Le Vietnam transforme les défis en opportunités

Alors que la croissance en Asie de l'Est et dans le Pacifique ralentit face à une incertitude mondiale croissante, le Vietnam continue de se distinguer par sa capacité d'adaptation et sa volonté de transformer les défis en opportunités de réforme, selon la Banque mondiale.

Le Vietnam devrait rester l’une des économies à la croissance la plus rapide de la région.
Le Vietnam devrait rester l’une des économies à la croissance la plus rapide de la région.

Dans sa mise à jour économique régionale publiée le 8 avril, la Banque mondiale indique que la région est confrontée à une pression accrue due aux incertitudes mondiales, notamment un choc énergétique lié aux tensions au Moyen-Orient, la hausse des barrières commerciales et la volatilité des politiques à l'échelle mondiale.

Ces facteurs devraient peser sur la croissance en Asie de l'Est et dans le Pacifique au cours des prochaines années.

La Banque mondiale prévoit un ralentissement de la croissance régionale, passant de 5% en 2025 à environ 4,2% en 2026, principalement en raison d'un contexte mondial plus défavorable et d'un ralentissement persistant en Chine.

L’économie chinoise devrait croître d’environ 4,2% en 2026 et de 4,3% en 2027, contre 5% en 2025. Elle continue en effet de faire face à des défis structurels, notamment une faible demande intérieure, un marché immobilier atone et des pressions sur les exportations dans un contexte de croissance mondiale ralentie.

Pour les autres économies d’Asie de l’Est et du Pacifique, la croissance devrait ralentir à environ 4,1% en 2026 avant de se redresser pour atteindre environ 5% en 2027, à mesure que les tensions géopolitiques s’apaisent et que l’incertitude diminue.

Dans ce contexte, le Vietnam devrait rester l’une des économies à la croissance la plus rapide de la région. La Banque mondiale prévoit une croissance de 6,3% pour le pays en 2026 et de 7,7% en 2027.

Selon le rapport, la solide performance économique de 2025 constituera un important facteur d’amortissement, permettant au Vietnam d’atténuer l’impact des difficultés conjoncturelles mondiales.

La Banque mondiale a également souligné les efforts du pays pour accroître les investissements dans les infrastructures et l'éducation, tout en améliorant la qualité des institutions. Ces mesures ont permis aux politiques de soutien ciblées de produire des résultats plus visibles que dans de nombreuses autres économies de la région.

Des évaluations antérieures laissaient entendre que le Vietnam pourrait figurer parmi les pays les plus exposés aux nouvelles barrières tarifaires américaines, ce qui pourrait potentiellement réduire la croissance d'environ un point de pourcentage. Cependant, les développements récents indiquent que la capacité d'adaptation du pays a été plus forte que prévu.

Aaditya Mattoo, économiste en chef pour la région Asie de l'Est et Pacifique de la Banque mondiale, a déclaré que, tandis que certaines économies de la région perdent leur élan en matière de réformes, le Vietnam se distingue comme un exemple d'ajustement proactif des politiques.

Il a noté que les gains issus des réformes internes peuvent compenser les pertes causées par le protectionnisme commercial. Dans le cas du Vietnam, les réformes en cours dans les services et l'industrie manufacturière ont contribué à l'amélioration de la productivité du travail.

Plutôt que de se concentrer uniquement sur les droits de douane américains ou les subventions chinoises, les ajustements politiques internes ont permis au pays de mieux résister aux chocs commerciaux externes, a affirmé Aaditya Mattoo.

Le rapport met également en garde contre le fait que l'impact économique des tensions au Moyen-Orient variera d'un pays à l'autre en fonction de leur dépendance énergétique, de leurs vulnérabilités internes et de la flexibilité des politiques gouvernementales.

Une escalade prolongée pourrait encore aggraver les perspectives économiques dans toute la région.

Si les prix mondiaux des carburants restent supérieurs de 50% pendant une période prolongée, les revenus des ménages de la région pourraient chuter de 3 à 4%. Il est donc conseillé aux gouvernements de mettre en œuvre des mesures de soutien ciblées pour les groupes vulnérables et les petites et moyennes entreprises afin d'atténuer l'impact sans exercer une pression excessive sur les finances publiques.

"La croissance en Asie de l'Est et dans le Pacifique demeure supérieure à celle de la plupart des autres régions du monde, même en période d'incertitude", a déclaré Carlos Felipe Jaramillo, vice-président de la Banque mondiale pour la région.

Il a toutefois ajouté que, pour maintenir cette dynamique, les pays devront s'attaquer aux défis structurels et saisir les opportunités offertes par l'ère numérique afin de stimuler la productivité et de créer des emplois.

CVN/NDEL
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