Les drones transforment les pratiques agricoles sur les Hauts Plateaux du Centre

De nombreux agriculteurs des Hauts Plateaux du Centre du Vietnam ont recours aux drones pour l’entretien des cultures, ce qui leur permet d’augmenter les rendements, de réduire les coûts et de limiter le recours à la main-d’œuvre manuelle.

Pham Van Vuong a réalisé d'importantes économies sur ses coûts de main-d'œuvre en utilisant des drones pour la culture du café. Photo : nld.com.vn
Pham Van Vuong a réalisé d'importantes économies sur ses coûts de main-d'œuvre en utilisant des drones pour la culture du café. Photo : nld.com.vn

Une efficacité manifeste dans la culture du café

Dans l’ouest de la province de Quang Ngai, le café constitue depuis longtemps une culture clé, assurant les moyens de subsistance de milliers de foyers. Pourtant, l’entretien de dizaines d’hectares de caféiers en terrain vallonné demeure une épreuve pour les agriculteurs, notamment lors des périodes de désherbage ou de pulvérisation. Ces dernières années, une nouvelle vague technologique a gagné les bastions du café, tels que la commune de Bo Y, offrant une approche totalement différente de l’entretien des caféiers.

À la commune de Bo Y (province de Quang Ngai), les drones ont remplacé une grande partie des travaux d’épandage de produits phytosanitaires et d’engrais sur les pentes. Selon Pham Van Vuong, il fallait auparavant engager de nombreux ouvriers, ce qui coûtait cher et exposait à des produits chimiques dangereux, tandis qu’aujourd’hui, quelques jours suffisent pour traiter 10 hectares de caféiers, avec une réduction notable des coûts de main-d’œuvre et de matériels. De son côté, Nguyen Van Kieu indique que l’entretien de ses 12 hectares de café a vu ses dépenses baisser d’un tiers grâce aux drones.

Des services agricoles nés des drones

Saisissant l’opportunité, de nombreux jeunes agriculteurs ont uni leurs forces pour acquérir des drones, à la fois pour leurs propres besoins et pour proposer des services de pulvérisation. L’équipe de Nguyen Van Su a investi dans deux appareils et a déjà traité des centaines d’hectares de café, avec l’objectif d’étendre ses activités aux zones voisines. Les autorités locales considèrent cette dynamique comme une avancée majeure vers des zones de monoculture à haute technologie.

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En une seule journée, le drone peut pulvériser des pesticides sur 20 hectares de cultures.

Selon Tong Van Dong, président du Comité populaire de la commune de Bo Y, l’utilisation des drones marque une rupture dans l’agriculture locale. Dans un contexte de reprise des prix du café, l’application des sciences et techniques permet aux agriculteurs de renforcer leur compétitivité. Les autorités communales encouragent activement les producteurs à se regrouper afin d’investir dans ces équipements, en vue de bâtir une région de caféiculture à haute technologie et durable.

Des drones pour s’enrichir… et sauver des vies

Dans la province de Gia Lai, Tran Van Nghia utilise des drones pour entretenir plus de 50 hectares de patates douces, réduisant la main-d’œuvre, respectant le calendrier agricole et dégageant un bénéfice de plus de 100 millions de dôngs par hectare. La qualité de sa production est stable, facilitant sa commercialisation sur les marchés du Nord. Tran Van Nghia prête également main-forte aux habitants en pulvérisant leurs cultures au drone et a même utilisé son appareil pour sauver trois enfants piégés par une crue, un acte pour lequel il a été décoré par la province.

Raconter son histoire avec les drones, c’est pour Nghia revenir sur un parcours sinueux. Après la sortie de l’université, il a exercé divers métiers sans succès. En 2017, il a choisi Gia Lai pour s’établir. Il a commencé comme ouvrier auprès de propriétaires de champs de patates douces afin d’apprendre les techniques, puis a épargné pour louer ses propres terres. De quelques parcelles initiales, il exploite aujourd’hui plus de 50 hectares, possédés ou loués, dans les communes de Bau Can et Chu Se, cultivant en rotation tout au long de l’année.

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Le « héros » Tran Van Nghia a utilisé un drone, généralement utilisé pour pulvériser des pesticides sur les patates douces, pour sauver deux enfants des eaux de crue.

Pour lui, l’agriculture doit conjuguer esprit économique et technologie. Il a investi dans la mécanisation, de l’aménagement des sols à l’installation de systèmes d’irrigation économes. Mais sa fierté demeure l’acquisition de deux drones pour entretenir ses cultures.

La patate douce exige un apport précis en engrais et produits phytosanitaires afin de garantir la qualité des tubercules. Nghia calcule : « Avec 20 hectares de patates douces à Bau Can, une seule saison suffit, grâce aux économies sur la main-d’œuvre et les intrants, pour amortir l’achat d’un drone. Et surtout pendant la saison des pluies, quand trouver des ouvriers devient compliqué, le drone est un véritable “sauveur”. En une journée seulement, les 20 hectares sont traités, respectant parfaitement le cycle de croissance des plants. »

Son modèle de culture affiche des rendements impressionnants, de 25 à 30 tonnes par hectare. Avec un prix stable d’environ 15 000 dôngs/kg, chaque hectare rapporte plus de 300 millions de dôngs de chiffre d’affaires et, après déduction des coûts, un bénéfice supérieur à 100 millions de dôngs. Grâce aux technologies, la qualité est homogène, ce qui facilite l’approvisionnement des provinces du Nord, qui absorbent jusqu’à 60 % de la production régionale de patates douces.

Loin de garder ses connaissances pour lui, Nghia aide les agriculteurs voisins en pulvérisant engrais et produits phytosanitaires au drone, les initiant ainsi à une production intelligente. L’image de drones virevoltant au-dessus des sillons verdoyants est devenue le symbole du renouveau agricole de Gia Lai.

Une tendance incontournable de la transition numérique agricole

Selon Doan Ngoc Co, directeur adjoint du Service de l’agriculture et de l’environnement de Gia Lai, le modèle de Nghia illustre parfaitement la tendance de la transition numérique en agriculture. L’usage des drones permet non seulement de répondre au manque de main-d’œuvre, mais aussi de surveiller les zones de culture, d’optimiser les coûts et de protéger l’environnement. À l’avenir, la province entend multiplier ce type de modèle afin de valoriser pleinement le potentiel de l’agriculture de haute technologie.

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