Le ministère des Finances a annoncé, mercredi 23 septembre, avoir récemment organisé aux États-Unis, en collaboration avec la Banque d’État du Vietnam, une tournée de présentation (roadshow) sans émission de titres, visant à promouvoir le pays auprès des investisseurs internationaux.
Cette initiative s’est déroulée en marge du déplacement aux États-Unis du secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et président vietnamien Tô Lâm venu participer au débat général de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies ainsi qu’à une série de rencontres bilatérales.
Il s’agissait de faire le point avec les investisseurs mondiaux sur les perspectives macroéconomiques du Vietnam, les orientations de ses politiques budgétaire et monétaire et la manière dont le pays prévoit de gérer sa dette publique.Le choix du moment ne doit rien au hasard : cette opération séduction auprès des investisseurs a accompagné des activités diplomatiques de haut niveau, témoignant de la ferme volonté du Vietnam de poursuivre ses réformes et d’approfondir son intégration aux marchés mondiaux.
Lors d’une récente interview accordée à Bloomberg Television et d’entretiens avec des dirigeants d’entreprises américaines, le secrétaire général et président Tô Lâm s’est engagé à poursuivre les réformes, à renouveler les mécanismes institutionnels et à instaurer un environnement des affaires transparent et favorable pour les investisseurs, tant pour les institutions financières internationales que pour les investisseurs privés.
Le message constant du leader suprême vietnamien — concilier les intérêts économiques et le renforcement de la stature financière du pays — constitue désormais la ligne directrice de la stratégie du Vietnam en matière de gestion de la dette et de relations avec les investisseurs, a indiqué le ministère.
Sur le terrain, la délégation a rencontré d’importants investisseurs institutionnels, notamment de grands fonds de gestion d’actifs et des fonds spéculatifs.Les représentants du ministère des Finance sont présenté aux investisseurs les perspectives de croissance du Vietnam ainsi que les projets de diversification des modes de levée de capitaux, tout en évaluant le sentiment du marché et l’appétit pour la dette souveraine vietnamienne.
Selon le ministère, les investisseurs ont salué la stabilité macroéconomique et le potentiel de croissance à long terme du Vietnam, tout en reconnaissant les efforts du ministère pour accroître la transparence. Ces retours influenceront la manière dont le Vietnam sollicitera ultérieurement les marchés internationaux de capitaux.
La délégation s’est également entretenue avec Elisa Parisi-Capone, vice-présidente et analyste principale au sein du groupe d’analyse du risque souverain de Moody’s à New York, dans le cadre d’un programme d’échanges réguliers prévu par l’accord de notation souveraine de 2010.En mai, Moody’s a confirmé la note «Ba2» du Vietnam et a relevé la perspective de la note de «stable» à «positive», invoquant une croissance durable, un commerce dynamique, des investissements directs étrangers (IDE) soutenus, une dette publique relativement modérée, une solide capacité de remboursement ainsi qu’une amélioration de la qualité des institutions et de la gouvernance.
Lors de cette dernière réunion, les responsables vietnamiens ont fait le point auprès de Moody’s sur la situation économique, budgétaire et de la dette publique, sur les réformes institutionnelles, ainsi que sur la volonté du gouvernement de préserver la stabilité macroéconomique tout en visant une croissance à deux chiffres.
Moody’s a salué la capacité du gouvernement vietnamien à faire face à la volatilité mondiale et a réaffirmé son opinion positive quant aux perspectives à moyen terme du pays.Une éventuelle amélioration de la note dépendra de la capacité du Vietnam à accélérer les réformes institutionnelles et à contenir les risques liés au secteur bancaire et à l’endettement des entreprises étatiques, a précisé Moody’s.
Par ailleurs, le ministre des Finances Ngô Van Tuân s’est entretenu avec J.P. Morgan au sujet de liens stratégiques, la banque étant appelée à jouer un rôle de conseiller alors que le Vietnam développe ses marchés de capitaux et œuvre pour une intégration plus poussée au système financier mondial.