao Cham et les plages touristiques. Des initiatives comme « Clean Up Son Tra », « Clean Up Danang-Go Green Stay Green », les opérations de collecte des déchets sous-marins et de protection des coraux, ou encore les programmes d'échange de déchets contre des plantes contribuent à mobiliser entreprises, habitants et visiteurs.
Avec plus de 2.400 établissements d'hébergement et plus de 67.000 chambres, ce secteur constitue un maillon essentiel de la transition écologique. La municipalité a ainsi élaboré, sous l'appellation « Da Nang Green Stay », un ensemble de critères destinés à encourager les établissements à économiser l'eau et l'électricité, réduire les déchets plastiques et mieux utiliser les ressources.
Pour Vu Quang Dung, Da Nang doit également mieux contrôler la capacité d'accueil des sites sensibles, notamment Son Tra, Cu Lao Cham, Hoi An et My Son, afin de préserver leur environnement et leur patrimoine. Il recommande parallèlement d'élargir l'espace touristique vers l'ouest, de développer les villages écotouristiques communautaires et de relier les produits agricoles propres aux circuits touristiques.
La ville est également appelée à accélérer l'utilisation des données numériques pour la gestion environnementale, notamment par des systèmes de suivi énergétique et de gestion automatisée des déchets dans les grands complexes hôteliers. Elle devra étendre les critères de tourisme vert aux autres services touristiques et mettre en place des mécanismes de récompense pour les entreprises engagées dans la transition écologique et la réduction des émissions.
Dans les prochaines années, Da Nang entend renforcer les liens entre hébergements écologiques, agences de voyages, transports, restaurants, villages artisanaux et communautés locales. Les produits OCOP et les expériences culturelles locales seront davantage intégrés aux circuits touristiques. La ville souhaite également valoriser son espace méridional, notamment Tam Ky, Phu Ninh, les zones côtières et les communes insulaires, à travers le tourisme communautaire, agricole et gastronomique, tout en préservant les paysages, les écosystèmes et l'identité culturelle locale.